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Les dissidents: Kravchenko, Sakharov, Soljenitsyne.

Posté par bricabraque le 25 novembre 2007

Les dissidents: Kravchenko, Sakharov, Soljenitsyne. dans Modèle soviétique/démocraties populaires solzhenitsyn_gulag_mugshot_1953 

Soljenitsyne à sa libération en 1953.

 

On appelle dissidents, les personnes qui contestent, de façon plus ou moins radicale, le système communiste au nom du respect des droits de l’homme. Certains critiquent le fonctionnement bureaucratique de l’URSS et appellent à des changements partiels du système, quand d’autres remettent en cause l’idéologie communiste elle-même.

Dans le bloc soviétique, très tôt, la société est encadrée, embrigadée et la répression s’abat sur tous ceux qui ne se conforment pas au modèle, notamment les intellectuels (voir l’article sur le jdanovisme). Sous Staline, la terreur atteint son paroxysme. Le « réalisme socialiste » est imposé par la contrainte. Tous ceux qui ne se conforment pas aux décrets qui établissent les canons du « réalisme socialiste » sont réduits au silence (purges, déportations dans les camps, dénonciations publiques). Le ministère de l’intérieur et celui de la sécurité d’Etat se chargent du maintien de l’ordre.

C’est seulement à la mort de Staline et avec la déstalinisation qu’une liberté d’expression restreinte reprend ses droits. Quelques ouvrages d’énoncent alors la terreur et les crimes de l’ère stalinienne. Mais, l’article 70 du Code pénal adopté sous Khrouchtchev, fait rapidement taire ces voix dissonantes. Le délit « d’agitation ou de propagande menée dans le but de saper ou d’affaiblir le pouvoir soviétique (…) au moyen d’assertions calomnieuses dénigrant l’Etat et la société » est suffisamment flou et extensible pour réduire au silence toute forme de dissidence.

 dans Modèle soviétique/démocraties populaires

Seul les artistes qui acceptent les canons du réalisme socialiste sont tolérés.

 

Sous Brejnev, la répression frappe de nouveau les dissidents, qui sont condamnés aux travaux forcés dans les camps administrés par le Goulag ou contraints à l’exil. En 1965, deux écrivains connus sont condamnés aux travaux forcés : Andreï Siniavski, auquel on reproche ses critiques du réalisme soviétique et Yulii Daniel, auteur d’une féroce satire sur le système stalinien.

Les protestations de quelques manifestants réunis sur la place rouge, contre la répression des troupes du pacte de Varsovie, qui mâtent le printemps de Prague en août 1968, se soldent, elles aussi par des arrestations.

Les dissidents doivent donc faire preuve d’imagination pour contrer la censure et passer entre les mailles du filet. L’auto édition (samizdat)  d’œuvres littéraires, politiques ou philosophiques permet de dénoncer l’absence de liberté d’expression, la misère intellectuelle imposée par le « réalisme socialiste », mais aussi l’omniprésence bureaucratique, l’athéisme, les internements psychiatriques bref les errements du modèle soviétique. Des journaux clandestins comme
La Chronique des événements quotidiens s’inscrivent dans cette veine. Le KGB traquent ces journalistes, réduits au silence lorsqu’ils se font prendre. Des milliers de pétitions circulent aussi et sont transmises aux autorités.

Ces écrits clandestins, à l’audience non négligeable, relayés par les protestations des dissidents exilés en Occident, la pression que ce dernier fait peser sur les autorités soviétiques obligent l’URSS à garantir la liberté d’expression au sein du bloc, lors de
la Conférence d’Helsinki en 1975. Mais il ne s’agit que d’une avancée de façade, tant les arrestations et la censure persistent.

La répression s’abat tout particulièrement sur l’intelligentsia, surtout les croyants et les minorités nationales.

Après la mort de Brejnev, de réels progrès apparaissent. Revenons sur quelques figures emblématiques de la dissidence.

