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Quand les nazis fuyaient l’Europe.

Posté par bricabraque le 16 décembre 2007

Quand les nazis fuyaient l'Europe.  dans approfondir passeport-eichmann 

Le passeport utilisé par Eichmann pour fuir l’Europe.

 

Au lendemain de la guerre, un désir de vengeance pousse les Alliés à mener une dénazification rigoureuse  de l’Allemagne. Ainsi, le procès de Nuremberg  (article du blog de M. Tribouilloy) condamne de très hauts responsables nazis.

Mais rapidement, la paix retrouvée incite à tourner la page des années de souffrance et donc oublier les années noires. Le processus de dénazification s’enraye  ainsi rapidement. Le contexte de la guerre froide naissante accuse encore ce phénomène.

Lors d’un déplacement à Stuttgart, le secrétaire d’Etat Byrnes affirme que la période répressive de la dénazification doit s’achever.

400px-Nuremberg-1- dans Mémoires de la Seconde guerre mondiale.

Les hauts dignitaires nazis lors du procès de Nuremberg.

Pour contrer les Soviétiques, Truman entend, dès 1946, renforcer les services secrets américains.

Or, les Américains partent de zéro et leur connaissance de l’Armée rouge, du NKVD (l’ancêtre du KGB), restent très lacunaires. Les nazis, au contraire, espionnent les Soviétiques depuis une dizaine d’années et possèdent les informations et informateurs qui font cruellement défauts aux services de renseignement américain.

C’est la raison pour laquelle les services secrets américains en gestation (la National Intelligence Authority et le Central Intelligence Group) enrôlent d’anciens (plusieurs dizaines) tortionnaires nazis, spécialisés dans la traque et le renseignement et possédant des connaissances sur les Soviétiques.

Le général Reinhard Gehlen, qui a dirigé l’Abwehr (le service de renseignement de l’armée allemande) sur le front de l’est, met son organisation au service des EU dès juillet 1945.

Parmi les réseaux constitués par Gelhen se trouvent d’anciens SS et de
la Gestapo, comme :

- Emil Augsburg, ancien capitaine SS, expert du monde communiste, recherché pour crime de guerre en Pologne, qui travaille pour l’US Army de 1947 à 1956, puis pour les services secrets de l’Allemagne de l’ouest (BND) jusqu’en 1966.

- Le major SS Wilhelm Höttl participe à la déportation de 440 000 juifs hongrois vers Auschwitz, il est arrêté par les Américains en 1945. Sa grande connaissance du communisme de l’Europe de l’est lui permet d’être libéré en 1947 et de rejoindre le bureau du CIC de Vienne, avant d’être recruté par
la CIA.

- Klaus Barbie intègre le CIG en 1947…

Les SS (mais aussi de nombreux scientifiques allemands) réellement utiles pour les EU sont introduits clandestinement aux EU sous de fausses identités, en violation des lois sur l’immigration, grâce aux services spéciaux.

klausbarbie

Klaus Barbie, « le boucher de Lyon ».

Beaucoup de nazis échappent aussi à la justice grâce au réseau ratline, « la route des rats », une filière organisée par les anciens nazis pour s’enfuir vers l’Amérique Latine ou le Moyen Orient, en passant par les Alpes et l’Italie. Ils utilisent les trésors de guerre amassés lors du conflit et bénéficient de nombreuses complicités ou négligences :

-Des faux papiers leurs sont fournis par des ecclésiastiques italiens, comme l’évêque catholique Alois Hudal, recteur d’un séminaire pour prêtres autrichiens et allemands à Rome, qui fournissait argent et papiers d’identité délivrés par l’organisation du Vatican pour les réfugiés. Documents utilisés pour obtenir un passeport de personne déplacée dela Croix Rouge Internationale (CRI), avant l’obtention d’un visa. La parole d’un évêque explique sans doute la légèreté des contrôles que le CRI devait effectuer avant de délivrer ces passeports. 23_25Le docteur Mengele.

Un réseau de franciscains croates, dirigé par le père Draganovic depuis le séminaire San Girolamo degli Illirici à Rome, disposant de nombreux liens en Autriche, organise l’exfiltrations de nombreux membres du mouvement fasciste croate oustachi (Ante Palovic) vers le nouveau monde, à partir du port de Gênes. Les services de renseignement américains utilisent cette filière pour exfiltrer d’anciens criminels de guerre. Un rapport déclassifié des services de renseignement américain de 1950 affirme que « Draganovic se chargeait de toutes les phases de l’opération après que les personnes soient arrivées à Rome, tels que la fourniture de documents italiens et sud-américains, visas, timbres, arrangements pour le voyage par terre ou par mer ».

Ainsi, Eichmann, organisateur de
la Solution finale, s’échappe à deux reprises de prison et bénéficie de l’aide d’un organisme clandestin d’anciens nazis qui le fait passer en Italie. Il s’y embarque, à Gênes, pour l’Argentine, grâce à un passeport au nom de Ricardo Klement, fourni par l’entremise d’un franciscain hongrois, E. Dömöter, curé d’une église de Gênes.

Barbie, devenu gênant (recherché activement par
la France ; le recrutement d’anciens criminels de guerre nazis est dénoncé à l’ONU ou au Congrès américain ;  Barbie est peu utile pour les services secrets), les Américains décident de s’en débarrasser. Grâce à un sauf-conduit provisoire au nom de Klaus Altmann délivré par les Américains, Klaus Barbie parvient à quitter l’Allemagne. A Gênes, il  bénéficie de l’aide du père Draganovic et s’embarque pour l’Amérique latine en 1951.

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Fiche d’identité de Mengele.

Josef Mengele, le médecin SS d’Auschwitz, auteurs d’expériences médicales inhumaines sur les prisonniers du camp, Gerhardt Bohne, chargé d’organiser la politique eugéniste du IIIème Reich par Hitler, Ante Pavelitch, criminel de guerre croate, quittent l’Europe grâce à cette même filière.

Liens intéressants:

- Article de Wikipédia sur les réseaux d’exfiltrations nazis.

- « Odessa, le réseau maudit » par Sophie Laverdure, sur le site du mag’44.

- Le document de voyage d’Eichmann délivré par la Croix Rouge, sur Nouvel Obs.com.

Une Réponse à “Quand les nazis fuyaient l’Europe.”

  1. Gabriel dit :

    excellent article où l’on apprend l’incroyable information concernant l’ »embauche » macabre de dignitaires nazis par les américains décidément toujours aussi cyniques face à leurs intérêts. Je ne suis pas forcément d’accord avec le terme vengeance dans la mesure ou le proces de nuremberg s’est par exemple déroulé dans un respect démocratique exemplaire, on est loin de l’oeil pour l’oeil dent pour dent

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