• var _gaq = _gaq || []; _gaq.push(['_setAccount', 'UA-30535001-1']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();

La répression en Amérique latine: le plan condor.

Posté par bricabraque le 13 décembre 2007

La répression en Amérique latine: le plan condor. dans Amérique latine / centrale pinochet 

Pinochet, dictateur du Chili de 1973 à 1990.

 

Dans le contexte de la guerre froide, l’Amérique latine, chasse gardée traditionnelle des EU, devient un autre terrain de lutte entre les deux grands. L’administration Eisenhower assigne aux régimes latino-américains la mission de réprimer le communisme. L’accession au pouvoir de Castro à Cuba, qui se range bientôt derrière le bloc ennemi fait craindre une diffusion du communisme sur le continent.

Des dictateurs à bonne école.

 

Aussi, très tôt, les EU se chargent de la formation militaire de plusieurs milliers de latino-américains, dans le cadre de l’Ecole des Amériques, installée dans la zone américaine du canal de Panama et forment idéologiquement ces futurs cadres de l’armée.

file_198930_18543 dans approfondir

Alfredo Stroessner et Pinochet au Chili en 1974.

 L’école affiche clairement sa volonté de permettre la résistance des armées du sous-continent face au communisme et à tous les mouvements susceptibles de gêner leurs intérêts. De fait, la plupart des futurs dictateurs font leurs classes à l’Ecole des Amériques :

- les puschistes argentins Viola, Videla et Galtieri qui imposent un pouvoir d’une brutalité inouïe en Argentine de 1976 à 1983 (30 000 morts ou disparus);

-  Le général Pinochet qui renverse le gouvernement démocratiquement élu d’Allende et fait régner la terreur sur le Chili de 1973 à 1989 (plus de 3000 morts) et Manuel Contreras, directeur des services secrets chiliens (la Dina), instigateur principal du plan condor ;

- Somoza dont la famille impose sa dictature sur le Nicaragua jusqu’en 1979 ;

- le terrifiant Stroessner qui contrôle d’une main de fer le Paraguay durant 35 ans (1954-1989), jugé responsable de la mort de 1 000 à 3 000 opposants ;

- Hugo Banzer, qui fait de la Bolivie un pays d’accueil pour les anciens nazis traqués (Barbie notamment), de 1971 à 1978, puis Luis Meza (1980-1981)…

200612495920 dans TCFE

Pinochet le Bolivien Hugo Banzer.

Les manuels de formation de l’école préconisent le recours à la torture, valident l’utilisation des exécutions sommaires. La détention des proches des suspects constitue, pour l’école, un bon moyen de pression. Les méthodes clandestines sont efficaces : l’enlèvement (des milliers de disparus en Argentine par exemple). Toutes pratiques qui seront généralisées par les dictatures d’extrême droite qui s’imposent au cours des années 1970 (parfois plus tôt) en Amérique latine.

Le savoir-faire français. 

D’anciens officiers français des guerres d’Algérie et d’Indochine se chargent aussi de la formation des dictateurs latino américains :

- Roger Trinquier (ancien de l’Indochine) spécialiste français de la guerre antisubversive. Il théorise la répression en zone urbaine : quadrillage, fichage, rafles, enlèvements, utilisation de la torture.

- Ancien de l’Algérie, qui a utilisé ces méthodes lors de la bataille d’Alger, Aussaresses est attaché militaire français au Brésil entre 1973 et 1975…

Le documentaire diffusé sur Canal +: « les escadrons de la mort: l’école française ».

http://www.dailymotion.com/video/4fZs3SnfWt2AD5iCl

http://www.dailymotion.com/video/6ZjVDf8bk0GBw5iHS

Le général argentin Cramps, chargé de la répression dans la région de Buenos Aires salue le « savoir faire » français : « Les Français ont été les premiers, les plus complets ».

Paul Aussaresses.

A partir de 1960 se tiennent les conférences des armées américaines, qui visent à échanger les informations et les renseignements sur tous les opposants politiques. Ainsi des fiches  d’informations circulent entre les différents services de renseignements.

Le plan Condor.

Au cours des années 1970 se met en place un vaste plan de répression à l’échelle du continent. Les juntes militaires au pouvoir en Argentine, au Paraguay, en Bolivie, au Chili, en Uruguay, s’engagent dans une chasse aux opposants, grâce à une étroite collaboration entre services de renseignement et en utilisant les méthodes les plus ignobles : tortures, exécutions sommaires, attentats, enlèvements. L’objectif reste d’éliminer les opposants des différentes dictatures, par delà les frontières de chaque Etat, notamment l’Argentine, asile de milliers de réfugiés originaires du cône sud.

contreras

Manuel Contreras, chef de la Dina.

En 1974, Pinochet crée une police secrète, la Dina, chargée d’éliminer tous les opposants et dirigée par Manuel Contreras.

En novembre 1975, des responsables chiliens, argentins, uruguayens, paraguayens, boliviens et brésiliens se rassemblent à Santiago du Chili, à l’initiative de Contreras. C’est à cette occasion qu’ils « officialisent » l’existence du plan Condor. En fait, les contacts sont déjà nombreux et anciens. L’échange d’informations et les assassinats ont débuté précédemment.

Ce plan doit rester secret, car Pinochet a tôt saisi qu’il était essentiel de réprimer le plus discrètement possible.

