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Croquis sur les Etats Unis et la façade atlantique de l’Amérique du nord.

Posté par bricabraque le 14 novembre 2007

Croquis sur les Etats Unis et la façade atlantique de l'Amérique du nord. dans croquis Louisiana4 

Paysage de Louisiane.

Voici la correction des deux croquis:

- l’organisation de l’espace des Etats-Unis

- L’organisation de la façade atlantique de l’Amérique du nord.

Un grand merci à Serge Pince du Lycée Gay Lussac à Limoges (ces deux croquis s’inspirent largement de son travail).

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Le Cambodge aux mains des Khmers rouges.

Posté par bricabraque le 13 novembre 2007

Le Cambodge aux mains des Khmers rouges. dans approfondir 24 

Entrée des Khmers rouges dans Phnom Pen, en avril 1975.

 

 

Fin 1953, le Cambodge accède à l’indépendance, après des années de lutte contre
la France, avec à sa tête le prince Sihanouk. C’est ce monarque constitutionnel qui utilise l’expression « Khmer rouge » pour désigner l’opposition de gauche (khmer désigne l’ethnie majoritaire au Cambodge). Très rapidement, le régime prive l’opposition de toute forme d’expression.

C’est la raison pour laquelle cette dernière se retire dans les maquis afin de mener la lutte contre le pouvoir en place. Pol Pot, chef du Parti communiste fondé en 1960, entre ainsi dans la clandestinité.

Les conditions d’accession des Khmers rouges au pouvoir :

- D’abord l’Etat de déliquescence dans lequel se trouve le jeune Cambodge après des années de lutte dans le cadre de la guerre d’Indochine, à laquelle succède bientôt la guerre du Vietnam.

- Le premier ministre Son Nol, soutenu par les EU, renverse le prince Sihanouk en mars 1970 et proclame
la République. Sihanouk doit s’allier aux Khmers rouges afin de retrouver son pouvoir. Il forme ainsi, avec ces derniers, un gouvernement en exil en Chine. Dès lors, une guerre civile sévit durant cinq ans dans le pays. Les bombardements américains se multiplient sur le Cambodge. Deux camps s’opposent :
la République khmère de Lon Nol, soutenue par les EU et le Vietnam sud face à la coalition monarchistes-khmère rouge (Sihanouk et les communistes), aidée par
la Chine et le Vietnam nord.

 dans guerre froide / relations internationales

Pol Pot.

 

Le 17 avril 1975, les Khmers rouges entrent dans Phnom Pen et fonde bientôt un nouveau régime, le Kampuchéa démocratique. Sihanouk est placé sous résidence surveillée. Ils conserveront le pouvoir près de quatre ans, en pratiquant une politique de terreur systématique.

Le nouveau régime entend imposer un égalitarisme absolu dans le pays et mène une Révolution radicale et immédiate. Les Cambodgiens doivent se soumettre au nouveau pouvoir et renoncer à l’argent, leur famille, leur religion (abolition du commerce, de l’argent, collectivisation des biens, fermeture des tribunaux et des hôpitaux)… Il convient de briser les solidarités anciennes pour créer une société nouvelle fondée sur une idéologie égalitariste. L’individu doit se fondre dans la communauté. Toute forme de contestation est synonyme d’arrêt de mort.

Les Khmers rouges se lancent dans des opérations spectaculaires : sitôt prise, la ville de Phnom Pen est vidée de ses 2,5M d’habitants, déportés dans les campagnes. Aux yeux des Khmers rouges, la ville représente la corruption, la débauche.

Les intellectuels, jugés fourbes ; les cadres et soldats de l’ancien régime républicain de Lon Nol ; les immigrés vietnamiens, « traîtres en puissance » pour Pol Pot ; certaines minorités comme les Cham, musulmans cambodgiens, les communautés chinoises deviennent les cibles favorites du régime et sont victimes de répression.