9781929631735 

Victor Kravchenko.

 

- Victor Kravchenko, haut fonctionnaire, membre du PC, est nommé à l’ambassade soviétique à Washington pendant la seconde guerre mondiale. Il en profite pour déserter en avril 1944 et demande l’asile politique aux Etats-Unis. En 1945, il publie « I chose freedom », un violent pamphlet contre le régime stalinien, en particulier l’univers concentrationnaire administré par le Goulag.

Son ouvrage rencontre un grand succès dans le contexte de la guerre froide naissante. Il s’écoule ainsi 503000 exemplaires de la traduction française du livre sortie en 1947. Aussitôt, le parti communiste français, dont le poids politique et l’influence sont alors très grands, tente par tous les moyens de discréditer le témoignage de Kravchenko, par presse interposée.

L’hebdomadaire communiste Les lettres françaises publie le 13 novembre 1947 un article qui le présente comme un traître à la solde des services secrets américains, incapable d’avoir écrit son livre.

Kravchenko intente un procès pour diffamation au journal, qui s’ouvre à Paris en janvier 1949. Lors des audiences, les intellectuels, membres du parti ou compagnons de route, prennent fait et cause pour l’hebdomadaire et remettent en question le récit de Kravchenko. Les témoins appelés à comparaître par Kravchenko, souvent victimes des purges ou de procès truqués, sont insultés ou accusés de mensonge. Finalement Kravchenko remporte son procès.

Pour mieux connaître ce personnage et l’affaire qui porte son nom, voir le très bon article que lui consacre M. Tribouilloy.

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Le physicien Andreï Sakharov.

- Le physicien Andreï Sakharov, à l’origine de la mise au point de l’arme nucléaire soviétique, dénonce les tentatives de réhabilitation de Staline et protestent contre la répression qui s’abat sur les dissidents sous Brejnev. Ses Réflexions sur le progrès, la coexistence et la liberté intellectuelle, parues à l’étranger en 1968, le font passer au premier plan de l’opposition au régime. Il dénonce les internements arbitraires, les camps de travail, les multiples violations des libertés fondamentales. En 1975, les autorités refusent de lui délivrer un visa pour se rendre à Oslo, pour recevoir le prix Nobel de la paix qu’il vient de recevoir. A partir de 1980, il est assigné à résidence et ne pourra retrouver sa liberté de mouvement qu’avec l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS.

- L’écrivain Alexandre Soljenitsyne est arrêté dès la fin de la seconde guerre mondiale par la police politique pour avoir critiqué Staline. Il est condamné à huit ans de travaux forcés, avant d’être assigné à résidence au Kazakhstan en 1953. Il n’est libéré qu’à la faveur de la déstalinisation en 1956, mais la censure frappe ses premiers romans, qui remportent un grand succès lors de leur publication en Occident. Il obtient même le prix Nobel de littérature en 1970.

La publication de son ouvrage L’Archipel du Goulag, en 1974, terrible dénonciation de l’univers concentrationnaire soviétique, lui vaut son expulsion d’URSS et la perte de sa nationalité. Il ne sera réhabilité qu’en 1989 et ne regagnera
la Russie qu’en 1994. Ses prises de position ultérieures, ultra-réactionnaires, ont contribué à l’isoler quelque peu (voir un article sur le blog passionnant de Pierre Assouline).

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« j’ai choisi la liberté » De Victor Kravchenko.

Conclusion : il ne faut pas exagérer l’influence des dissidents. La surveillance de tous les instants qui s’abat sur les intellectuels, leur isolement et l’autocensure qu’ils s’imposent, gêne la diffusion de leurs messages. Incontestablement, c’est hors du système, en Occident que l’influence des dissidents se fait vraiment sentir et contribue à éloigner un certain nombre de compagnons de route du parti communiste (André Gluksmann par exemple en France).

Lien: un très bon film sur la terreur stalinienne « Soleil trompeur » de Nikita Mikhalkov.

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