Cela dit, plusieurs documents prouvent que la CIA et le FBI connaissent ce plan. Lors d’une visite au Chili en juin 1976, le secrétaire d’Etat américain Kissinger dénonce les violations des droits de l’homme dans un discours public, mais il assure Pinochet de son soutien en privé. Cette attitude illustre tout à fait les ambiguïtés de Washington.

Les cibles du condor.

doc-287

Le coprs de Carlos Prats.

Toutes les organisations de gauche latino-américaines rassemblées dans la Junte de coordination révolutionnaire (JCR) deviennent des cibles pour cette « internationale de la mort » qu’est le plan condor : les montoneros et l’ERP argentins, le MIR (mouvement de gauche révolutionnaire) au Chili, les Tupamaros en Uruguay, l’ELN en Bolivie.

En juillet 1975, l’opération Colombo fait 119 victimes chez les opposants chiliens du MIR, réfugiés en Argentine.

Les personnalités politiques ouvertement hostiles aux dictatures doivent être abbatues. L’ancien chef d’état major du président Allende, le général Carlos Prats et son épouse, meurent dans l’explosion de leur voiture à Buenos Aires, le 29 septembre 1974. Un terroriste américain, à la solde de la DINA, Michael Townley, est à l’origine de ces assassinats.

Le 6 octobre 1975, un ancien fascite italien, recruté par le même Townley, tire sur Bernado Leighton, ancien vice-président du Chili, et sur son épouse. Ils survivent, mais Mme Leighton reste paralysée.

Miguel Enriquez, chef du MIR chilien, meurt lors d’une fusillade fin 1974. Roberto Santucho, leader de l’ERP argentin, en juillet 1976. Début 1977, Zelmar Michelini et Hector Gutierrez, deux figures emblématiques de la démocratie uruguayenne sont retrouvés morts, près de Buenos Aires…

JFKtownleyM

Le terroriste américain M. Townley.

L’opération Condor ne se limite pas à l’Amérique latine. Des assassinats ou tentatives ont ainsi lieu en Europe (Leighton à Rome), mais aussi en Amérique du nord. L’attentat le plus spectaculaire a lieu en septembre 1976, à Washington. Orlando Letelier, ex-ministre des affaires étrangères d’Allende, et son assistante américaine meurent dans l’explosion de leur voiture à Washington (Michael Townley et des exilés cubains anti-castistes seraient dans le coup. C’est d’ailleurs l’opération de trop pour les Américains. Ce meurtre manque de « discrétion », le président Carter fraîchement élu, a fait du respect des droits de l’Homme son cheval de bataille. Il fait désormais pression sur le Chili. En août 1977, la DINA est dissoute.

L’assassinat de Letelier marque la fin du plan Condor, mais pas celle des exécutions d’opposants politiques. A partir de 1977, le plan Banzer, du nom du dictateur bolivien au pouvoir, vise à éliminer l’opposition religieuse partisane de la théorie de la libération. Des dizaines d’ecclésiastiques sont exécutés dans tout le sous-continent.

Un bilan terrifiant.

L’opération condor se solde par quelques centaines de morts. Mais les dictatures militaires sud-américaines seraient responsables d’environ 50 000 assassinés, de plus de 35 000 disparitions et quelques 400 000 prisonniers.

mères%20de%20la%20place%20de%20Mai

Défilé des Mères de la place de Mai.

Les anciens dictateurs et leurs sbires réussissent à échapper aux poursuites judiciaires jusqu’aux années 1980 (pour l’Argentine), plus tard ailleurs. Les anciens bourreaux ont longtemps profité des lois d’amnistie mises en place lors de la transition démocratique, au grand regret des opinions publiques des pays concernés. Les Mères de la place de Mai manifestent régulièrement pour exiger du pouvoir en place de rendre des comptes concernant les milliers de personnes disparues sous la dictature. Elles seront entendues par Nestor Kirchner, élu président en 2003, qui souhaite en finir avec l’impunité. Des centaines de procès ont donc été rouverts dans tout le pays.

videla1

Jorge Videla.

Ainsi le général Videla, condamné, vit assigné à résidence. On lui reproche notamment l’organisation de vols systématiques d’enfants de disparus, confiés en réalité aux tortionnaires de leurs parents biologiques !

Pinochet inquiété, lui aussi, à la fin de sa vie, est mort dans son lit, à l’instar de nombreux autres dictateurs comme le redoutable Stroessner, mort en exil au Brésil à 93 ans, en 2006. Bref, il reste encore beaucoup à faire.

Sources:

- Alternatives internationales n°7, mars 2003.

- Les Archives du Monde 2, n°60, avril 2005.

- Le Monde diplomatique n°90 consacré à « l’Amérique latine rebelle », en décembre 2006.

Une Réponse à “La répression en Amérique latine: le plan condor.”

  1. souvenirs19 dit :

    Quelle diabolique période !
    Puisse la Paix atténuer un peu les souffrances de ce peuple…
    Bonne journée
    Anne

    Dernière publication sur Je me SOUVIENS... : CHELON Georges

Laisser un commentaire

 

dartagnan |
D A T A F O R U M |
Génération Citoyenne |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | machinesabois
| 1954-1962 : "Hed Thnin !"
| Elayam.3 ا...