En fait, tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule imposé par Pol Pot et ses proches, sont tués. Mey Mann, un des familiers de Pol Pot résume la situation ainsi: «  Pol Pot voulait que tous les Khmers mesurent 1,60 mètre exactement, et on coupait tout ce qui dépassait. » 

 

La surveillance et un contrôle de tous les instants s’abattent sur les Cambodgiens, contraints de travailler dans des coopératives d’Etats ou sur les grands chantiers. Les milices de village (chhlorp) espionnent  et dénoncent. Aucun système judiciaire n’existe, la torture et les exécutions sommaires sont érigées en mode de gouvernement. Le climat de terreur est entretenu par la discrétion des exécutions, dans les zones reculées de chaque village ou dans le centre de torture de Tuol Sleng (autrement appelé S-21), à Phnom Pen.

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Photos de vicitmes des Khmers rouges, torturées à Tuol Sleng ou S21.

Ces massacres, auxquels s’ajoute la famine provoquée par la désorganisation complète de l’agriculture cambodgienne, entraînent la mort d 1,5 million à 2 millions de Cambodgiens, pour une population de 7 millions d’habitants à l’époque (famines et maladies auraient provoqué 1 million à 1,5million de morts ; auxquels s’ajoutent 500 000 victimes d’exécutions).

Certains qualifient ces massacres de génocide, voire d’« auto génocide ». Il semblerait plutôt qu’il s’agisse de crimes contre l’humanité à très grande échelle, dans la mesure où il n’y a pas une « intention de détruire, totalement ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ». Les Chams, les Vietnamiens ne sont pas tués pour des raisons raciales, mais parce qu’ils ne se conforment pas au modèle khmer rouge.

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Traduction du règlement accroché dans les cellules de Tuol Sleng.

Le régime s’écroule le 7 janvier 1979, avec l’entrée des troupes vietnamiennes dans Phnom Pen, qui imposent un régime révolutionnaire et occupent le pays pendant dix ans. Les Khmers rouges, appuyés par
la Chine, engagent la guérilla dans l’ouest du pays et ne désarmeront que très tardivement.

Pol Pot est jugé par ses anciens camarades en 1997 et meurt de vieillesse un an plus tard.

Lien:

- Quatre articles sur les procès des responsables des massacres au Cambodge sur le blog de M. Augris. Un reportage d’Arte sur ces douloureux événements (merci pour l’information M. Augris):rediffusion le 24/11, à 6h. Voir aussi la présentation sur le site d’Arte.

- 1949: la Chine devient communiste (Mao fait figure de modèle pour Pol Pot); un bel article sur l’excellent blog de M. Tribouilloy

-Portfolio sur une des grandes tragédies du XXème siècle, sur le site du Monde et un article sur Khieu Samphan, récemment arrêté .

Pour compléter: deux courtes videos.

- la première réalisée par les blogtrotters sur le S21, le centre de torture des Khmers rouges, dans lequel 20 000 Cambodgiens furent massacrés.

- La seconde composée d’images d’archives, sans commentaires, mais avec des commentaires écrits.

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Hippies et Summer of love.

Posté par bricabraque le 11 novembre 2007

                                  Hippies et Summer of love. dans approfondir hippies 

                                     Hippies lors du festival de Woodstock.

Lire la version approfondie et améliorée de cet article sur Lire-Ecouter-Voir (extraits musicaux).

Le mouvement hippie se développe approximativement de 1965 à 1969. Ces jeunes sont les héritiers de la beat generation, un mouvement en révolte contre le système et la société de consommation américaine des années 1950. D’ailleurs le livre de Jack Kerouac « Sur la route » devient le livre culte pour toute une génération en rupture avec l’idéologie dominante. La jeunesse s’identifie alors à la vie de bohème et prend la route. Les hippies doivent ainsi beaucoup à ces beatniks.

 Les hippies veulent rompre avec la société et leurs familles. Nés au lendemain de la guerre et souvent issus des classes moyennes et aisées, les hippies rejettent ainsi les valeurs de leurs parents.

Que souhaitent-ils ?

