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Les chars soviétiques écrasent la révolution hongroise (octobre- novembre 1956).

Posté par bricabraque le 3 décembre 2007

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Les chars du pacte de Varsovie écrase la révolution hongroise.

L’Armée rouge libère la Hongrie en 1945. Les communistes ne recueillent que 20% des suffrages lors des premières élections libres, mais s’emparent progressivement du pouvoir. La nouvelle constitution, adoptée en 1949, annonce la création d’une démocratie populaire, dont l’homme fort est le secrétaire général du PC, Matyas Rakosi, le « Staline hongrois ».

Le poids du catholicisme (comme en Pologne) et le souvenir ravivé des luttes nationales constituent deux spécificités de la Hongrie (le poète Petöfi, du milieu du XIXème siècle, est un symbole de la lutte pour l’indépendance nationale).

Les chars soviétiques écrasent la révolution hongroise (octobre- novembre 1956). dans Modèle soviétique/démocraties populaires Budapest-Staline

 

La tenue du XXème congrès du PCUS permet, comme ailleurs, une timide libéralisation du régime en Hongrie (suspension de la collectivisation, amnistie pour les condamnés du début des années 1950). Deux clans s’y opposent alors : les staliniens comme Ernö Gerö (nommé premier secrétaire du parti en juillet 1956, en remplacement de Rakosi), Andreas Hegedus (président du conseil) aux communistes « libéraux », favorables à une libéralisation du régime, tout en maintenant celui-ci dans le bloc de l’Est : Imre Nagy, Janos Kadar, Geza Losonczy. Ces derniers se prononcent pour une démocratisation partielle, seule façon de sauver les « bases de la démocratie populaire ». Imre Nagy jouit d’une grande popularité (il est le responsable de la réforme agraire lors de la libération et n’a eu de cesse de s’opposer au Stalinien Rakosi).

stalin_down dans Modèle soviétique/démocraties populaires

La statue de Staline est renversée.

 Le 23 octobre 1956, les étudiants organisent une manifestation dans Budapest, en solidarité avec le peuple polonais, durement réprimé en juin, lors des émeutes de Poznan. L’agitation prend vite de l’ampleur: les étudiants brandissent des drapeaux hongrois débarassés de la faucille et du marteau; la statue de Staline est renversée; le parlement encerclé. Ils revendiquent la tenue d’organisations libres, une liberté totale d’expression (fin de la censure qui pèse sur les journaux), la démolition du monument de Staline, une réorganisation complète de la vie économique et le retour au pouvoir de Nagy (président du conseil de 1953 à 1955).

Les ouvriers viennent bientôt grossir les rangs de la manifestation étudiante, transformant celle-ci en révolution. Les dirigeants hongrois font appel aux troupes soviétiques, stationnées dans la capitale, dans le cadre du pacte de Varsovie. Cette décision impopulaire provoque le ralliement d’une partie de l’armée hongroise aux rebelles. La loi martiale est proclamée. 6000 hommes et 150 chars pénètrent dans Budapest. Les combats font rage entre insurgés et soldats russes, soutenus par la police politique (AVH). Le 24 octobre, on recense déjà 350 morts.

Le comité central rappelle le modéré Nagy à la tête du gouvernement, ce qui permet ainsi de lui faire porter la responsabilité de l’appel aux troupes russes, alors qu’il y est opposé. Le 28 octobre, une offensive contre les bastions insurgés échoue. Le 30 octobre, le cessez-le-feu est proclamé, les Soviétiques évacuent le centre de Budapest et se replient à 30 km de l’agglomération, la police politique dissoute, tandis que la prise du siège du PC par les insurgents s’accompagne d’un lynchage de ses occupants (une cinquantaine de personnes).

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Imre Nagy.

L’anarchie politique règne, des conseils révolutionnaires se constituent dans les villes provinciales et à Budapest. Le gouvernement Nagy n’a guère de marges de manœuvre, il doit lâcher du lest et met pratiquement fin à la démocratie populaire. Le 1er novembre, Imre Nagy proclame la neutralité de
la Hongrie et son retrait du pacte de Varsovie. Beaucoup de Hongrois se persuadent que les Russes accepteraient cette « neutralisation » de
la Hongrie. Ils pensent aussi pouvoir bénéficier de l’appui des Occidentaux en cas d’une nouvelle intervention soviétique.

Or, pour les dirigeants russes, cette tentative de conquête d’indépendance nationale, est inadmissible. Les Hongrois secouent durement le glacis soviétique. Ils veulent avant tout éviter l’instauration d’une démocratie à l’occidentale, avec la tenue d’élections réellement libres, comme le réclament de nombreux Hongrois.

La répression est donc un mal nécessaire. Ils savent que les Occidentaux, trop occupés ailleurs (la crise de Suez a laissé des traces profondes), n’iraient pas déclarer la guerre à l’URSS pour sauver les Hongrois (au pire une résolution platonique des Nations Unies).

Moscou prépare ainsi « l’opération tornade », qui vise à reprendre le contrôle de Budapest et à écraser la révolution. Cette seconde intervention prend une toute autre ampleur que la précédente puisque 200 000 hommes et 2 000 chars convergent vers Budapest (ils reprennent possession de la situation le 13 novembre).

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Le bilan de la répression soviétique est lourd (près de 3000 morts).

 

Nagy se réfugie dans l’ambassade yougoslave. Janos Kadar prend la tête d’un nouveau gouvernement, « contre-révolutionnaire », qui bénéficie du soutien des Soviétiques (alors même qu’il avait soutenu jusque là toutes les décisions prises par Nagy). Dès sa sortie de l’ambassade de Yougoslavie, le 22 novembre, les Soviétiques procèdent à l’arrestation de Nagy, à son transfert en Roumanie, avant son exécution finale en juin 1958, après une parodie de procès.

Le bilan de la répression est lourd : des milliers de morts, vingt mille blessés, 20 000 arrestations, 230 condamnations à mort, tandis que près de 160 000  Hongrois se réfugient en Occident avant la fin de l’année.

L’intervention soviétique s’accompagne d’une immense vague de protestation en Occident. De nombreux communistes français rendent alors leur carte du parti et de nombreux compagnons de route rompent définitivement avec celui-ci. Sartre déclare le 8 novembre, dans l’Express « briser à regret, mais entièrement ses rapports avec les écrivains soviétiques qui ne dénonçaient pas ou ne pouvaient pas dénoncer le massacre en Hongrie ».

Kadar

Kadar.

 

Kadar règne pendant 32 ans sur le pays et met en place quelques réformes indispensables face à l’ampleur des contestations, mais reste persuadé qu’il convient de maintenir la Hongrie dans le giron soviétique.

http://www.dailymotion.com/video/2KOSbrIl9KBFzfTy1

Un documentaire sur la révolte de Poznan et la révolution hongroise en 1956.

http://www.dailymotion.com/video/3PwtPE5JpNXlvfTAr

Fin de l’épisode.

Sources:

- Le Petit Mourre.

- F. Armand et F. Barthélemy: »Le monde contemporain_ l’histoire en terminale », Seuil, Paris, 2004.

- Le site des fifties: Boomer café.

- Les archives du monde 2, 21 octobre 2006.

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