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Printemps de Prague (été 1968) et doctrine Brejnev.

Posté par bricabraque le 4 décembre 2007

Printemps de Prague (été 1968) et doctrine Brejnev. dans Modèle soviétique/démocraties populaires Char-Prague-68

Les chars soviétiques écrasent le printemps de Prague.

Dès 1967, les intellectuels tchécoslovaques critiquent l’attitude intransigeante du secrétaire du PC tchèque, le stalinien Novotny. Bientôt ces critiques gagnent aussi la direction communiste. Novotny doit composer avec un groupe de « libéraux » menés par Alexandre Dubcek, premier secrétaire du PC slovaque. Ce dernier remplace d’ailleurs Novotny après sa démission en janvier 1968.

La situation reste préoccupante dans le pays. La déstalinisation reste très limitée et les problèmes ne manquent pas : croissance économique atone, rareté des denrées alimentaires.

praagse_lente_afb_1 dans notions et définitions 

Alexander Dubcek.

Dubcek entend préserver le système soviétique, mais il se montre favorable à une démocratisation du pays et à une plus grande liberté d’expression. De nombreux Tchécoslovaques se retrouvent dans cette ligne politique, « ce socialisme à visage humain » proposé par Dubcek. Sa popularité grandit chez les ouvriers, les intellectuels, les étudiants, mais aussi chez les défenseurs de l’identité slovaque.

La nouvelle direction supprime quasiment la censure, libère les écrivains emprisonnés et réhabilite les victimes des purges staliniennes, adopte une attitude favorable à l’égard de l’Eglise, autorise les voyages à l’étranger et réforme les statuts du PC, prévoyant même le droit à l’existence de minorités contestataires (remise en cause du centralisme démocratique), la généralisation du vote secret, la limitation de la durée d’exercice des fonctions dirigeantes.

Ce printemps de Prague suscite un immense enthousiasme (surtout les étudiants) et attise la curiosité en Occident pour cette tentative de réforme, inédite dans le bloc soviétique. A Moscou, l’inquiétude grandit, dans la mesure où l’exemple de
la Tchécoslovaquie risque de contaminer rapidement toutes les autres démocraties populaires et remettre en cause la pérennité du bloc lui-même.

 

 

Aussi l’Armée rouge et les troupes du pacte de Varsovie envahissent
la Tchécoslovaquie avec quelques 300 000 hommes, 7000 chars, dans la nuit du 20 au 21 août 1968. L’occupation est rapide, d’autant plus que le gouvernement Dubcek renonce à la résistance militaire, même si les Soviétiques doivent compter avec une importante résistance passive. On dénombre 58 morts et des centaines de blessés.

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Un jeune Praguois victime de la répression soviétique.

Après avoir emprisonné l’équipe dirigeante, les Soviétiques doivent la remettre au pouvoir (26 août), mais maintiennent leur tutelle sur le pays et prolongent l’occupation militaire. Les Occidentaux assistent passifs à ces événements. Fait plutôt rare, cette intervention suscite un grand mécontentement au sein du camp communiste : la Chine, la Yougoslavie, mais aussi la Roumanie la condamnent.

Le gouvernement Dubcek ne peut poursuivre sa politique de libéralisation, mais réalise néanmoins une réforme importante en faisant de
la Tchécoslovaquie un Etat fédéral, où les Slovaques jouissent enfin d’une grande autonomie régionale (janvier 1969). Progressivement, Le remplacement de Dubcek par Gustav Husak au poste de premier secrétaire du PC tchécoslovaque (avril 1969), l’épuration du parti (500 000 exclusions), l’éviction des collaborateurs de Dubcek des fonctions dirigeantes, achèvent la normalisation.

Les conséquences de la répression du printemps de Prague :

- Les PC occidentaux connaissent une nouvelle vague de défection, ce qui conduit certains d’entre eux à s’éloigner du modèle soviétique (eurocommunisme).

 

L. Brejnev

 

- Afin de mettre un terme aux contestations qui fragilisent le bloc (Berlin 1953, Poznan 1956, Budapest 1956), Brejnev développe la « doctrine de la souveraineté limitée » ou doctrine Brejnev. Théoriquement souverains, les Etats d’Europe de l’Est sont dépendants idéologiquement du modèle imposé par Moscou. Autrement dit, la défense du socialisme passe avant celle de la souveraineté nationale, ce qui justifie le maintien sous tutelle des démocraties populaires par l’URSS.

- Encore une fois, cette répression soviétique souligne l’absence de réaction des Occidentaux  et constitue une terrible contre publicité pour le modèle communiste. Ainsi, l’immolation par le feu de Jan Palach, un jeune étudiant tchèque, émeut le monde entier et révèle  les impasses du modèle proposé par Moscou.

Sources: C. Hocq « Dictionnaire d’histoire et de géographie ».

- F. Armand et F. Barthélémy: »Le monde contemporain_ l’histoire en terminale », Seuil, Paris, 2004.

- Le petit Mourre.

3 Réponses à “Printemps de Prague (été 1968) et doctrine Brejnev.”

  1. Mister Loez dit :

    A noter que la Tchécoslovaquie est vraiment un cas particulier: un PC fort dès avant la prise du pouvoir en 1948 (38% aux élections), contrairement à la Hondrie ou la RDA, ce qui en fait longtemps un « bon élève » du bloc de l’est…

    Et aussi, contrairement à ce qui se passe en 1956 en Hongrie, pas de volonté de sortir du pacte de Varsovie ou de l’alignement avec Moscou. C’est la seule perspective de démocratisation interne qui apparaît insupportable à Brejnev.

    Une autre chose importante: Dubcek veut faire évoluer le communisme pour le rendre plus séduisant à l’ouest, Brejnev s’en moque et reste à des considérations géopolitiques de base : la Tchécoslovaquie fait partie du « glacis défensif » mis en place pour protéger l’URSS.

    Mais l’intervention, faite avec des Polonais, des Allemands de l’Est, des Hongrois, a des effets désastreux sur l’image de l’URSS et du bloc de l’est – au moment même ou la Chine de Mao, ou encore la révolution Guevara-style (le Che est mort en 1967) séduit de plus en plus les occidentaux.

    Donc une intervention militaire, mais une défaite idéologique pour l’URSS.

    A méditer, les mots de l’écrivain tchèque Jan Zabrana: « Demain est une autre nuit ».

  2. Alain dit :

    Bonjour,

    Je cherche à retrouver une photo noir et blanc qui montre, avec un bel effet d’optique, le canon d’un char soviétique braqué contre la tempe de 2 personnes, tête basse, qui marchent dans une rue de Prague en 1968 (ou peut-être de Budapest en 1956).
    Peut-on m’aider ?… Merci d’avance.

  3. bricabraque dit :

    Là je dois dire que je ne vois pas. Vous trouverez peut-être votre bonheur dans les archives (très riches) du magazine Life: http://images.google.com/hosted/life

    J.B.

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