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La guerre d’Algérie.

Posté par bricabraque le 19 janvier 2008

La guerre d’Algérie.  dans Afrique

Arrestations durant la bataille d’Alger.

De nombreux liens vers les archives de l’INA consacrés à la guerre d’Algérie en cliquant sur les groupes de mots en couleur.

La présence française en Algérie remonte à 1830. Il s’agit d’une colonie très particulière aux yeux de la métropole :

- c’est la seule colonie de peuplement de l’Empire français. Une population d’origine européenne, les pieds noirs, y vit, 1 millions de personnes, pour 8 millions d’arabes et de berbères.

- son territoire est divisé en trois département, directement rattachés à la métropole.

* Mais, pas plus qu’ailleurs, les autochtones n’ont de droits et les inégalités sociales et économiques y sont énormes.

   Le nationalisme algérien se développe tardivement, en raison de l’ancienneté de la colonisation d’un territoire qui ne fut jamais indépendant. Entre les deux guerres, il est balbutiant. La seconde guerre mondiale accélère le développement du sentiment national. Les Américains, présents sur place, encouragent les mouvements nationalistes.

D’autres influences jouent un rôle non négligeable dans l’essor du mouvement au lendemain du conflit: l’islam représente un élément fédérateur et identitaire clef, l’ONU devient une tribune remarquée pour les nationalistes algériens, enfin les pays arabes voisins attisent aussi le feu sous la cendre.Les massacres de Sétif, le 8mai 1945 représentent une prise de conscience fondatrice. Après 1945, les mouvements se structurent: à l’Union Du Manifeste Algérien (UDMA) de Ferrhat Abbas, succède le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) de Messali Hadj. C’est à partir de ce groupe que se constitue, par scission, le Front de Libération Nationale (FLN), créé en 1954 par de jeunes hommes (Ahmed Ben Bella, Krim Belkacem, Hocine Aït Ahmed, Mohammed Boudiaf, etc.).

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Les chefs historiques du FLN. 

La guerre éclate à la Toussaint 1954 (« la Toussaint rouge). Le FLN se signale par des attentats et une action de guérilla. Elle s’amplifie de 1955 à 1956. Le président du conseil Edgar Faure y envoie le contingent en 1955.  Son successeur, Guy Mollet, élu pour faire la paix en Algérie, enfonce en fait  le pays dans la guerre et couvre les exactions de l’armée, sous couvert de « pacification ». L’armée gagne la « bataille d’Alger » en utilisant la torture. Gangrenée par l’extrême droite, elle bafoue le droit international (arraisonnement de l’avion de Ben Bella en 1956, bombardement de Sakhiet en 1958).

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Le lieutenant Le Pen participe activement à la bataille d’Alger.  

  La France est rongée par le cancer algérien (1957-58).

- Elle affronte une grave crise morale face à l’emploi de la torture d’une part et, de l’autre, à l’action des « porteurs de valises ».  - Le coût de la guerre est énorme : financier et économique, moral, international (le pays est régulièrement condamné par l’ONU).  * L’impuissance politique est totale : dès qu’un gouvernement aborde la question, il tombe ! De mai 1957 à mai 1958, 4 gouvernements se succèdent. Le 13 mai 1958, doit être investi par l’Assemblée nationale le gouvernment de Pierre Pflimlin, réputé favorable à des négociations en Algérie. A Alger, les Pieds Noirs et les partisans de l’Algérie française, aidés par l’armée qui aurait dû les en empêcher, créent un Comité de Salut Public et prennent d’assaut les bâtiments officiels. La foule acclame très vite … de Gaulle!!! Ce dernier et ses partisans, au courant de la tentative d’insubordination, deviennent le recours. Le 13 mai et les conditions de l’arrivée au pouvoir de De Gaulle sont, aujourd’hui encore, l’objet d’une polémique et de diverses interprétations. Le 1er juin 1958, le général devient le Président du Conseil et son gouvernement est investi par l’Assemblée, qui l’autorise à préparer une nouvelle constitution. La IVème République vit ses derniers jours.    algerie-de_Gaulle1958 dans TCFE Manifestation de pieds noirs à Alger le 23 mai 1958, les portraits de De Gaulle sont brandis.

* De Gaulle mène politique opportuniste. Logiquement appelé par les partisans de l’Algérie française. Dès son investiture, il va à Alger (« je vous ai compris ») et lance un programme de réformes (plan de Constantine). Pendant un an, il se mure dans le silence et, en septembre 1959, il se prononce pour l’autodétermination du peuple algérien. Les partisans de l’Algérie française se sentent trahis et, dès lors, la guerre devient une guerre à trois…   

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* La guerre à trois : le FLN et les « porteurs de valise », le pouvoir, les partisans de l’ « Algérie française » : pieds noirs (et après 1961, l’OAS) et une partie de l’armée. Ces derniers fomentent 2 rébellions : la « semaine des barricades » en janvier1960 ; le « putsch des généraux » en avril 1961, qui, mal préparé, échoue grâce à la poigne de DG et à la fidélité des appelés du contingent. 

