Fondamentalisme musulman et islamisme.

Posté par bricabraque le 31 octobre 2007

L’avènement d’une nouvelle force, le fondamentalisme musulman.  Femme afghane sous sa burka.   

  

Ce courant s’inscrit dans le cadre des diverses voies de « renaissances » de l’islam de la fin du XIXe siècle, en réaction contre la pénétration européenne dans l’Empire ottoman. Ces « réformistes » considèrent que les musulmans se sont faits dépossédés de leurs territoires en raison de l’éloignement de la religion. Pour les « fondamentalistes », il convient de revenir aux sources de l’islam, de retrouver la pureté de l’islam des origines.       

 A l’occidentalisation, les fondamentalistes opposent le retour aux textes fondateurs de l’islam (la parole de Dieu dans le Coran, celle du prophète dans les Hadiths), qui doivent régir le comportement religieux, mais aussi constituer un code pour la vie sociale et politique. Des mouvements de propagande et de prédication se chargent d’enseigner les fondements de la religion et exalter les valeurs morales, tout cela dans un but de réislamisation de la société. Cette mouvance valorise le conservatisme.

Seule une lecture littérale du Coran et de la Sunna (la tradition) est tolérée. Toutes les constructions postérieures, réformes, aménagements, rendus nécessaires par l’évolution des sociétés sont interprétés comme des perversions de la « vraie » religion, indignes d’un « vrai »  musulman. Finalement, ce courant fixe une norme, à laquelle les musulmans doivent se conformer.

 L’islamisme

Il faut absolument distinguer l’islamisme de la religion musulmane. Il s’agit d’une doctrine politique et non d’un courant religieux comme le Chiisme ou le Sunnisme.   

 

Oussama Ben Laden sur une des videos diffusées sur la chaîne Al Jazeera.

  L’islamisme constitue une autre voie, qui se distingue de la précédente par la place qu’elle réserve à l’engagement politique. L’islamisme s’impose comme un nouveau courant politico-religieux en expansion dans le monde musulman. Son objectif est l’établissement d’un Etat ou d’une société exclusivement inspirés du Coran et fondés sur la charia (la loi islamique inspirée du Coran). Pour Anne Laure Dupont, dans « l’Atlas de l’islam », l’islamiste « conçoit l’islam comme un système d’organisation sociale, politique et économique qui ne peut se réaliser que dans le cadre d’un Etat. » L’islamisme veut toujours réislamiser la société, qui serait pervertie par l’influence de l’Occident. 

Il s’étend à partir des années 1980 sur fond de crise économique, à la suite de l’échec du panarabisme (dont Nasser était le héraut) et du discrédit du modèle communiste, auprès de populations déçues et frustrées, qui ne profitent pas de la modernisation d’Etats corrompus et autoritaires. Pour la première fois, il arrive au pouvoir en 1979 en Iran. 

Une partie de cette mouvance s’est radicalisée en réactualisant la notion de jihâd. Ces mouvements radicaux désignent comme ennemis des « musulmans » l’Occident, « impérialiste et matérialiste », incarné par les EU, Israël. Ils utilisent donc la violence et appellent à la guerre sainte et multiplient les attentats terroristes contre les EU et leurs alliés. 

 Là encore, il faut distinguer : 

- certains mouvements utilisent la violence afin de s’emparer du pouvoir, donc à une échelle nationale (ex : la confrontation entre les Etats algérien et égyptien et les organisations islamistes armées dans les années 1990). 

- d’autres optent pour un jihâd transnational (Al Qaida).  

Défilé de militants du Hamas.

Il convient de garder à l’esprit qu’il n’existe pas une organisation centralisée derrière ces mouvements. Les divergences sont d’ailleurs très nombreuses au sein de la nébuleuse islamiste : rien de commun entre Al-Qaïda et l’islamisme « modéré » au pouvoir en Turquie. De la même manière, si l’Iran de Khomeiny entendait diffuser la révolution islamiste à l’échelle mondiale (comme le souhaite aujourd’hui Al-Qaïda), de nombreux mouvements islamistes agissent avant tout à un échelle nationale, celle de leur pays : le Hezbollah au Liban ; le Hamas à Gaza. 

Sources:  

Anne Laure Dupont: « Atlas de l’islam dans le monde » , Autrement, 2006.      /      J.C. Victor: »Atlas géopolitique du dessous des cartes « , taillandier.                                                                                 

Le Petit Mourre            /                Y. Lacoste: »Atlas géopolitique », Larousse.

