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L’histoire des Afro-américains en musique (1ère partie: Negro Spirituals et blues).

Posté par bricabraque le 10 janvier 2008

La musique populaire américaine, plongée dans un contexte précis, aborde très souvent les thèmes d’actualités, ce qui permet ainsi de se plonger dans l’histoire d’une population. Nous allons ici nous intéresser à l’histoire des luttes des Afro-américains par le biais des chansons.

Negro Spirituals et blues :

L'histoire des Afro-américains en musique (1ère partie: Negro Spirituals et blues). dans L'HISTGEOBOX / musique et politique ae36

* L’Eglise joue un rôle essentiel dans le processus de construction communautaire (l’Eglise baptiste en particulier). Cette foi des Noirs trouve à s’exprimer dans une forme musicale nouvelle, très originale : les negro spirituals. Les Negro spirituals ont pour thèmes la résemption, le triomphe de l’espoir sur la misère et la délivrance. Ces chants reflètent la foi profonde des Afro-américains et renferment parfois des messages cachés de résistance, que la plupart des maîtres d’esclaves ne peuvent pas comprendre, à l’instar d’un negro spiritual traditionnel du XIXème siècle, Go down Moses, qui évoque le triste sort des Hébreux, réduits en esclavages en Egypte et leur quête de liberté ( parrallèle avec la situation des esclaves noirs). « When I was in Egypt land/let my people go/oppressed so hard they could not stand/let my people go ».

Afin de s’exprimer sans risques, les esclaves noirs américains se dotent, au début du XIXème siècle, de tout un jargon de métaphores, incompréhensibles des maîtres blancs. De nombreuses chansons, hermétiques pour ces derniers, circulent de plantations en plantations (underground railroad).

robeson-photo dans Racisme / Ségrégation EU

Paul Robeson.

Paul Robeson, grand interprète de Negro Spirituals et artiste aux nombreux talents, consacre son existence à la lutte contre le racisme et les inégalités sociales. Adhérent du parti communiste, très impliqué dans la lutte pour les droits civiques et le combat syndical, il fait l’objet de toutes les attentions de la part des autorités. Il s’attire notamment les foudres de McCarthy. Son passeport lui est même retiré et tout est mis en œuvre pour briser sa carrière.

* Les esclaves qui cultivent les champs de cotons chantent fréquemment afin de se donner du coeur à l’ouvrage ou pour communiquer entre eux. Ces worksongs, chants de travail, donnent naissance à des ballades du folklore noir comme John Henry, l’histoire d’un noir robuste qui travaille sur les chemins de fer et se tue à la tâche pour rivaliser avec un marteau piqueur.

Le blues exprime, quant à lui, la profonde tristesse des Afro-américains, liée à la dureté des conditions d’existence de l’immense majorité d’entre eux. Les thèmes abordés tournent principalement autour des tracas de la vie quotidienne : travail harassant, amours contrariés, pauvreté… Le genre, qui donne un point de vue individuel, à la différence du gospel, ne s’interdit pourtant pas d’aborder des sujets sociaux plus vastes :

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Le Mississippi en crue.

- les catastrophes naturelles qui affectent à intervalle régulier le vieux sud : le sublime Tupelo de John Lee Hooker revient sur les crues du Mississippi en 1927, qui entraînent de nombreuses noyades. Le High water blues de Charley Patton décrit aussi ces innondations dévastatrices. Parolier de grand talent, cet homme à la voix et au jeu de guitare rugueux dépeint dans ses blues les conditions de vie particulièrement éprouvantes dans le delta du Mississippi. Son Dry well blues évoque ainsi la sécheresse qui sévit souvent l’été.

Image de prévisualisation YouTube

- Patton relate les ravages provoqués par l’invasion d’insectes, les charançons, dans les champs de coton : Mississippi Boll weewil blues.

Le blues prend vraiment forme à l’aube du XXème siècle. Il s’épanouit surtout dans le vieux sud, notamment le delta du Mississippi. C’est la raison pour laquelle, on parle d’abord de blues rural, avant tout accoustique.

Mais dès l’entre-deux-guerres, le blues se diffuse avec les départs massifs des Noirs vers les grands centres urbains du Nord, Chicago et Détroit en particulier. Le genre s’électrifie et ses thèmes, dans un environnement nouveau, évoluent logiquement : Lightnin’ Hopkins compose un T-Model blues faisant référence à la voiture vedette des usines Ford de Detroit.

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Lightnin’ Hopkins.

Des prises de position politique directes restent rares dans le monde du blues. Néanmoins, dès les années 1930, des chansons dénoncent le racisme et les discriminations dont sont victimes les Noirs :

- Chant de protestation comme le « bourgeois blues » de Leadbelly (« ventre de plomb »), qui revient sur le racisme ordinaire : « Les Blancs de Washington savent y faire/ ils s’amusent à jeter des pièces par terre pour voir les nègres les ramasser ».