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Le « putsch des généraux » en avril 1961.

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Une manifestation organisée par le PCF est réprimée impitoyablement par les forces de l’ordre sous l’autorité de Maurice Papon. Au niveau du métro Charonne, huit manifestants ne se reléveront pas.

  * La guerre justifie un net recul des libertés: l’article 16, appliqué lors du putsch; censure, manifestations interdites, police musclée, ratonnades d’octobre 1961 et rôle de M. Papon, Charonne (février 1962).  

  * Il faut terminer la guerre: la 1ère conférence d’Evian (mai 1961) échoue, mais pas la 2ème : elle aboutit aux accords d’Evian (le 18 mars 1962).Les accords : cessez-le-feu ; garanties pour les Européens ; droits français sur les hydrocarbures algériens pendant 5 ans ; bases militaires pour 3 ans.  Le 3 juillet 1962, l’indépendance de l’Algérie est proclamée par le FLN et son bras armé l’Armée Nationale de Libération (ALN). L’accès à l’indépendance se déroule dans un climat de violence : les pieds noirs sont contraints au départ vers la France, tandis que nombre de Harkis, des soldats algériens combattants dans l’armée française, sont massacrés. Ben Bella devient Président de la République, mais il est renversé en 1965 par un coup d’Etat militaire qui place au pouvoir le chef de l’ALN, Houari Boumediene.  

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Scènes de liesse à Alger après la signature des accords d’Evian.

Le bilan du conflit s’avère très lourd : près de 500 000 victimes côté algérien pour 25 000 soldats français, des milliers de Harkis massacrés. L’économie algérienne est profondément désorganisée par la guerre (destruction d’infrastructures, cultures anéanties) et le départ des pieds-noirs qui détenaient les postes clefs.

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Les impacts de balles sur la DS présidentielle après l’attentat du Petit Clamart, le 22 août 1962.

La révision institutionnelle de 1962 en France est aussi une conséquence de la guerre d’Algérie. L’OAS poursuit DG de sa haine et multiplie les attentats. L’un d’eux, l’attentat du Petit  Clamart (août 1962), faillit lui être fatal. DG a peur que le régime qu’il a créé soit moins légitime s’il meurt. Il propose alors l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, pour qu’il soit l’élu du peuple. Mais les parlementaires, dépossédés d’une de leurs prérogatives, refusent et mettent en minorité le gouvernement (vote d’une motion de censure, droite et gauche confondues). DG dissout l’Assemblée nationale et oblige les députés à défendre son projet :  élections de 1962 ; referendum. 

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Le 20 septembre, une assemblée constituante investit le gouvernement dirigé par un des fondateurs du FLN, Ahmed Ben Bella. La constitution de 1963 instaure le parti unique (le FLN). Désormais, l’armée arbitre la vie politique, fait et défait les prétendants au pouvoir, souvent issus de ses rangs. Le colonel Boumediene renverse Ben Bella et accapare le pouvoir de 1965 à 1978, avant d’être chassé à son tour par le colonel Chadli (1978-1992).

Liens:

- Des pistes sur le site des Rendez-vous de l’histoire 2002.  

- Le récit instructif d’un ancien d’Algérie ayant servi sous les drapeaux, de 1955 à 1957.

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1949: l’Indonésie accède à l’indépendance.

Posté par bricabraque le 16 janvier 2008

1949: l'Indonésie accède à l'indépendance. dans approfondir indonesian_delegate_united_nations 

Une délégation d’Indonésiens à l’ONU en 1947.

Les Japonais font la conquête de l’Indonésie en 1942, territoire contrôlé depuis le XVIIème siècle par les Néerlandais. Aussitôt ils proscrivent les langues occidentales et lancent une intense propagande anti-occidentale. Les leaders nationalistes Hatta et Sukarno sont libérés. Ce dernier est le fondateur du parti nationaliste indonésien (1927), emprisonné par les Néerlandais depuis 1933.

Cette stratégie nippone vise avant tout à rallier les Indonésiens, les inciter à collaborer. Mais, rapidement, face au pillage économique de l’archipel par les Japonais, les premiers heurts interviennent. Alors que le Japon a capitulé, Sukarno proclame l’indépendance de l’Indonésie, le 17 août 1945. Les Indonésiens s’emparent des postes clefs, promulguent une constitution. Ils entendent ainsi construire un Etat avant le retour probable des Néerlandais.

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Sukarno.