S’ils ne parviennent pas à changer la société, ils souhaitent en tout cas s’en échapper. Ils veulent bâtir un monde nouveau fondé sur les valeurs d’amour, de paix et de partage.

hippies dans L'HISTGEOBOX / musique et politique

Make love, not war.

- Ils multiplient les manifestations contre la guerre du Vietnam et ne jurent que par la non-violence. L’ère du « Flower power » est ouverte, les armes doivent céder la place aux fleurs, dans un monde redevenu pacifique.

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Groupe de hippies sur un bus  Greyhound.

- Ils vivent en communautés, souvent dirigées par un mentor ou gourou, et s’adonnent à la méditation, ils opposent l’expérience spirituelle au matérialisme. Les philosophies ou religions orientales (bouddhisme, zen, mantra, yoga) sont alors en vogue. L’Orient fascine, car il serait porteur de sagesse et d’une vraie spiritualité, aussi des milliers de jeunes se rendent alors en Inde ou au Népal (route de la drogue).

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Les hippies souhaitent engager une vraie libération sexuelle.

- Pour les hippies, la sexualité doit s’affranchir de la morale puritaine. La notion de péché est mise au placard. Le sexe, débarrassé de ses entraves, devient un mode de communication, d’expression. De fait, on assiste à une vraie libération sexuelle (permise aussi par la diffusion de la pilule). Les hippies se dénudent et sont fiers  de leurs corps. La notion de partage vaut aussi en matière sexuelle (Love-in). Cette quête d’une « révolution sexuelle » s’inspire des ouvrages du psychanalyste W. Reich, mais aussi d’H. Marcuse, autre grande figure hédoniste et contestataire, auteur d’ « Eros et civilisation ». Pour eux, seule une sexualité épanouie, jouissive, permet d’échapper aux névroses et au malheur.

Poster Affiche de concert.

 - Le psychédélisme est alors la grande affaire de l’époque. Etymologiquement, le terme signifie « révélateur d’âme ». Le terme psychédélique désigne un état psychique altéré par des hallucinogènes (le LSD par exemple), comportant des hallucinations et une exacerbation des sensations. Tous les moyens permettant d’ouvrir le plus large possible les « portes de la perception » sont les bienvenus : les lumières et couleur, les voyages et surtout les drogues. En effet, la consommation de drogues hallucinogènes facilite le voyage intérieur et ouvre la conscience à des perceptions exacerbées.

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Affiche du festival de Woodstock en 1969.

- La musique rock constitue un vecteur privilégié pour ce mouvement hippie. De gigantesques festivals musicaux rassemblent des dizaines de milliers d’Américains venus écouter les groupes phares de l’acid-rock ou rock psychédélique (Monterey, Woodstock, Altamont).

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Dessins du génial Crumb.

Le mode de vie prôné par la devise de Timothy Leary, surnommé le pape du LSD (acide lysergique), « Turn on, tune in, Drop out », « Branche toi (aux événements), Accorde-toi (aux vibrations ambiantes), Laisse tout tomber », résume bien les attentes des hippies.

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Le Summer of Love (été 1967), point d’orgue du mouvement.

summer_of_love_2007   Affiche ommémorative du Summer of love.

Le mouvement, d’abord très marginal, enfle rapidement et à pour épicentre la côte ouest des Etats-Unis, notamment le quartier d’Aight Ashbury de San Francisco (vite surnommé Hashbury). Courant 1967, des milliers de jeunes convergent vers le quartier. Des jeunes qui fuient leurs maisons, leurs parents et les valeurs de ces derniers, qu’ils jugent étriquées. Ils vivent en communautés, se rassemblent par milliers dans les parcs.

 

Allen Ginsberg lors d’un Human Be-in.

Ces hippies arborent des tenues bariolées, cheveux longs flottants au vent. Ils se rassemblent par dizaine de milliers dans des Human Be-in, de grands rassemblements festifs et musicaux dans lesquels ils peuvent s’adonner à leurs passions (méditation, amour libre, écologisme, pacifisme, consommation de substances hallucinogènes). Tous entendent libérer leurs esprits des contraintes matérielles qui les étouffent.

summeroflove 

Des foules immenses se rassemblent lors des festivals de musique.