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Woody Guthrie et Leadbelly font les beaux jours de Greenwich village dans les années 1930 (pour en savoir plus).

- Certains thèmes ouvertement politiques sont parfois évoqués directement, à l’instar du Black brown and white de Big Bill Broonzy. Le refrain dénonce les discriminations : « Si tu es blanc, ça va/ si tu es beige, passe encore/ mais si tu es noir, dégage ! ». Dans le dernier couplet, l’auteur se demande: « quand en finira-t-on avec Jim Crow ? » ( du nom des lois adoptées après la guerre de Sécession dans les Etats du sud des EU restreignant les droits des esclaves fraîchement affranchis et entérinant la ségrégation dans les lieux publics).

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Billie Holiday. Les lynchages restent fréquents au début du XXème siècle dans le sud des EU.

- Réquisitoire puissant contre les lynchages, qui restent fréquents dans le sud des Etats-Unis (plus de 3800 personnes entre 1889 et 1940 selon le Tuskegee institute), dans le « Strange fruit », interprété par Billie Holiday.

Cette chanson fut inspirée à Abel Meeropool, un enseignant juif du Bronx, membre du parti communiste, après avoir vu des photos de lynchages. L’ « étrange fruit » qui pend de l’arbre dans la chanson, n’est autre que le corps d’un malheureux noir pendu.

Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze


Strange fruit hanging from the poplar trees Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles,
Du sang aux racines,
Un corps noir se balançant dans la brise du Sud,
Etrange fruit pendant aux peupliers.
- Blind Blake, guitariste aveugle exceptionnel, devient très populaire grâce à ses enregistrements dans les années 1920. Son Police dog blues dénonce les violences policières, tandis qu’il revient sur les lynchages dans le Rope strechting blues.

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JB Lenoir.

 

Dans les années 1960, J. B. Lenoir, déjà évoqué ici, multiplie les blues poignants et engagés. Il se fait le chroniqueur impitoyable d’une Amérique brutale. Tous les thèmes y passent : dénonciation des guerres menées par son pays (« Korea blues », « Vietnam blues ») ; critiques ouvertes à l’encontre du pouvoir en place (« Eisenhower blues »), le racisme virulent qui sévit dans le vieux sud : Down in Mississippi (1966), Alabama song (1965).

Dans cette chanson, il ne mâche pas ses mots et affirme :

« I never will go back to Alabama, that is not the place for me/ you know they killed my sister and my brother/ and the whole world let them peoples go down therre free.”

James Meredith vient d’être touché lors de sa marche pacifique.

Son Shot on James Meredith revient sur un épisode clef de la lutte pour les droits civiques. James Meredith est le premier étudiant noir à fréquenter l’université d’Oxford en septembre 1962, après un combat de hautes luttes. En 1966, alors qu’il entame une marche pacifique pour le droit de vote des noirs dans le Mississippi, il est blessé par balle le 6juin. Le lendemain, Martin Luther King (MLK) et les dirigeants d’autres organisations militantes décident de continuer la marche. Ils parcourent pendant trois semaines l’Etat et réussissent à faire inscrire près de 30 000 noirs sur les listes électorales. Le 25 juin, ils sont 15 000 à rallier Jackson, capitale de l’Etat.

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Stokely Carmichael.

Cette « marche de la peur » consacre aussi les divergences entre les leaders de la lutte en faveur des noirs. Si MLK persiste dans sa stratégie non-violente, Stokely Carmichael, à la tête du SNCC, esquisse sa stratégie de lutte raciale pour la prise de pouvoir (Black power). Il considère que désormais les Blancs progressistes n’ont plus leur place dans ce type de manifestations.

 

Lien:

- « Un rapide historique de la musique afro-américaine » sur le BLOG L’HISTOIRE – GÉOGRAPHIE À VINCI (LYCÉE DE SOISSONS 02).

4 Réponses à “L’histoire des Afro-américains en musique (1ère partie: Negro Spirituals et blues).”

  1. samuel sautejeau dit :

    Cher collègue, bravo pour le travail très complet réalisé à chaque article de ce blog… J’ajoute sur le blog l’histoire géographie à Vinci un lien vers cet article sur l’histoire des afro-américains en musique pour compléter celui plus modeste que j’ai réalisé.

  2. Ines dit :

    salut, je trouve que la photo où l’homme se fait toucher par une balle est horible, le pauvre tipe !!

  3. Sébastien dit :

    Nous souhaiterions avoir des chants Gospel pour notre mariage prévu pour le 22 Août 2009 à Réaumur en Vendée. Est-ce que vous animés des messes de mariage ? si oui quel sont vos tarifs ?
    dans l’attente de votre réponse veuillez agréer nos salutations distinguées

  4. bricabraque dit :

    Bonjour,

    Vraiment navré, il y a méprise. Si vous souhaitez avoir un mariage ensoleillé, mieux vaut que je ne vienne pas. En fait, je suis un piètre chanteur. Désolé. Bonne préparation quand même.

    J.B.

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