Les Anglais débarquent dans l’archipel le 16 septembre 1945, avec les Néerlandais à leur suite. Les affrontements se multiplient et les Hollandais rétablissement leur autorité partout où ils le peuvent. Les Anglais se retirent rapidement de ce guêpier, tandis que les Etats-Unis font pression sur les Néerlandais afin qu’ils ne s’engagent pas dans un processus de recolonisation.

Les Hollandais doivent transiger. Ils proposent la création d’un Commonwealth indonésien. Un accord de novembre 1946 donne naissance à une fédération batavo-indonésienne dont le chef serait la reine des Pays-Bas. Cette formule fédérale est retenue, les Hollandais espérant ainsi diviser pour mieux régner.

 Aux Pays-Bas, cette décision ne passe pas. Les lobbys conservateurs favorables à la colonisation s’insurgent face à ce qu’ils considèrent comme une reculade pitoyable. Le 21 juillet 1947, les troupes néerlandaises lancent une offensive pour reconquérir l’archipel. Un cessez-le-feu intervient le 3 août. L’Indonésie est sous contrôle.

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Sukarno et Marilyn Monroe en 1962.

Pendant près de deux ans (1947-1949), les Néerlandais tentent de s’imposer, quitte à utiliser la force face à une population majoritairement hostile. La pression internationale pèse alors de tout son poids :

- l’ONU, qui condamne le colonialisme dans sa charte, dénonce l’attitude des Pays-Bas.

- Les EU, première colonie à accéder à l’indépendance, menacent de refuser l’aide matérielle du plan Marshall en cas d’entêtement néerlandais.

- L’URSS condamne par principe l’impérialisme capitaliste et occidental.

- De nombreux pays asiatiques boycottent les Pays-Bas par solidarité avec les Indonésiens.

Dans le même temps, la guérilla sévit avec rage. Les Néerlandais doivent négocier. Un accord, signé à La Haye  le 23 août 1949, reconnaît l’indépendance des Indes néerlandaises orientales.

Lien:

- une biographie de Sukarno sur le blog de Jérôme Picq.

- la création des Etats-Unis d’Indonésie, par World Perspective monde.

Publié dans approfondir, décolonisations, notions et définitions, TCFE | 2 Commentaires »

Qu’on se le dise…

Posté par bricabraque le 15 janvier 2008

Qu'on se le dise... dans L'HISTGEOBOX / musique et politique rodchenko 

Du nouveau, avec la mise en place d’un blog communautaire consacré à la littérature, la bande-dessinée, le cinéma, la musique, la peinture, tout cela en rapport avec les programmes scolaires du lycée.

Trois collègues qui tiennent d’excellents blogs, auxquels il est souvent fait référence ici, participent à l’aventure: M. Augris à l’initiative du blog, M. Diedrich, M. Tribouilloy et votre serviteur.

Désormais, les articles consacrés à la musique ou au cinéma seront publiés sur « Lire-écouter-voir« . Venez nombreux.

Publié dans L'HISTGEOBOX / musique et politique, Liens, Lire-écouter-voir. | Pas de Commentaire »

L’histoire des Afro-américains en musique (3ème partie: blues et folk).

Posté par bricabraque le 14 janvier 2008

 L'histoire des Afro-américains en musique (3ème partie: blues et folk). dans L'HISTGEOBOX / musique et politique tulsa_l

Photos prises lors des émeutes de Tulsa, en 1921.

Les conditions d’existence restent très difficiles dans les campagnes du sud profond. L’esclavage a disparu, mais les rapports inégalitaires entres les métayers noirs et les propriétaires terriens blancs continuent de rendre les rapports interraciaux  difficiles. Les Afro-américains prennent rapidement l’habitude d’utiliser un terme générique pour désigner le Blanc, particulièrement le patron, le propriétaire, celui qui opprime ses « noirs »: il devient Mr Charlie. Lightnin’Hopkins multiplie les blues consacrés au cruel Mr Charlie.

 dans Racisme / Ségrégation EU

Big Bill Broonzy.

La misère, le racisme institutionnalisé incitent de nombreux Noirs à fuir le sud profond. Big Bill Broonzy quitte l’Arkansas en 1920 pour Chicago. Il explique : « la vraie raison de mon départ, c’est que je ne supportais plus la ségrégation. Quand j’étais à l’armée, j’étais un homme comme les autres ». Or, de retour en Arkansas en 1919, après la grande guerre, un blanc du village lui ordonne de quitter ses vêtements militaires : « aucun nègre ne porte l’uniforme de l’oncle Sam » lui lance-t-il.

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Les migrations massives d’Afro-américains qui fuient la misère des Etats du Sud pour gagner les grandes métropoles du Nord.

