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Stax et le triomphe du Memphis sound.

Posté par bricabraque le 24 décembre 2007

Stax et le triomphe du Memphis sound. dans actualité Rufus&Elvis

Rufus Thomas et le jeune Elvis Presley.

Memphis, grande ville portuaire sur le Mississippi, constitue dès le XIXème siècle un carrefour essentiel (ferroviaire, fluvial, routier), permettant d’assurer l’essor du commerce et de la transformation du coton et du bois, activités reines de la ville.

Sa situation intermédiaire entre le sud rural et ségrégué et le nord industrieux. Elle constitue aussi un passage obligé pour les populations afro-américaines affranchies qui partent à l’assaut des métropoles industrieuses du nord (Chicago, Detroit). La ville compte à peu près autant de noirs que de blancs au lendemain de la seconde guerre mondiale. Les brassages des populations sont donc une tradition dans la capitale du Tennesse. Ce qui explique aussi la richesse de l’héritage culturel de la cité qui s’illustre, ou est à l’origine, des grands courants musicaux américains.

Pendant la seconde partie des années 1920, Memphis devient un des premiers lieux d’enregistrement du blues naissant (W.C. Handy, considéré comme le père du blues est de Memphis), les bluesmen du Delta y viennent en nombre pour s’y faire enregistrer par les défricheurs de talents envoyés par l’industrie du disque implantée dans les métropoles du nord.

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W.C. Handy.

Furry Lewis, Skip James, Mississippi John Hurt, Bukka White, Memphis Slim, pour ne citer que les plus illustres, fréquentent assidûment Beale Street. Après 1945, d’autres figures majeures du blues s’illustrent dans la ville à l’instar de l’harmoniciste Sonny Boy Williamson et du prodige de la guitare qu’est B.B. King.

cache-298x325_jpg_al_green-298x325 dans Racisme / Ségrégation EU 

L’immense Al Green.

 

Mais du début des années 1950 à la fin des années 1970, Memphis reste l’un des épicentres de la musique populaire américaine, abritant des labels ou des studios « qui scellèrent la rencontre des bluesmen du Mississippi, du gospel local et des jeunes musiciens blancs suburbains », selon Florent Mazzoleni :

- Sun Records de Sam Philips, qui découvre le jeune Elvis Presley, un blanc qui chante comme un noir, qui pose les premiers jalons du rock’n’roll naissant

- Hi records de Willie Mitchell qui produit durant toutes les années 1970 une soul particulièrement originale autour de quelques artistes phares : le sensuel Al Green et sa voix surnaturelle, Syl Johnson, Ann Peebles, O.V. Wright. Tous s’appuient sur un groupe de musiciens hors-pairs : le Hi-rythm.

- Le label Stax qui fait l’objet de cet article.

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Janis Joplin en visite chez Stax, Carla et Rufus Thomas à sa droite.

- L’American recordings studio, qui produit la crème de la scène musicale de Memphis et d’ailleurs, forme une véritable machine à tube, pour les Box Tops, Dusty Springfield, Elvis Presley…

Ces trois studios ou labels s’appuient sur une exceptionnelle section de cuivres, le Memphis Horn, composée de Blancs et de Noirs, qui donne cette touche si originale aux enregistrements de ces trois hauts lieux du rythm’n’blues.

En 1957, Jim Stewart, jeune employé de banque effacé et sa sœur Estelle Axton s’associent pour fonder un petit label nommé Satellite. Stewart cherche avant tout à travailler dans la musique, mais rien ne le prédispose à s’intéresser aux musiques noires. Ils s’installent bientôt au sud de Memphis, dans un ancien cinéma qu’ils reconvertissent en studio d’enregistrement. Les habitants du quartier, curieux viennent rapidement proposer leurs services à l’instar de Rufus Thomas, vétéran du rythm’n’blues, ancien de Sun, touche à tout truculent et ardent partisan de la lutte pour les droits civiques. Aidé de sa fille Carla, il offre ses premier succès au label qui s’appelle bientôt STAX (les deux premières lettres des noms des fondateurs).

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Estelle Axton et Jim Stewart, fondateurs de Stax.

 

Memphis est alors une ville profondément ségrégée. Le maire Crump monopolise le pouvoir municipal pendant près de quarante ans et maintient une ségrégation implacable sur la ville. Jusqu’en 1971, la municipalité préfère fermer les piscines en pleine canicule estivale, plutôt que de laisser Noirs et Blancs ensemble.

Or, au sein d’un Memphis cloisonné, un petit miracle ce produit, Stax constitue un havre de paix où la couleur de peau ne compte pas. Booker T. and the MG’s, la section rythmique maison qui joue sur la plupart des grands succès du label jusqu’en 1969 et qui lui donne son identité musicale se compose de deux Noirs (l’organiste Booket. T. Jones, le batteur Al Jackson) et deux Blancs (le guitariste Steve Cropper et le bassiste Donald Duck Dunn). Les musiciens vivent ensemble, travaillent ensemble, sans anicroches.

Les talents affluent rapidement à McLemore Avenue, notamment les jeunes noirs du quartier qui viennent tenter leur chance. Rapidement donc, Stax devient un label qui se spécialise dans une soul profondément marquée par les héritages du blues et du gospel. Une alchimie parfaite se créée entre la colossale section rythmique (surtout la batterie métronomique d’Al Jackson et les finesses de Cropper) et les cuivres incendiaires du Memphis Horn.

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Booker T. and the MG’s.