Durant tout l’été 1967, lors de grands rassemblements, les jeunes vivent au rythme de la devise « sex, drogs and rock’n'roll ». Très vite, la situation se gâte, le quartier n’attire plus seulement les hippies, mais aussi des touristes qui photographient cette faune hirsute. Certains repèrent vite le bon filon et récupèrent ce mouvement hostile au capitalisme triomphant. D’ailleurs en octobre, les hippies organisent l’enterrement du mouvement sur les hauteurs de San Francisco.

La fête est finie.

manson1a  Charles Manson.

Le mouvement se prolonge néanmoins jusqu’en 1969. La pression policière se fait de plus en plus forte. La consommation de LSD devient illégale en octobre 1966, les arrestations se multiplient.

Rapidement la situation se dégrade: l’héroïne remplace l’acide, l’amour libre se transforme parfois en viol collectif et les violences (pas nécessairement liées directement au mouvement) se multiplient. Ainsi, un certain Charles Manson se découvre une vocation de gourou. Il recrute un groupe d’adeptes qui lui obéit aveuglémént. Le 9 août 1969, cette « Mansion family » tue 5 personnes dans une villa d’Hollywood, dont la jeune actrice Sharon Tate, enceinte de 8mois. Au lendemain du massacre, les Californiens se barricadent dans leurs villas.

Lors du concert des Rolling Stones au festival d’Altamont en décembre 1969, un membre des Hell’s Angels assassine un Afro-Américain. C’en est fini de l’insouciance des cinq dernières années, la fin des sixties.

NB: voir l’article du blog sur le festival de Monterey et le rock psychédélique.

Liens utiles:

- le dossier consacré au Summer of Love sur le site d’Arte et une animation.

- Une formidable sélection d’albums de rock psychédélique sur le site de la bibliothèque de Montreuil.

- Un point sur l’acid-rock.

- Les riches archives de Radio Canda sur la génération hippie.

- L’année 1967 sur le site B-side Rock.

Publié dans approfondir, L'HISTGEOBOX / musique et politique | 2 Commentaires »

Liens utiles sur la construction européenne.

Posté par bricabraque le 10 novembre 2007

Liens utiles sur la construction européenne. dans Liens signature_traite_rome_allemagne_1_2 

Signature du traité de Rome, le 25 mars 1957.

-Retour sur l’histoire de l’Union européenne.

-  Les premiers pas de la construction européenne.

- la construction européenne et le traité de Rome.

- Mise au point sur les institutions et organes de l’UE

- Animation sur le processus de décision au sein de l’UE

- Animation sur les élargissements successifs.

- la réforme des institutions.  

- carte des étapes de la construction européenne.  

Les grandes réalisations :

- le Marché unique .

- La Politique Agricole Commune.

- libre circulation personnes : espace Schengen et les élargissement de cet espace ( sur le blog de M. Pauthier).

 

- L’euro, monnaie européenne  et la politique économique.

 

- la citoyenneté européenne et la politique sociale.

Des diaporamas:

- Diaporama sur l’histoire de l’Europe et sur le fonctionnement de l’UE, sur le site du Sénat (jusqu’en 2004).

- Diaporama sur la construction européenne, mis au point par des collègues de l’académie de Rouen.

 

- Un diaporama élaboré par des élèves de BTS du lycée Ozenne de Toulouse.

 

Publié dans Liens, Union européenne/Europe de l'est | Pas de Commentaire »

La diffusion de l’islamisme.

Posté par bricabraque le 8 novembre 2007

La diffusion de l'islamisme. dans nouvel ordre mondial? 07hezbollah.xlarge1 

Parade de soldats du Hezbollah au sud Liban en 2002.

* La propagation de l’islamisme : 

 -  A partir de l’Iran, le mouvement cherche à gagner les autres pays musulmans par la guerre : guerre Iran-Irak (1980-1988); guerre du Liban (Hezbollah) ; combat palestinien contre Israël (Hamas, Djihad islamique). 