Or, cette attitude hostile à l’encontre des Noirs de retour d’Europe fut très fréquente, pas seulement dans le Sud. Une vague de violences racistes et d’émeutes anti-Noirs sévit tout au long de l’été 1919, l « été rouge » (38 morts à Chicago par exemple). Dans la petite ville de Tulsa (Oklahoma), le 31 mai 1921, une foule de 10 000 Blancs, parmi lesquels on compte des centaines de policiers, s’en prend aux habitants noirs de la ville. Le quartier de Glenwood, connu sous le nom de « Wall street noir », en raison de sa belle réussite économique et culturelle, est détruit. 6000 noirs sont arrêtés, 9000 se trouvent à la rue après la destruction de 1200 maisons, près de 300 Noirs auraient été tués (enterrés dans des fosses communes ou jetés dans l’Arkansas). 

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Le South side Chicago, dans les années 1930.

Comme Broonzy, ils sont des milliers à prendre la route en direction des grandes métropoles industrialisées du nord, dans l’espoir d’une vie meilleure. Ainsi, le légendaire Robert Johnson (il aurait vendu son âme au diable en échange de ses dons de guitaristes) compose son Sweet home Chicago. La désillusion est grande la plupart du temps. La ségrégation socio spatiale sévit de fait dans le nord aussi. Des quartiers exclusivement noirs se constituent. Ils deviennent des ghettos délaissés par les populations qui ont les moyens de s’installer ailleurs. 

Dans le South side de Chicago, une nouvelle scène blues se constitue. Le Chicago blues, urbain et électrifié, se joue dans les clubs enfumés et mal fréquentés du South side. Quelques grandes figures deviennent très populaires à la fin des années 1940 et au début des années 1950 : 

 - Muddy Waters (« eaux boueuses») est le chef de file. Les Rolling stones doivent leur nom à un blues de Muddy Water.  - Howlin’ Wolf (« loup hurlant ») au blues saturé et énergique ; l’harmoniciste Little Walter, le compositeur Willie Dixon… Tous évoquent dans leurs titres la vie sordide des quartiers difficiles. Ci-dessous Big Mama Thornton interprète Hound

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* Le mouvement folk s’engage pour les droits civiques.

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Martin Luther King (MLK), Pete Seeger, Charis Horton, Rosa Parks, Ralph Abernathy en 1957, dans le Mississippi.

A la mort de Woody Guthrie, Pete Seeger reprend le flambeau et poursuit l’œuvre engagée de son aîné. Il s’implique très tôt dans la lutte pour les droits civiques.  Ce chanteur de folk-songs, auteur de chansons et militant politique, devient vite une légende. Il reprend un vieux spiritual « We shall overcome » (nous vaincrons). Sa version devient l’hymne des droits civiques entonné lors de la marche de Washington en 1963. D’autres artistes folk participent aussi à cette grande marche pacifique, couronnée par le discours du doctor King : Peter, Paul and Mary interprètent le Blowin’ in the wind de Dylan; Joan Baez ; Bob Dylan.

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Quelques uns des principaux artistes de la scène folk engagée: Peter Paul and Mary, Joan Baez, Bob Dylan, les Freedom singers, Pete Seeger et Theodore Bikel, lors du festival de Newport, en 1963.

Tous soutiennent la stratégie de lutte pacifique menée par les mouvements des droits civiques (SCLC: Southern Christian Leadership Conference du dr King, SNCC: Le Student Nonviolent Coordinating Committee, CORE: Congress for Racial Equality). Ces organisations font du Mississippi, le centre d’une activité politique intense, 7% seulement des Noirs y sont inscrits sur les listes électorales en 1962. Ces organisations multiplient les actions pacifiques dans les Etats du Sud: sit-in, boycott, marches pacifiques, inscriptions d’électeurs noirs sur les registres électoraux comme le prévoit la loi.

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En mai 1963, Dylan et Seeger se rendent à Greenwood afin d’inscrire les populations noires sur les registres électoraux. Dylan y chante Only a pawn in their game, le récit de l’assassinat d’un militant des droits civiques, Medgar Evers. Il évoque aussi son assassin: 

 And he’s taught how to walk in a pack  / Shoot in the back / With his fist in a clinch
To hang and to lynch / To hide ‘neath the hood / To kill with no pain
Like a dog on a chain / He ain’t got no name / But it ain’t him to blame
He’s only a pawn in their game. 

Et on lui apprend comment marcher en bande /A tirer dans le dos / Avec les poings serrés
A pendre et à lyncher / A se cacher derrière la cagoule / A tuer sans remords 
Comme un chien enchaîné /
 Il n’a pas de nom / Mais on ne peut pas lui reprocher
Il n’est rien qu’un pion dans leur jeu.
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Dylan avec des militants du SNCC, Grennwood (Mississippi) en 1963.