Liens:

- Deux articles: » les contours flous de l’ »internationale »islamiste » et « L’islamisme, nouveau panarabisme » par Olivier Roy.

- Un article sur Anouar El-Sadate sur le blog de M. Augris et une vidéo de l’assassinat du leader égyptien.

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J.B. Lenoir

Posté par bricabraque le 26 octobre 2007

 

Petit zoom sur un grande figure du blues, remise en lumière par le Soul of a man de Wim Wenders. J. B. Lenoir était guitariste et chanteur de blues éclectiques dans la forme: Chicago blues électrique et saturé au début de sa carrière, puis  il se tourne progressivement vers un blues inspiré de la tradition rurale du Delta (lui même est originaire du Mississippi), plus accoustique. Surtout, il possède une voix haut perchée, très facilement identifiable. 

Auteur et interprète de talent, Lenoir n’hésite pas à dénoncer le racisme ordinaire qui gangrène le sud des Etats-Unis dans ses titres Down in Mississippi (1966), Shot on James Meredith, ou Alabama blues (1965). Dans ce dernier titre, il affirme: » I never will go back to Alabama, that is not the place for me/you know they killed my sister and my brother/and the whole world let them peoples go down there free ».

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Il multiplie aussi les titres éngagés dans lesquels il n’hésite pas à critiquer la politique menée par le pouvoir. Son Eisenhower blues (1955),  revient sur les difficultés économiques des Etats-Unis et les choix contestables du président. Dès sa sortie, la censure frappe: le disque est retiré des rayons, la radio ne diffuse jamais la chanson. Ce blues, au titre trop explicite aux yeux des autorités, est débaptisé. Le  Eisenhower blues devient le Tax paying blues, plus politiquement correct (mais qui ne paraîtra qu’en Europe).Mais il en faut plus pour faire taire Lenoir, qui n’hésite pas à dénoncer les interventions américaines en Corée et au Vietnam dans son Korea blues (1951) et Vietnam blues.Liens:- une biographie de J.B. Lenoir.

- Soul of a man par Wim Wenders.

- Le très bel hommage de John Mayall à J.B. Lenoir.

- Les paroles des chansons engagées de Lenoir.
 

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Croquis sur les Etats-Unis (fonds de carte + légende).

Posté par bricabraque le 25 octobre 2007

 

Image satellite  de l’ouragan Katrina en août 2005.

Voici les fonds de cartes et légendes des croquis à rendre pour la rentrée:

- l’organisation du territoire américain.

- l’organisation de la façade atlantique de l’Amérique du nord.

Bon courage.

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Le génocide rwandais.

Posté par bricabraque le 25 octobre 2007


Mémorial aux victimes du génocide rwandais.

Le 6 avril 1994, l’avion ramenant de Dar-es-Salaam à Kigali le président rwandais hutu Juvénal Habyarimana est abattu. Dès le 7 avril, les extrémistes hutus massacrent des chefs de l’opposition hutue et déclenchent l’extermination des Tutsis. Ces tueries durent d’avril à fin juin et ont fait entre 800 000 et un million de morts. Si l’attentat contre l’avion présidentiel (dont on ignore toujours les auteurs) constitue bien l’élément déclencheur des massacres, ces tueries ont été programmées par le pouvoir, depuis plusieurs années. Ces massacres, particulièrement cruels, durent 100 jours (avec une moyenne d’au moins 8000 morts par jour). Les victimes sont traquées, exécutées à la machette ou par arme à feu. Le salut ne réside souvent que dans les marais dans lesquels les vicitmes désignées se terrent et certainement pas dans  les écoles ou les églises, qui sont en fait de véritables souricières.

Camp de réfugiés en Tanzanie, fin 1994.

Depuis 1990, des affrontements opposent le gouvernement rwandais dirigé par Habyarimana à la rébellion armée du Front patriotique rwandais (FPR) qui rassemble des exilés tutsis réfugiés en Ouganda. Pourtant, une logique de paix l’emporte en août 1993 avec les accords d’Arusha (Tanzanie), fondés sur un partage du pouvoir entre le président Habyarimana, les partis d’opposition intérieurs et le FPR. Mais les provocations et la violences des extrémistes hutus à la fin de 1993, rendent impossible l’application des accords. C’est dans ce contexte tendu que s’inscrit le génocide de 1994.  La guerre entre FPR et le gouvernement rwandais reprend le 8 avril 1994  (juste après les premiers massacres). Les troupes du FPR, commandées par Paul Kagame, parviennent à contrôler l’ensemble du pays, mettant fin au génocide au début de juillet. Le FPR contrôle le pouvoir depuis lors.

