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La RDA sous l’emprise de la STASI.

Posté par bricabraque le 4 janvier 2008

La RDA sous l'emprise de la STASI. dans approfondir abgefuehrter

Des officiers de la Stasi à l’oeuvre.

Dès sa création en février 1850, le ministère de la sécurité d’Etat de l’Allemagne de l’Est exerce une surveillance étroite de la population, et ce jusqu’à la chute du mur de Berlin, en 1989. Elle constitue l’instrument essentiel du pouvoir dictatorial du Parti socialiste unifié d’Allemagne (le PC de la RDA).

Un embryon de police politique est mis en place dès 1946, le K5, sur le modèle du NKVD (la police politique soviétique jusqu’en 1954). Ses membres intègrent le ministère de la sécurité nationale lors de sa création. Les dirigeants de ce ministère, membres du PC durant l’entre-deux-guerres, furent marqués par la clandestinité et sont familiarisés avec les techniques du renseignement et du sabotage qui leurs ont permis de sortir vivants de la période nazie.

180px-Berlin_Stasi_Normannenstrasse_2005 dans Modèle soviétique/démocraties populaires Quartier général de la Stasi à Berlin-est.

La répression de toute opposition s’abat dès la création de la RDA et touche toutes les personnes susceptibles de conspirer, d’espionner ou tout simplement de s’opposer à l’emprise du PC sur le pays. Le parti, lui-même est épuré de ses membres les plus remuants. Entre 1952 et 1953, près de 10 000 personnes auraient été arrêtées et condamnées à des peines de prison. La Stasi se spécialise aussi dans l’enlèvement d’Est Allemands, réfugiés en RFA, critiques vis-à-vis du régime.

Les méthodes utilisées par la police politique n’ont rien de très originales, mais s’avèrent redoutables :

-          conditions de détention très rigoureuses (isolement absolu, tortures), afin d’obtenir des « aveux » sur des complots imaginaires.

-          Les assassinats politiques restent exceptionnels, mais la violence d’Etat existe. Des centaines d’Est-Allemands sont exécutés alors qu’ils tentent de franchir le mur de Berlin après 1961.

-          Recours à la propagande.

-          Identification des milieux à risque (intellectuels et étudiants, services de sécurités…).

-    Surveillance grâce à des moyens variés: ouverture du courrier, écoutes téléphoniques, appartements placés sous écoutes, filatures…

Progressivement, la répression se ralentit, pour laisser plus de place à la prévention. Les emprisonnements politiques se réduisent, les conditions de détention se transforment. Les violences physiques cèdent la place à des techniques plus élaborées qui visent à déstabiliser psychologiquement l’adversaire.  Les directives du Ministère de la Sécurité d’Etat invitent ainsi à « décomposer les âmes » de tout sujet « indiscipliné ». La Stasi diffuse des rumeurs, des calomnies sur les sujets visés, organisent des infractions, afin de les isoler du reste du corps social et les inciter à cesser toute activité d’opposition (aspects très bien mis en avant dans le film La vie des autres).

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Le héros du film La vie des autres, officier modèle de la Stasi soudain en proie au doute.

Pour mener à bien ce contrôle sur la société, la Stasi se dote d’un dense réseau d’informateurs, de « collaborateurs officieux » (membres du SED, jeunes qui financent ainsi leurs études, individus en quête de gratifications et d’avantages matériels). Ils permettent une infiltration exceptionnelle de la société. En RDA, où le niveau d’encadrement de la population est exceptionnel, on compte 1 indicateur de la Stasi pour 1000 habitants. Le fichage des suspects concerne 4 millions d’individus, près du quart de la population.

 Qui surveille-t-on ? Le milieu des opposants, les institutions stratégiques comme le personnel de l’armée et de la police, les organes du parti, les membres des ministères, les cadres économiques en RDA, les délégations est-allemandes à l’étranger. La surveillance ne se limite pas aux opposants politiques déclarés, mais affecte tout individu au comportement suspect aux yeux du régime. Tout comportement qui s’écarte de la norme définie par le SED est condamnable. Les jeunes aux cheveux longs, attirés par le rock font ainsi l’objet de l’attention des autorités.

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L’ancien ministre de la Sécurité d’Etat de la RDA, Erich Mielke.

Malgré tout,
la Stasi éprouve des difficultés à anticiper les contestations qui peuvent se faire jour (les émeutes ouvrières de 1953), elle n’est pas parvenu non plus à éradiquer l’opposition politique, qui se structure au cours des 1980’s. Surtout, sans l’appui du grand frère soviétique,
la Stasi et les autorités de
la RDA ne peuvent pas empêcher le délitement du régime, précipité par les gigantesques manifestations de l’année 1989, qui aboutissent à la destruction du mur de Berlin.

Cette surveillance de tous les instants distille un climat de peur, qui incite à la plus grande prudence et pousse au mutisme. Au bout du compte, cette traque de tout comportement déviant entraîne la sclérose de toute la société est-allemande. Le harcèlement moral et psychologique affecte tous les rapports sociaux dans la mesure où personne n’est à l’abris de poursuites et surtout les indicateurs peuvent être vos proches (dans le couple, le voisinage…).

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Les copieuses archives de la Stasi. 

Si le nombre de victimes directes des services de sécurité semble assez limité. Il n’empêche que les autorités n’hésitent pas à tuer ceux qui entendent fuir le régime (190 fuyards ont été tués sur le mur de Berlin).

Afin de poursuivre les responsables de cette surveillance, les populations est-allemandes se précipitent vers les locaux occupés par la Stasi afin d’empêcher la destruction des archives dès le lendemain de la chute du mur.  

Sources:

- Article de Sandrine Kott:  »Comment la Stasi à mis la RDA sous surveillance », L’histoire n°317, février 2007.

- Article de Stéphane Courtois: »La terreur peut être douce », L’histoire n°324, octobre 2007.

Liens:

- Un dossier d’Arte consacré à la Stasi.

- Le site du musée de la Stasi, en allemand.

- Un article de Libération consacré aux archives de la Stasi.

- Un point sur le SED (le PC de l’ex-RDA).

- L’article de Wikipédia sur La vie des autres et le dossier de Zéro de conduite consacré au film, avec dossier d’accompagnement pédagogique très bien fait. Une interview du réalisateur Florian Henckel.

Une Réponse à “La RDA sous l’emprise de la STASI.”

  1. Diem Basile dit :

    « Dès sa création en février 1850, le ministère de la sécurité d’Etat de l’Allemagne de l’Est, [...] »
    le ministère de la sécurité d’Allemagne de l’Est a été crée en février 1950, sauf erreur. À part ça, merci pour l’article.

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