 Pendant l’été de la liberté, en 1964, ces organisations recrutent des étudiants (beaucoup de jeunes blancs notamment) volontaires afin de mener une campagne massive d’inscriptions d’électeurs dans l’Etat. Seeger est encore une fois de la partie et entonne à de nombreuses reprises We shall overcome accompagné de son seul banjo.

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We shall overcome, we shall overcome / we shall overcome someday / Oh! Deep in my heart, I do believe / we shall overcome someday. 

Nous vaincrons (2X) / un jour nous vaincrons / Oh! Au fond de moi je le crois / un jour nous vaincrons.

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Les autorités américaines ont une méthode infaillible pour déconsidérer un adversaire: il l’accuse de communisme. Lors de cette réunion dans une école du Mississippi (1967), la présence d’un membre avéré du particommuniste permet d’avancer que toute l’audience est communiste. On distingue MLK au premier plan. Seeger se trouve à l’extrême gauche de la photo).

Cet engagement de tous les instants vaut à Seeger, mais aussi à tous les artistes qui soutiennent un peu trop activement les mouvements pour les droits civiques (Jane Fonda, Marlon Brando, Jean Seberg…), des ennuis avec les autorités. En 1955, il est convoqué devant le Comité des activités anti-américaines. Condamné par le Congrès à de prison pour outrage à magistrat, il est libéré quelques mois après, mais son envie de poursuivre son œuvre courageuse, intacte.

* Deux courants musicaux dont l’audience faiblit.

A partir de la fin des années 1950, le public noir se détourne du blues. Les jeunes reprochent aux bluesmen leur manque de combativité, leur soumission. Les thèmes abordés par le blues expliquent en partie cette évolution. Pour l’auditoire, le rappel des souffrances n’apporte rien. Ils se tournent donc vers d’autres genres musicaux plus revendicatifs comme la soul music.

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Seeger lors du freedom summer (août 1964), dans le Mississippi.

Le mouvement folk s’effrite également. Certes, Joan Baez continue de dénoncer les injustices partout dans le monde, mais la plupart des autres artistes folks ne jouissent que d’une audience limitée et ils sont vite supplantés par le rock’n'roll naissant. A partir du milieu des années soixante, Dylan lui-même, lassé d’être cantonné dans son rôle de chanteur militant, se tourne vers le rock. Au festival folk de Newport, en 1965, il provoque l’ire de l’auditoire en branchant sa guitare.

Liens:  

- Un article intéressant de L’Express sur le Folk. 

- Le très bel article réalisé par deux élèves (Cécile Rolland et Loïc Rebaodo) de M. Tribouilloy sur son très bon blog. L’analyse des stratégies uiltisées par le FBI pour déconsidéré le dr Kink sont particulièrement intéressantes.

Publié dans L'HISTGEOBOX / musique et politique, Racisme / Ségrégation EU | 1 Commentaire »

L’histoire des Afro-américains en musique (2ème partie: blues et folk).

Posté par bricabraque le 12 janvier 2008

L’histoire des Afro-américains en musique (2ème partie: blues et folk). dans L'HISTGEOBOX / musique et politique okeh 

La ségrégation sévit jusque dans l’industrie musicale, puisqu’une distinction s’opère avec les premiers enregistrements de blues. Les disques de musique noire sont classés sous la dénomination de race records, destinés aux gens de couleur. Les enregistrements de blues sont nombreux dans les années 1920, jusqu’au krach boursier de 1929. A partir de cette date, l’industrie du disque s’effondre. Le Nobody knows you when you’re down and out de Bessie Smith reflète le marasme qui affecte la société américaine durant les années 1930.

 L’économie rurale souffre particulièrement de la crise économique. Les produits agricoles ne se vendent plus. Des milliers de petits paysans fuient les campagnes, en espérant trouver un meilleur sort en ville. L’érosion des sols aggrave encore la situation. Woodye Guthrie revient sur ce phénomène dans son Dust bowl blues.

seasmall dans Racisme / Ségrégation EU

Le musicologue Alan Lomax.

 Si les enregistrements de disques de blues cessent presque complètement dans les années qui suivent le krach de Wall street, la curiosité pour les musiques noires ne faiblit pas. Pendant les années 1930, deux ethnomusicologues, John et Alan Lomax parcourent le vieux Sud pour enregistrer cette musique noire fascinante pour le compte de la bibliothèque du Congrès. Un magnétophone sous le bras, ils écument les églises, chantiers itinérants, champs, prisons, afin de sauver ce patrimoine musical menacé.

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Leadbelly et John Lomax, dans le pénitencier d’Angola.