- En Afghanistan (sunnite), les moudjahiddins en lutte contre les soviétiques de 1979 à 1989 (aidés et armés par les EU), se muent en talibans. L’Afghanistan devient ainsi un Etat islamique de 1995 à 2001. 

 - En Somalie et en Ethiopie, les islamistes sont proches du pouvoir. 

- L’Arabie Saoudite est un Etat islamique (allié des Etat-Unis). Le pays revêt une importance particulière aux yeux des musulmans dans la mesure où La Mecque et Médine, lieux saints de l’islam s’y trouvent. Oussama Ben Laden reproche d’ailleurs à la dynastie princière des Saoud, au pouvoir dans le pays, d’avoir laissé souiller ce sol sacré par les Américains lors de la guerre du Golfe. Par l’intermédiaire de la Ligue Islamique Mondiale, l’Arabie Saoudite finance les guérillas sunnites (en Palestine, aux Philippines, en Tchétchénie). Or, depuis une cinquantaine d’année, le pays constitue un fidèle allié des Etats-Unis. Ces derniers assurent la sécurité du pays (notamment pour l’exploitation du pétrole) et reçoiventcontrepartie la garantie d’un accès à l’or noir. 

h_9_ill_797988_rice dans nouvel ordre mondial?  Entretien entre le chef de la diplomatie saoudienne, G. W. Bush et C. Rice. Une stratégie américaine hasardeuse.

Cette stratégie américaine menée au Proche et Moyen Orient de 1979 à 2001 joue, indirectement un rôle notable dans l’essor de l’islam radical. J.C.Victor affirme dans son émission le « dessous des cartes » que « les Américains ont soutenu des régimes arabes autoritaires en échange d’un accès garanti au pétrole, et de l’absence de toute nouvelle attaque contre Israël. Les Etats-Unis soutenaient même les islamistes afghans du moment que ceux-ci étaient anti-soviétiques. Cependant, vingt ans de soutien aveugle et financier aux régimes arabes ont laissé le temps à ces pays de se figer dans le plus total immobilisme, de créer des frustrations économiques, démocratiques, sociales, creusant ainsi le lit de l’islamisme et son courant radical et armé, le terrorisme » (l’actuelle situation au Pakistan illustre encore une fois combien cette stratégie à courte vue peut être dangereuse). 

 * L’islamisme se propage aussi :      

 - par des moyens pacifiques qui lui permettent de pénétrer dans les diverses couches sociales : associations humanitaires, éducatives, sociétés d’entraides (Egypte, camps palestiniens, au Maroc, en Algérie).        - Ils investissent aussi le champ politique : Frères musulmans en Jordanie ; victoire des « islamistes modérés » en Turquie en 2002. Ces mouvements politiques n’utilisent pas la violence.  Dans d’autres pays, lorsqu’ils sont combattus, ces mouvements basculent souvent dans le terrorisme : FIS algérien, qui fait régner la terreur durant toutes les années 1990. 

Carte de l’islamisme dans le monde musulman.

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Matoub Lounès.

Posté par bricabraque le 7 novembre 2007

Matoub Lounès. dans L'HISTGEOBOX / musique et politique matoubizemaghilas Matoub Lounès en concert.

Lounès Matoub, héraut de la culture berbère, mais également défenseur de la laïcité et de la démocratie, est assassiné le 25 juin 1998, à quelques kilomètres de son village natal (Taourit Moussa). Si le GIA revendique l’assassinat dès le 30 juin, les circonstances du meurtre restent obscures. L’annonce de sa mort a provoqué consternation et colères dans toute
la Kabylie. De nombreux jeunes dénoncent alors l’intégrisme et l’incapacité du pouvoir.    
En éliminant le chanteur, les intégristes ont cherché à faire taire un homme qui symbolise la résistance à l’islamisme.  En 1988, un gendarme le blesse grièvement. En 1994 déjà,  il avait été enlevé par le GIA le 25 septembre 1994 et n’avait dû sa libération, le 9 octobre 1994, qu’à la mobilisation populaire des Kabyles

Tout au long de sa carrière, Matoub Lounès sut marier le chant poétique Kabyle au chaâbi, musique populaire algérienne, dérivée de la musique arabo-andalouse. Il utilise le chant amazigh, allié à la mandole, instrument traditionnel.