Affiche de l’exposition internationale de Bruxelles en 1935.

Aux origines de la tragédie. 

  Pour bien comprendre ce génocide, il semble nécessaire de remonter aux origines de la tragédie. Les sociétés de la région des Grands Lacs présentent des traits originaux. Les catégories socioprofessionnelles y sont imbriquées, sans qu’il soit possible de cantonner un groupe ethnique dans une activité précise. Or, la colonisation transforme en profondeur les comportements. 

Colonisés par les Allemands dans les années 1890, les royaumes du Rwanda et de l’Urundi passent aux mains des Anglais pendant la grande guerre, avant d’être confiés par la SDN à la Belgique en mandat en 1923.

Les Belges sont les champions d’une gestion raciale de la société. Ils s’appuient sur la minorité Tutsie (moins de 20% de la population, mais en majorité chrétienne, à la différence des hutus).

Dans l’Histoire (n°251), Maurice Sartre affirme : « C’est dans les années cruciales qui précèdent la Seconde Guerre mondiale que se constitue « l’immatriculation raciale » de la société au Rwanda-Urundi ». Non que Tutsis et Hutus soient des mythes. (…) Mais le partage ethnique n’a cessé d’être caricaturé, simplifié à l’extrême jusqu’à un dualisme source des affrontements présents ». 

Les théories raciales des colonisateurs sont vulgarisées.

Ainsi les théories raciales des colonisateurs opposent les Tutsis, « Européens noirs », aux « nègres » Hutus. Ces théories finissent par dresser la majorité hutue contre la minorité tutsie choyée par la puissance coloniale. Dès lors, ces derniers passent pour des « étrangers », des parasites qui profitent du système socio-économique, alors que la plupart d’entre eux sont de petits paysans.

En 1959, le décès du dernier roi tutsi Mutara Rudahigwa est suivi de révoltes paysannes hutues qui provo­quent l’exode de centaines de milliers de Tutsis. Aux législatives de 1961, les partis Hutu l’emportent. Ils conserveront dès lors le pouvoir jusqu’en 1994, notamment le major Habyarimana, qui se fera élire à la présidence pendant vingt ans, après son coup d’Etat militaire de 1973.  

Pourquoi peut-on parler de génocide ? 

  Le tueries de 1994 constituent bien un génocide selon la définition de l’article 2 de
la Convention
sur le génocide  (1948), d’un acte criminel prémédité commis dans le but de détruire méthodiquement un « groupe national, ethnique, racial ou religieux ». L’intention d’exterminer est évidente en effet. Il s’agit d’un crime collectif planifié commis par les détenteurs du pouvoir, c’est-à-dire l’entourage direct du président, auquel il faut ajouter les cadres communaux et préfectoraux, la garde présidentielle et des milices. 

Les milices armées utilisent des armes à feu, mais aussi les machettes, dont les blessures, si elles ne sont pas fatales, laissent souvent des traces indélébiles.

 Pour J. Kotek (dans l’Histoire n°267), « le génocide fut la conséquence du choix délibéré d’un régime aux abois d’inciter à la haine et à la crainte pour se maintenir au pouvoir ».   Afin que le génocide se réalise, il a aussi fallu que les tueurs hutus soient préparés psychologiquement. Une propagande se met donc en place. Le périodique Kangura et la radio « libre » des Mille Collines (« la radio qui tue) se chargent de diffuser les discours racistes. Dans ces media, les Tutsis sont diabolisés, assimilés à des cafards, des parasites, qu’il convient donc d’éliminer.   Les milices Interahamwe (« ceux qui combattent ensemble »), créées par le parti du président (MRND) constituent un corps de tueurs spécialisés ; auxquels il convient d’ajouter des paysans, l’armée et la gendarmerie (selon certaines estimations, près de 200 000 personnes ont participé aux massacres). Les autorités locales, préfets, bourgmestres, directeurs d’école, médecins encadrent la population.   