En 1930, ils découvrent Huddie Ledbetter, alias Leadbelly, un songster, véritable mémoire musicale du delta du Mississippi. Condamné à 30 ans de travaux forcés pour un assassinat (1917), Leadbelly est enfermé dans le pénitencier de Sugarland. Il bénéficie d’une mesure de grâce en 1925, après avoir joué un blues en l’honneur du gouverneur du Texas en visite dans le pénitencier. En 1930, il est de nouveau condamné à 10 ans de travaux forcés pour tentative de meurtre. Cette fois-ci, il doit sa libération du pénitencier d’Angola en Louisane, à la visite de John Lomax.

Travail des prisonniers dans la ferme pénitencier de Parchman (Mississippi).

Leadbelly consacre de nombreux blues aux bagnes. Son Alabama bound décrit les conditions d’existence épouvantables dans ces pénitenciers. Midnight special évoque le train de minuit qui longe le pénitencier d’Angola. Les détenus rêvent de pourvoir monter dans ce train, symbole de libération. Lightnin’ Hopkins décrit l’atmosphère de violence qui règne dans les pénitenciers: « you ought to been on the Bravos in 1904/ you could find a dead man on every turnin’ row » (« t’aurais dû voir le pénitencier en 1904/ y avait des cadavres à chaque sillon du champ ».

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Un chain gang à la tâche.

Les noirs sont les grandes victimes de la rigueur d’une justice qui s’applique de manière discriminante. Ainsi, la loi dans le sud permet de condamner tout Afro-américain convaincu de vagabondage. Pour l’autorité judiciaire, il convient de rentabiliser le travail des prisonniers. C’est ainsi qu’apparaissent les chain-gangs. Les prisonniers, des hommes, des femmes et quelques enfants, noirs dans leur grande majorité, vêtus de costumes rayés, enchaînés les uns aux autres, réalisent des travaux d’intérêt général. Ils cassent des cailloux, posent des chemins de fer, construisent des digues. Ils sont transportés d’un chantier à l’autre dans des cages. En 1936, le No more ball and chain de Josh White dénonce les traitements humilants dont sont victimes les prisonniers noirs dans les pénitenciers sudistes.

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Les Etats du sud mettent aussi en place des fermes pénitenciaires: Angola en Louisiane, Sugar Land au Texas, Parchman dans le Mississippi. Les prisonniers cultivent pendant 12 ou 14 heures des champs de cotons. En contrepartie, ils ne reçoivent rien.

Image de prévisualisation YouTube

Leadbelly « Alabama bound ».

Libéré sur parole en 1934, Leadbelly devient le chauffeur des Lomax. Il s’établit à New York. Il contribue à l’essor du mouvement folk qui s’y épanouit alors autour d’artistes comme Pete Seeger, Josh White, Woodye Guthrie. Ils est un des premiers artistes noirs à se produire devant des auditoires blancs et il séduit vite les milieux progressistes de Greenwich village. Devant ce public réceptif, les artistes noirs peuvent composer et jouer des titres engagés, chose impensable dans le sud.

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Josh White.

Josh White multiplie les blues engagés. Une série de quatre 78 tours intitulé Chain gang bound dépeint les conditions de vie sordides des noirs dans le Sud. Ses textes, ouvertement antiségrégationnistes visent ouvertement le système sudiste. Les ligues racistes se déchaînent contre ses disques, brisés en public, retirés de la vente  dans le Sud par la Columbia. Le Ku Klux Klan organise le procès par contumace de White, dont l’effigie est brûlé. Sa maison new-yorkaise est brûlé, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre son oeuvre. En 1941, il enregistre un nouvel album au titre explicite: album of Jim Crow blues (écrit en collaboration avec l’écrivain Richard Wright et le poète Waring Cuney). Eleanor roosevelt, qui souhaite mettre un terme à la ségrégation dans le sud, l’invite à plusieurs reprises à la Maison Blanche. Le président F.D. Roosevelt prononce son éloge public et recommande ses disques.

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Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ses prises de positions radicales provoquent la curiosité de la Commission des Activités Non Américaines dirigée par McCarthy. Devant la Commission, son témoignage puissant ébranle l’auditoire: « Je hais et je combats Jim Crow (le système ségrégationniste raciste du Sud) parce qu’il est une insulte aux créatures de Dieu, une violation des croyances chrétiennes (…). J’aime l’Amérique parce qu’elle est la terre des exilés, des proscrits, l’ennemi des oppresseurs. Je ne crois pas que Jim Crow soit vraiment l’Amérique. Il n’est que temps pour l’Amérique d’éliminer l’esprit de jim Crow sur son territoire ». 

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L’histoire des Afro-américains en musique (1ère partie: Negro Spirituals et blues).

Posté par bricabraque le 10 janvier 2008

La musique populaire américaine, plongée dans un contexte précis, aborde très souvent les thèmes d’actualités, ce qui permet ainsi de se plonger dans l’histoire d’une population. Nous allons ici nous intéresser à l’histoire des luttes des Afro-américains par le biais des chansons.