516MP92537L._AA240_ dans L'HISTGEOBOX / musique et politique 

Pochette de l’album « lettre ouverte aux… »

Dans son œuvre, il n’eut de cesse de dénoncer la corruption du pouvoir, et la censure qu’il impose et dont il fut victime. Dans son dernier disque, sorti quelques semaines avant son assassinat, « Lettre ouverte aux… », il n’hésite pas à parodier l’hymne algérien et dénonce une nouvelle fois le pouvoir en place. Autre cible favorite de Lounès, l’islamisme qui gangrène alors l’Algérie, aux prises avec une guerre civile particulièrement meurtrière (en 1992, la victoire électorale du Front islamique du salut est annulée par les militaires algériens. Dès lors, les massacres de civils perpétrés par le Groupe Islamique armé, ensanglantent l’Algérie durant une dizaine d’années). 

  Face à la dictature et l’obscurantisme religieux, Matoub Lounès appelle de ses vœux la démocratie et la laïcité. Il se fait le porte parole des laissés pour compte, de tous ceux qui doivent lutter pour défendre leurs droits (les femmes notamment). Il défend la culture amazighe, qui peine à trouver sa place face à l’hégémonie de la langue arabe, que privilégie le pouvoir.

 L’exception berbère remonte à la conquête arabe. La langue berbère (tamazagiht) présente un cas exceptionnel de résistance face aux agressions extérieures. 

Ainsi, dans les années 1980, les manifestations se multiplient en Kabylie afin d’obtenir l’officialisation de la langue berbère (Printemps berbère). Or, cette volonté d’une meilleure reconnaissance des spécificités culturelles kabyles est contrecarrée par le durcissement de l’arabisation en Algérie dans les années 1990. Lors de l’été 1998, la région s’embrase à nouveau avec l’entrée en vigueur d’une loi qui généralise l’usage de la langue arabe dans tous les domaines. La colère atteint son comble avec l’assassinat de Matoub Lounès.  

1Mai-Marrakech6Manifestation de jeunes Kabyles.

En avril 2001, les violences policières accentuent encore les tensions en Kabylie : c’est le printemps noir. Les revendications autonomistes sont portées par le Mouvement pour l’autonomie de
la Kabylie, à l’écho limité. Aujourd’hui, la majorité des Kabyles aspirent à une véritable reconnaissance de la pluralité culturelle en Algérie, donc de l’identité berbère (en 2002, le berbère est reconnu comme langue nationale, l’arabe restant a langue officielle). La popularité de Matoub Lounès reste immense en Kabylie et son message plus que jamais d’actualité. Laissons les derniers mots au chanteur, qui affirmait :  » Je suis de la race des guerriers. Ils peuvent me tuer mais ils ne me feront jamais taire. Je préfère mourir pour mes idées que de lassitude ou de vieillesse ».

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Al Qaida

Posté par bricabraque le 4 novembre 2007

Al Qaida dans approfondir ny09_gd 

 New York, le 11 septembre 2001.

Depuis la fin des années 1990, un nouveau courant islamiste s’affirme dans le cadre d’un « néo-fondamentalisme » terroriste. Il se développe dans les communautés musulmanes émigrées et déracinées, en Europe notamment.  Cette tendance diffuse (via les madrasa, des prêches enflammés, les sites Internet, la TV saoudienne) une même vision de l’islam, celle exportée par l’Arabie Saoudite dans les années 1970 : le wahhabisme.  Ce néo fondamentalisme donne la priorité à une lecture littérale et puritaine du Coran, récusant toute l’histoire musulmane postérieure aux temps du Prophète.

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Mollah Omar.