 

Milicien Interahamwe à Kigali en avril 1994

Les responsabilités de la communauté internationale.   Au-delà des responsabilités spécifiquement rwandaises, la communauté internationale n’est pas indemne de reproches, loin de là. Pour le spécialiste Howard Adelman, « on ne peut imaginer de génocide plus facile à éviter ». 

 -         Les Nations unies, par exemple réduisent presque à néant (de 2500à 270 casques bleus) la Minuar (Mission des Nations unies pour le Rwanda), après l’assassinat de dix Casques bleus belges le 7 avril 1994. 

 -         Les EU, traumatisés par leur intervention en Somalie, refusent d’intervenir dans cette région, dans laquelle ils ont peu d’intérêts. 

-         La Belgique a retiré précipitamment ses troupes après la mort de ses soldats. 

-           La France, quant à elle, ne réagit pas face à la montée d’un racisme d’État attesté dès 1991. Elle aurait contribué à armer le gouvernement rwandais dans sa lutte contre la rébellion armée du FPR.  

Liens utiles:

- Le dossier consacré au génocide de M. Augris, une chronologie et l’interview exclusive de Jean Haztzfeld.- Une suggestion de bande dessinée par M. Auger.

- Une enquête minutieuse de la RTBF: « l’engrenage du pire« , suite, suite 2, fin. - Le site du tribunal pénal international pour le Rwanda.- Un site intéressant sur le génocide.

- un article intéressant et des liens utiles sur le blog histoire géo de Louis Brun.

- Une courte video qui revient sur cette « tragédie évitable« . http://www.dailymotion.com/video5RAjjJ0nLReBD7H4c


   

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Chansons anti-guerre (du Vietnam).

Posté par bricabraque le 23 octobre 2007

 

Hendrix lors du festival de Woodstock, en août 1969.

Nouvelle version, approfondie et améliorée de cet article sur le blog Lire-Ecouter-Voir (avec de nouveaux extraits musicaux).

En 1968, quatre ans après le déclenchement de l’escalade américaine au Vietnam, de grandes manifestations anti-guerre parcouraient les Etats-Unis. Une manifestation rassemble 250 000 Américains à Washington le 20 novembre 1969 et même un demi million de personnes le 3 mai 1971. Parmi ces manifestants, on trouve de nombreux hippies.   

Ce mouvement, qui apparaît dans la seconde partie des années soixante sur la côte ouest des Etats-Unis, se développe dans ce contexte de contestation et de refus de l’ordre établi.  Les manifestations contre la guerre du Vietnam rassemblent une partie de la jeunesse. Cette génération née au lendemain de la seconde guerre mondiale entend fuir la société de consommation, refuse la soumission au pouvoir en place. Elle se ressource dans les valeurs écologistes et égalitaires, souvent issues des philosophies orientales.  Quand ils ne militent pas activement et directement pour faire cesser le conflit au Vietnam. La plupart de ces jeunes prônent simplement la paix, l’amour du prochain (« peace and love »)  et aspirent à un monde plus juste.  La musique fut l’un des vecteurs privilégiés de cette révolte, principalement la musique rock. Certains chanteurs prirent ouvertement position contre le conflit. Les titres en couleurs sont en écoute grâce à un clic  (c’est gratuit et légal).

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Hendrix à Woodstock.

Ainsi, le prodige de la guitare qu’est Jimi Hendrix revisite et « maltraite » à sa manière l’hymne américain (« The Star Spangled Banner »), afin de protester contre ce conflit sanglant, lors de sa prestation à Woodstock, en août 1969. Le son qui sort de sa guitare, saturé, strident, n’est pas sans rappeler les explosions et bombardements d’une guerre.        Toujours à Woodstock, le groupe Country Joe and the Fish interprète « I feel like I’m fixin to die rag », chanson phare de la protestation contre la guerre. La chanson dénonce l’absurdité de la guerre, l’envoi d’innocents à l’abattoir (« Sent your sons off before it’s too late / To have your boy come home in box » = « dites au revoir à vos fils avant qu’il ne soit trop tard / avant qu’ils ne reviennent d’en une boîte »). 

Country Joe and the fish.

 Le célèbre chanteur canadien Neil Young, quant à lui, revient dans son titre « Ohio » sur le massacre de 4 étudiants tués par la garde nationale, le 4 mai 1970, sur le campus de l’université de Kent (Ohio), alors qu’ils manifestaient contre l’envoi de soldats dans le sud-est asiatique. 