Le catalogue du Label devient impressionnant, puisque STAX compte dans ses rangs William Bell, le fantasque Rufus Thomas et  sa fille Carla, Sam and Dave, un duo infernal qui met le feu aux planches en concert, le trop méconnu Eddie Floyd, pourtant interprète du hit « knock on wood », Johnnie Taylor, le bluesman Albert King…

Surtout, STAX s’est trouvé un héros en la personne d’Otis Redding qui enchaîne les succès (« respect », « i’ve been loving you too long »), taillés sur mesure par deux compositeurs inspirés, David Porter et Isaac Hayes. Enfin, l’arrivée d’un deejay de Washington, Al Bell, commercial surdoué permet de faire de STAX une véritable usine à tube, qui fait de Memphis « Soulville USA », capable de rivaliser avecla Tamla Motown de Detroit, antre d’une soul plus sophistiquée.

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Otis Redding met le feu aux poudres à Monterey en 1967.

Plus rien ne semble pouvoir arrêter l’ascension fulgurante du label, qui parvient à conquérir les faveurs des auditeurs blancs. Otis Redding emporte d’ailleurs l’adhésion des foules du festival de Monterey, où il se produit en juillet 1967, devant un parterre pourtant peu familier de cette soul sudiste. Mais,  la disparition de Redding et de son groupe les Bar-Kays dans un accident d’avion en décembre 1967, ouvre une année noire pour le label. Le lâchage d’Atlantic, qui commercialisait les disques du label et détenait tous les droits des enregistrements de STAX, laisse celui-ci sur la paille.

Le contexte sociale pèse aussi de plus en plus sur la vie du label, dont les membres avaient l’habitude de se reposer dans le Lorraine Motel voisin. Martin Luther King, venu soutenir les éboueurs de la ville engagés dans une très longue grève, est assassiné dans ce même Lorraine Motel, le 4 avril 1968. Les émeutes qui suivent mettent le feu à la ville (à tous les sens du terme).
La Garde nationale et les tanks sillonnent Memphis.

 

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Manifestations dans Memphis après l’assassinat de  Martin Luther King.

Pour Al Bell, « l’impact de cet assassinat a été immense. Nous étions au cœur d’une communauté noire, une entreprise intégrée au sein d’une ville où les problèmes raciaux étaient à leur paroxysme ». L’assassinat jette des éléments de suspicion au sein du label et terni les relations entre Blancs et Noirs. Quelque chose se brise avec l’assassinat du Dr King. 

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Le doctor King vient d’être tué sur le balcon du Lorraine Motel. 

Jim Stewart s’efface progressivement au profit d’Al Bell qui entend rapprocher le label des combats des Afro-américains. Il remplace l’ancien logo par celui du « doigt qui claque », référence évidente au poing levé du Black Power. Il fait signer les Staple Singers, un groupe familial de gospel très engagé dans la lutte des Noirs et intimes de Martin Luther King. Il met en avant le chanteur compositeur Isaac Hayes, qui devient une véritable icône de la communauté afro-américaine, auteur de la bande origine du film blaxploitation Shaft (pour laquelle il reçoit un oscar) et « Black Moses » (le Moïse noir) pour les besoins d’un album.

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Isaac Hayes, le black Moses. 

 Avec Bell, STAX s’oriente dans de nouvelles directions (le cinéma, le sport), mais perd au passage une partie de son âme et ce développement tous azimut commence à peser dangereusement sur les finances du label. Les anciens quittent le navire : la co-fondatrice Estelle Axton, Booker T. and the MG’s explose, miné par des querelles intestines… Les ventes ne faiblissent pas pour autant et les nouvelles recrues tirent leur épingle du jeu : les Soul Children et leur soul sirupeuse, Luther Ingram, The Dramatics, The Emotions.

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Al Bell et Jesse Jackson lors du concert Wattstax.

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Rufus Thomas

Al Bell réussit enfin un gros coup en organisant dans un stade de Los Angeles, le festival Wattstax en 1972, véritable « Woodstock noir ». Sept ans plus tôt, le 11 août 1965, le quartier noir de Watts, au centre sud de L.A. s’était embrasé après un contrôle policier abusif. Après l’intervention de 15 000 hommes de la garde nationale, on compte 34 morts, plus de 1000 blessés et 4 000 arrestations.

Afin de commémorer ces événements douloureux et pour redonner de la fierté à une communauté noire éprouvée, Bell parvient à attirer 100 000 spectateurs au Los Angeles Coliseum (prix d’entrée 1 dollar).

Image de prévisualisation YouTube

 

Quelques moments forts émaillent ce festival, notamment le prêche ( « I am somebody » : « je suis quelqu’un » ) du révérend Jesse Jackson, fidèle de Luther King et futur candidat aux présidentielles américaines pour le parti démocrate ou encore la prestation irrésistible du « plus vielle adolescent du monde », le vétéran Rufus Thomas, tout de rose vêtu.

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STAX  fête ses cinquantes ans d’existence.

. La petite entreprise familiale des débuts cède la place à une grosse entreprise, difficile à gérer et de plus en plus mal fréquentée. Des caïds fréquentent bientôt le label et y dictent la loi. La mauvaise gestion et le lâchage du label par ses créanciers entraînent la fermeture en 1975. Le studio d’enregistrement, désaffecté, sera détruit quelques années plus tard. Mais en 2003, la municipalité de Memphis, flairant le bon coup, reconstruit à l’identique le studio transformé en musée de la soul. 

 Sources:

- « Sweet soul music » de Peter Guralnick.

- Le livret du DVD: »Stax, respect yourself_ Stax records story », sorti à l’occasion du cinquentnaire du label. - « Memphis, aux racines du rock et de la soul » de Florent Mazzoleni, au Castor Astral.

Une Réponse à “Stax et le triomphe du Memphis sound.”

  1. loli dit :

    j ‘aime bien c ‘ette muisique elle me fais danser j’adore je lai decouver quans j’aitter petite.

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