Pour cette tendance, la charia constitue la norme de tous les comportements humains et sociaux. Il rejette donc toute forme de culture qui ne serait pas strictement religieuse (musique, littérature…). Pour cet islam radical, il est essentiel de définir la vraie Religion, et a contrario l’impiété, d’établir ce qui est licite et ce qui ne l’est pas. A cette fin, les ulémas multiplient les fatwas.  Particulièrement hostile au christianisme, au judaïsme, ce néo fondamentalisme prône la lutte contre les Etats-Unis et leurs alliés (Israël, les pays d’Europe de l’ouest). C’est le réseau Al-Qaida (« la base ») d’Oussama Ben Laden  qui est à l’origine de l’internationalisation du mouvement au début des années 1980, autour notamment du « bureau des services » crée à Peshawar, au Pakistan (base arrière des moudjahiddins afghans).  

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Oussama Ben Laden.

Pour Olivier Roy, il est possible de distinguer une première génération de militants d’Al-Qaida (dont Ben Laden) composée de gens originaires du Moyen Orient, partis en Afghanistan combattre l’URSS ; puis, à partir de 1992, apparaît un nouveau type de militants, souvent très occidentalisés, qui  utilisent l’anglais, les nouveaux media, se déplacent constamment dans leur lutte qui a pour terrain principal l’Occident ou la périphérie du Moyen-Orient (Tchétchénie, Bosnie, Cachemire). Pour Roy, « ces militants sont l’expression d’un monde global. » De fait, ce mouvement se désintéresse du cadre de l’Etat-nation et agit à l’échelle mondiale.  La plupart des attentats revendiqués dans le monde par Al Quaida sont commis au nom de l’islam, sans qu’il y ait de réels « projets » politique précis derrière ces violences. Les Etats-Unis constituent une des cibles principales des attentats perpétrés par Al Quaida. Ben Laden reproche avant tout aux Américains d’avoir foulé le sol sacré de l’Arabie Saoudite lors de la guerre du Golfe.      Il utilise les moyens de communication les plus modernes (internet, envois fréquents de vidéos aux grandes chaînes de télévisions, Al Jazeera notamment), afin d’assurer une médiatisation maximale à leurs actions (exemple les tours en feu sur toutes les chaînes de télévision le 11 septembre 2001).  

11septembre2001-4-5 Attentats contre le World Trade Center le 11 septembre 2001. 


 Ils sont à l’origine de la plupart des attentats commis depuis une dizaine d’années, partout dans le monde, avec des cibles choisies : 
- attentats contre des symboles : de la puissance économique des EU avec la destruction des tours du Wall Trade Center le 11 septembre 2001 ; l’attaque contre le Pentagone visait la puissance militaire ; enfin le quatrième avion avait pour cible initiale la Maison Blanche, donc le cœur de la puissance politique. Attentat contre une synagogue à Djerba.  - Assassinats de personnalités, en raison de leur poids politique, de leurs conceptions incompatibles avec celles du radicalisme musulman : assassinat du commandant Massoud en Afghanistan ; du président tchétchène pro-russe, Akhmad Kadirov au printemps 2004; de journalistes.

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Le journaliste américain Daniel Pearl, assassiné en 2002 par un groupe pakistanais proche d’Al-Qaida.

- Les terroristes prennent pour cibles les intérêts d’un pays : l’ambassade américaine au Kenya en 1998, le pétrolier français Limburg en 2002 au large des côtes du Yemen ; contre des ingénieurs français à Karachi.  espagne11MElPais12032004r295 La une d’El Pais le 12 mars 2004. 

- Attentats aveugles qui visent des civils, afin de créer un climat de peur susceptible d’exercer une pression sur les dirigeants du pays visé : attentats contre les touristes occidentaux à Bali ; attentats de Casablanca, Madrid (mars 2004), Londres (juillet 2005).  

Face à ces attentats, les EU de G. W. Bush ripostent dans le cadre de la lutte du « Bien » et du « Mal » : guerre d’Afghanistan (2001), guerre d’Irak (2003). 