Arlo Guthrie, fils de Woody auquel un article est consacré sur ce même blog,  compte l’histoire d’un jeune homme qui parvient à échapper à la guerre en se faisant condamner pour vandalisme dans son « Alice’s restaurant ».  Dans leur titre « Fortunate son » (1969), le Creedence Clearwater Revival dénonce ces « fils privilégiés »  exemptés de service militaire (et de guerre du Vietnam) grâce à leur statut de fils d’hommes de pouvoir ou de célébrité (l’auteur s’est inspiré du fils Eisenhower).  

 

Les artistes afro américains ne sont pas en reste cependant. Il s’agit du premier conflit au cours duquel les Noirs combattent dans les mêmes unités que les Blancs. De très nombreux Noirs, pourtant majoritairement hostiles à ce conflit, sont envoyés au Vietnam. De nombreuses voix s’élèvent contre le conflit au Vietnam: Martin L. King dans un discours de 1967, Mohammed Ali qui refuse de servir au Vietnam en 1967, devient objecteur de conscience. Il lance:  » ils veulent que j’aille au Vietnam pour tuer des Vietcongs, alors qu’eux, ne m’ont jamais lynché, jamais traité de nègre, n’ont jamais assassiné mes leaders ». Malcolm X, quant à lui, s’étonne de voir « l’homme jaune tué par l’homme noir se battant pour l’homme blanc.  Il n’est donc pas surprenant que cette guerre « inspire » la musique noire américaine. Dans son blues « I don’t wanna go to Vietnam« , John Lee Hooker chante: »Lord have mercy, Lord have mercy, don’t let me go to Vietnam/I have my wife and my family, I don’t wanna go to Vietnam/We got so much trouble at home, we don’t need to go to Vietnam/Yeah yeah there’s a whole lot of trouble right here at home, don’t need to go to Vietnam« . 


 Côté soul, Edwin Starr entonne son hymne antimilitariste « War » (1970) ; Freda Payne qui  enregistre en 1971 un morceau pacifiste au titre explicite : « Bring the boys home », aussitôt banni des ondes par le gouvernement. Bill Withers, dans son  »I can’t write left handed« , revient sur les amputations et blessures provoquées par les combats.  Deux superbes compilations de deep soul retracent le conflit du point de vue des Afro-Américains: « A soldier’s sad story_ Vietnam through the eyes of black America 1966-1973 » et « Does anybody know i’m here? Vietnam through the eyes of black America 1962-1972″ . 
Le « Straight to hell » des Clash en 1982 s’intéresse aux enfants nés de l’union de soldats américains et de Vietnamiennes et le sort peu enviable qui est réservé à ceux qui souhaitent se rendre aux Etats-Unis (le titre en concert). Enfin, pour le plaisir, « the end » des Doors, thème omniprésent du « Apocalypse now » de F. F. Coppola. Image de prévisualisation YouTubeNouvelle version, approfondie et améliorée, de cet article sur le blog Lire-écouter-voir (avec de nouveaux et nombreux extraits musicaux).

Liens utiles:

- Animation « summer of love » sur le site d’Arte.

 - Un TPE original et intéressant: « que chantait l’Amérique? » (lors de la guerre du vietnam).

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Le scandale du Watergate.

Posté par bricabraque le 23 octobre 2007

 

Gerald et Betty Ford  avec Pat et Richard Nixon le 9 août 1974, dernier jour de la présidence Nixon.

Le Watergate, à Washington, est le nom de l’immeuble où siège le parti démocrate. Le 28 juin 1972, la police arrête cinq hommes venus réparer des micros qu’ils avaient placés quelques semaines avant dans l’immeuble. 

En 1973, l’enquête menée par deux journalistes du Washington Post, Carl Bernstein et Bob Woodward, met en évidence la complicité de la Maison Blanche dans le cambriolage de l’immeuble. Ils découvrent que Nixon enregistrait depuis 1971 toutes les conversations tenues dans ce bureau. Un informateur inconnu, se faisant appeler « Gorge profonde », leur confirme cette piste.