Negro Spirituals et blues :

L'histoire des Afro-américains en musique (1ère partie: Negro Spirituals et blues). dans L'HISTGEOBOX / musique et politique ae36

* L’Eglise joue un rôle essentiel dans le processus de construction communautaire (l’Eglise baptiste en particulier). Cette foi des Noirs trouve à s’exprimer dans une forme musicale nouvelle, très originale : les negro spirituals. Les Negro spirituals ont pour thèmes la résemption, le triomphe de l’espoir sur la misère et la délivrance. Ces chants reflètent la foi profonde des Afro-américains et renferment parfois des messages cachés de résistance, que la plupart des maîtres d’esclaves ne peuvent pas comprendre, à l’instar d’un negro spiritual traditionnel du XIXème siècle, Go down Moses, qui évoque le triste sort des Hébreux, réduits en esclavages en Egypte et leur quête de liberté ( parrallèle avec la situation des esclaves noirs). « When I was in Egypt land/let my people go/oppressed so hard they could not stand/let my people go ».

Afin de s’exprimer sans risques, les esclaves noirs américains se dotent, au début du XIXème siècle, de tout un jargon de métaphores, incompréhensibles des maîtres blancs. De nombreuses chansons, hermétiques pour ces derniers, circulent de plantations en plantations (underground railroad).

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Paul Robeson.

Paul Robeson, grand interprète de Negro Spirituals et artiste aux nombreux talents, consacre son existence à la lutte contre le racisme et les inégalités sociales. Adhérent du parti communiste, très impliqué dans la lutte pour les droits civiques et le combat syndical, il fait l’objet de toutes les attentions de la part des autorités. Il s’attire notamment les foudres de McCarthy. Son passeport lui est même retiré et tout est mis en œuvre pour briser sa carrière.

* Les esclaves qui cultivent les champs de cotons chantent fréquemment afin de se donner du coeur à l’ouvrage ou pour communiquer entre eux. Ces worksongs, chants de travail, donnent naissance à des ballades du folklore noir comme John Henry, l’histoire d’un noir robuste qui travaille sur les chemins de fer et se tue à la tâche pour rivaliser avec un marteau piqueur.

Le blues exprime, quant à lui, la profonde tristesse des Afro-américains, liée à la dureté des conditions d’existence de l’immense majorité d’entre eux. Les thèmes abordés tournent principalement autour des tracas de la vie quotidienne : travail harassant, amours contrariés, pauvreté… Le genre, qui donne un point de vue individuel, à la différence du gospel, ne s’interdit pourtant pas d’aborder des sujets sociaux plus vastes :

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Le Mississippi en crue.

- les catastrophes naturelles qui affectent à intervalle régulier le vieux sud : le sublime Tupelo de John Lee Hooker revient sur les crues du Mississippi en 1927, qui entraînent de nombreuses noyades. Le High water blues de Charley Patton décrit aussi ces innondations dévastatrices. Parolier de grand talent, cet homme à la voix et au jeu de guitare rugueux dépeint dans ses blues les conditions de vie particulièrement éprouvantes dans le delta du Mississippi. Son Dry well blues évoque ainsi la sécheresse qui sévit souvent l’été.

Image de prévisualisation YouTube

- Patton relate les ravages provoqués par l’invasion d’insectes, les charançons, dans les champs de coton : Mississippi Boll weewil blues.

Le blues prend vraiment forme à l’aube du XXème siècle. Il s’épanouit surtout dans le vieux sud, notamment le delta du Mississippi. C’est la raison pour laquelle, on parle d’abord de blues rural, avant tout accoustique.

Mais dès l’entre-deux-guerres, le blues se diffuse avec les départs massifs des Noirs vers les grands centres urbains du Nord, Chicago et Détroit en particulier. Le genre s’électrifie et ses thèmes, dans un environnement nouveau, évoluent logiquement : Lightnin’ Hopkins compose un T-Model blues faisant référence à la voiture vedette des usines Ford de Detroit.

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Lightnin’ Hopkins.

Des prises de position politique directes restent rares dans le monde du blues. Néanmoins, dès les années 1930, des chansons dénoncent le racisme et les discriminations dont sont victimes les Noirs :

- Chant de protestation comme le « bourgeois blues » de Leadbelly (« ventre de plomb »), qui revient sur le racisme ordinaire : « Les Blancs de Washington savent y faire/ ils s’amusent à jeter des pièces par terre pour voir les nègres les ramasser ».

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Woody Guthrie et Leadbelly font les beaux jours de Greenwich village dans les années 1930 (pour en savoir plus).