 Sources:

- « Le dessous des cartes » de J.C. Victor.

-  » Les trois âges de la révolution islamiste » par Olivier Roy, les collections de l’histoire n°30.

Lien: un point sur les suites judiciaires des attentats de Madrid sur le blog du lycée Prévert de Pont-Audemer.

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La « révolution islamique » en Iran (1979)

Posté par bricabraque le 1 novembre 2007

La « révolution islamique » en Iran (1979)  dans approfondir jomeini

L’Ayatollah Khomeiny.

      - la dictature du shah d’Iran, « gendarme » des Américains dans le Moyen Orient, est renversée en janvier par une coalition dirigée par le clergé chiite (définir le mot, et préciser leur zone d’influence), emmené par l’ayatollah Khomeiny.      

- Les islamistes chiites refusent la modernisation et la laïcisation du pays, dénoncent à la fois l’impérialisme américain et le communisme athée. Ils veulent en revenir à une application fondamentaliste de l’islam. Ils veulent placer le pays sous la loi islamique, la charia : économie, société (pour les femmes entre autres), la culture, la politique.  Khomeiny nationalise les puits de pétrole, jusque là gérés par les majors américaines. 

      - Il s’en prend particulièrement aux Etats-Unis, le « Grand Satan » protecteur du shah : drapeaux américains brûlés, prise en otages de 52 membres de l’ambassade américaine à Téhéran (novembre). C’est le début d’une humiliation d’un an pour les Etats-Unis.

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Otage américain en 1979.

       Il veut exporter sa révolution aux autres pays musulmans de la région : 

- Ses menaces provoquent, ainsi que les ambitions pétrolifères de Saddam Hussein, la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-88). Les Américains et leurs alliés soutiennent alors et arment l’Irak laïque contre cette déferlante islamique. La guerre fait un million de morts.

 - Il soutient, pendant la guerre du Liban, des mouvements islamistes dans leurs attentats contre les casques bleus de l’ONU.   

  - Il entend aussi devenir le gardien du dogme et n’hésite pas à lancer des fatwas à l’encontre de ceux qu’il considère comme de « mauvais » musulmans. En 1989, l’Ayatollah lance sur Radio Téhéran une fatwa réclamant l’exécution de Rushdie.  « Au nom de Dieu tout puissant. Il n’y a qu’un Dieu à qui nous retournerons tous. Je veux informer tous les musulmans que l’auteur du livre intitulé Les versets sataniques, qui a été écrit, imprimé et publié en opposition à l’Islam, au prophète et au Coran, aussi bien que ceux qui l’ont publié ou connaissent son contenu, ont été condamnés à mort. J’appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement, où qu’ils les trouvent, afin que personne n’insulte les saintetés islamiques. Celui qui sera tué sur son chemin sera considéré comme un martyr. C’est la volonté de Dieu. De plus, quiconque approchera l’auteur du livre, sans avoir le pouvoir de l’exécuter, devra le traduire devant le peuple afin qu’il soit puni pour ses actions. Que Dieu vous bénisse tous. »            Rouhollah Musavi Khomeiny. 

L’après Khomeiny:

Malgré un assouplissement du régime avec l’accession au pouvoir de M. Khatami en 1997, ses marges de manœuvres sont limitées, pris entre les exigences d’une société demandeuse de réformes et un clergé très conservateur qui entend conserver son emprise sur le pouvoir. Ainsi, de gigantesques manifestations ont lieu en juillet 1999 à Téhéran. Au bout du compte, les éléments conservateurs l’emportent en 2005, avec l’élection à la présidence du maire ultraconservateur de Téhéran Mahmoud Ahmadinejad. Il entend mener à bien son programme nucléaire malgré l’opposition américaine, il n’hésite pas à multiplier les surenchères nationalistes. 

Pour compléter:

- Le site Zéro de conduite revient sur le film Persepolis, « petit bijou persan ».

-une video du dessous des cartes sur la révolution islamique en Iran (entre autres).

http://www.dailymotion.com/video7GRYtSW97vkJb6eM2

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