 Une commission sénatoriale prouve que l’ordre de poser les micros a été donné par l’administration présidentielle. Nixon, qui refuse dans un premier temps de livrer les bandes, s’est donc rendu coupable de faux témoignage  et d’écoutes clandestines. Le Congrès prépare contre lui une procédure d’Impeachment, soit une mise en accusation devant le Sénat qui peut conduire à la destitution du président. Pour l’éviter, et bien qu’il nie les faits, Nixon démissionne en août 1974.

Le New York Times annonce la démission du président.

Gerald Ford, nommé vice-président par Nixon en remplacement de Spiro Agnew (éclaboussé par une affaire financière), devient donc le seul président (jusqu’ici) à n’avoir jamais été élu à la plus haute fonction de l’exécutif américain par une élection populaire. Il met un terme aux poursuites engagées contre son prédecesseur en prononçant sa grâce.

Surtout, le scandale du Watergate illustre le pouvoir de la presse aux EU, des media en général qui peuvent constituer un « quatrième pouvoir »; jouant un réel contrepoids au pouvoir exécutif.

Liens utiles:

- un bon article réalisé par les élèves de M. Tribouilloy (Manon Bouvier-Garzon, Amandine Di Bartolo Amandine et Léo Di Mario) sur son blog.

- Le film « les hommes du président » revient sur l’enquête menée par les deux journalistes lors de l’affaire.

- Présentation d’un documentaire de france 5 sur « RICHARD NIXON -- L’HOMME QUE VOUS AVEZ AIMÉ HAÏR« .

- L’article (détaillé) de Wikipédia sur le Watergate.

- Sue le Watergate et la procédure d’Impeachment.

- Biographie de Richard Nixon.

- « Nixon le maudit« , par l’historienne Catherine Durandin.

 

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Diaporama: de la détente à la fin de l’URSS (1962-1991).

Posté par bricabraque le 22 octobre 2007

Rencontre Reagan Gorbatchev au coin du feu.

Voici un diaporama sur la guerre froide, de la détente à la fin de l’URSS.

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Le conflit israélo-palestinien.

Posté par bricabraque le 22 octobre 2007

Poignée de main historique entre Rabin et Arafat, sous l’oeil de Clinton,  lors des accords de Washington en 1993.

Vous trouverez ici une mise au point sur le conflit israélo-palestinien.

Liens:

- vers un très bon diaporama sur le site de Jean Michel Muyl.

- une chronologie sur le Moyen Orient, mise au point par M.Augris.

Retour sur ce conflit, grâce au site de France 5.

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La guerre du Vietnam (1963-1973).

Posté par bricabraque le 20 octobre 2007

 

La très célèbre photo de Phan Thi Kim Phuc, enfant grièvement brûlée, s’échappant de son village bombardé au napalm. 

Les accords de Genève (1954) mettent un terme à la guerre d’Indochine. L’ancienne colonie française laisse place à de nouveaux Etats qui accèdent à l’indépendance : le Laos, le Cambodge. Pour le Vietnam, les accords de Genève envisagent une coupure provisoire du Vietnam, de part et d’autre du 17 ème parallèle:                                                                                                                                                                                                     - au Nord, s’impose un régime communiste dirigé par Ho Chi Minh et le Vietminh, appuyé par l’URSS et
la Chine, avec pour capitale Hanoï.                                                                                                                                                        

 - au Sud, une dictature proaméricaine très corrompue, dirigée par Ngô Dinh Diêm, avec pour capitale Saigon. Contre celle-ci se développe une opposition communiste (le Viêt-Cong : « communistes vietnamiens ») soutenue par le Nord qui veut réunifier le pays.    

En l’absence de tout dialogue entre ces deux Vietnam, la réunification du pays (après la tenue d’organisations libres), pourtant prévue par les accords de Genève, ne peut avoir lieu.  Rapidement l’opposition contre le régime de Diêm grandit (vague de suicides de bonzes qui s’immolent publiquement par le feu). J.F. Kennedy lâche Diêm, qui se fait renverser et tuer par un coup d’Etat militaire (en 1963). 

Immolation du bonze Thich Quang Duc en 1963;

« L’escalade américaine » au Vietnam débute en 1964, à la suite d’un incident naval qui oppose deux destroyers américains à la flotte nord-vietnamienne. Les Etats-Unis procèdent à des bombardements massifs sur le nord (sur Hanoi en 1965). Progressivement, les Etats-Unis interviennent aussi à terre. Kennedy lance l’offensive, poursuivie par Johnson. Les effectifs américains ne vont cesser d’augmenter (quelques milliers en 1964, 175 000 en 1965, 500 000 en 1967 !).  Le conflit, limité dans un premier temps à une guérilla, prend progressivement l’aspect d’une guerre conventionnelle, qui s’enlise peu à peu. L’utilisation d’armes terribles (napalm, armes chimiques) entraîne de très nombreuses victimes, le plus souvent civiles. 

Une guerre d’une violence inouïe.

 Le conflit est très médiatisé. Les images envoyées par les envoyés spéciaux choquent profondément la société américaine par leur violence. En mars 1969, le récit du massacre de centaines de vietnamiens dans le village de My Lai par le New York Times suscite une grande colère. L’opposition à la guerre s’organise aux Etats-Unis (campus) et ailleurs : le 20 novembre 1969, une manifestation rassemble 250 000 Américains à Washington ; en 1968, Johnson ne peut plus sortir de son pays, tant le rejet des Etats-Unis est fort dans le monde.  Les pourparlers de paix ouverts en 1968 à Paris traînent en longueur (plus de 5 ans pour signer le traité de paix).

L’utilisation du napalm devient courante lors de la guerre du Vietnam.

Durant cette période, les EU optent pour la « Vietnamisation », c’est-à-dire un retrait progressif du Sud Vietnam (tout en maintenant une aide aux forces anticommunistes. Mais face aux attaques incessantes des communistes, les Américains doivent intervenir au Cambodge en 1970 et reprendre les bombardements contre le Nord Vietnam en 1972.   Nixon parvient enfin à mettre un terme au conflit avec les accords de Paris (1973).  Cette guerre s’achève par une victoire complète des communistes, qui font la conquête de l’ensemble du pays en 1975 (entrée des communistes à Saigon le 30 avril), sans parler des Khmers rouges qui ont déjà submergé le Cambodge. Le pays est officiellement réunifié en 1976, Saigon s’appelle désormais « Hô Chi Minh Ville ».   

Les Américains évacuent Saigon en urgence en avril 1975.

 La facture à payer pour les Etats-Unis est très lourde. Ils sont affaiblis et humiliés. Les séquelles matérielles et surtout psychologiques sont profondes. Il s’agit d’une terrible défaite, pour un pays qui n’en a jamais vraiment connu. Un petit pays du tiers monde a défait et ridiculisé la première puissance mondiale. Enfin le monde entier est alors fortement antiaméricain et ce pays doute de ses valeurs. 

Liens utiles:

- Une courte chronologie.

- Les films sur la guerre du Vietnam sur le site thucidyde.com.

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Musique et dictature.

Posté par bricabraque le 19 octobre 2007

 

Victor Jara.

Les musiciens chiliens furent des cibles privilégiés pour la dictature de Pinochet, notamment les artistes engagés, marqués à gauche de la « Nueva Canción Chilena », apparue dans les années 1960 avec, entre autres, Victor Jara, Patricio Manns, Rolando Alarcon et la famille Parra. Ils parcourent le Chili pendant des années, compilant et sélectionnant les thèmes folkloriques de toutes les régions du pays. Peu de temps avant de se suicider (1967), Violetta Parra écrit Gracias a la vida, qui sera reprise par des dizaines de chanteurs, dont Mercedes Sosa et Joan Baez (écoutez la version de Joan Baez ici).

Pendant la dictature, la seule musique populaire autorisée fut celle dépouillée de toute critique sociale. Surtout, les artistes sont pourchassés et parfois éliminés. Ainsi, Victor Jara est arrêté par les militaires lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé avant d’être assassiné le 15 septembre après avoir eu les mains brisées à coup de botte et de crosse de fusil (écoutez le ici).

Les instruments de musique tels que la quena et le charango furent même interdits, car considérés comme révolutionnaires . Point commun à toutes les dictatures, les musiciens, les artistes en général, doivent être à la botte des autorités ou se taire (exil ou emprisonnement des artistes de la musique populaire brésilienne, Caetano Veloso, Gilberto Gil, sous la dictature militaire).

Voyez ici deux titres interprétés par les groupes chiliens  Inti Illimani et Quilapayun (qui reprend le célèbre chant révolutionnaire El pueblo unido jamas sera vencido, « le peuple uni vaincra toujours »).

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