- Certains thèmes ouvertement politiques sont parfois évoqués directement, à l’instar du Black brown and white de Big Bill Broonzy. Le refrain dénonce les discriminations : « Si tu es blanc, ça va/ si tu es beige, passe encore/ mais si tu es noir, dégage ! ». Dans le dernier couplet, l’auteur se demande: « quand en finira-t-on avec Jim Crow ? » ( du nom des lois adoptées après la guerre de Sécession dans les Etats du sud des EU restreignant les droits des esclaves fraîchement affranchis et entérinant la ségrégation dans les lieux publics).

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Billie Holiday. Les lynchages restent fréquents au début du XXème siècle dans le sud des EU.

- Réquisitoire puissant contre les lynchages, qui restent fréquents dans le sud des Etats-Unis (plus de 3800 personnes entre 1889 et 1940 selon le Tuskegee institute), dans le « Strange fruit », interprété par Billie Holiday.

Cette chanson fut inspirée à Abel Meeropool, un enseignant juif du Bronx, membre du parti communiste, après avoir vu des photos de lynchages. L’ « étrange fruit » qui pend de l’arbre dans la chanson, n’est autre que le corps d’un malheureux noir pendu.

Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves
Blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze


Strange fruit hanging from the poplar trees Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles,
Du sang aux racines,
Un corps noir se balançant dans la brise du Sud,
Etrange fruit pendant aux peupliers.
- Blind Blake, guitariste aveugle exceptionnel, devient très populaire grâce à ses enregistrements dans les années 1920. Son Police dog blues dénonce les violences policières, tandis qu’il revient sur les lynchages dans le Rope strechting blues.

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JB Lenoir.

 

Dans les années 1960, J. B. Lenoir, déjà évoqué ici, multiplie les blues poignants et engagés. Il se fait le chroniqueur impitoyable d’une Amérique brutale. Tous les thèmes y passent : dénonciation des guerres menées par son pays (« Korea blues », « Vietnam blues ») ; critiques ouvertes à l’encontre du pouvoir en place (« Eisenhower blues »), le racisme virulent qui sévit dans le vieux sud : Down in Mississippi (1966), Alabama song (1965).

Dans cette chanson, il ne mâche pas ses mots et affirme :

« I never will go back to Alabama, that is not the place for me/ you know they killed my sister and my brother/ and the whole world let them peoples go down therre free.”

James Meredith vient d’être touché lors de sa marche pacifique.

Son Shot on James Meredith revient sur un épisode clef de la lutte pour les droits civiques. James Meredith est le premier étudiant noir à fréquenter l’université d’Oxford en septembre 1962, après un combat de hautes luttes. En 1966, alors qu’il entame une marche pacifique pour le droit de vote des noirs dans le Mississippi, il est blessé par balle le 6juin. Le lendemain, Martin Luther King (MLK) et les dirigeants d’autres organisations militantes décident de continuer la marche. Ils parcourent pendant trois semaines l’Etat et réussissent à faire inscrire près de 30 000 noirs sur les listes électorales. Le 25 juin, ils sont 15 000 à rallier Jackson, capitale de l’Etat.

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Stokely Carmichael.

Cette « marche de la peur » consacre aussi les divergences entre les leaders de la lutte en faveur des noirs. Si MLK persiste dans sa stratégie non-violente, Stokely Carmichael, à la tête du SNCC, esquisse sa stratégie de lutte raciale pour la prise de pouvoir (Black power). Il considère que désormais les Blancs progressistes n’ont plus leur place dans ce type de manifestations.

 

Lien:

- « Un rapide historique de la musique afro-américaine » sur le BLOG L’HISTOIRE – GÉOGRAPHIE À VINCI (LYCÉE DE SOISSONS 02).

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L’indépendance de l’Inde (1945-47)

Posté par bricabraque le 9 janvier 2008

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Jawaharlal Nehru ET Mohammad Ali Jinnah. — The Hindu Photo Archive

Une indépendance programmée :

* L’essentiel du travail a été mené avant 1939 par les nationalistes indiens du Parti du Congrès, mené par Gandhi et son disciple Nehru. Le parti adopte la stratégie de Gandhi de « non coopération » pacifique, qui se caractérise par une grève de l’impôt, un boycott des produits britanniques, des marches de protestations non-violentes et des sit-in. Tactique payante puisqu’il arrache à la métropole britannique l’Indian Act de 1935.  En 1942, l’offensive japonaise et la poussée nationaliste incitent Londres  à transformer l’Inde en dominion. Proposition refusée par les Indiens. 

 Le parti du Congrès vote en 1942 la résolution Quit India, « Quittez l’Inde ».

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Nehru et Gandhi, les dirigeants du parti du congrès.

Au lendemain du second conflit mondial, les Britanniques, conduits par le travailliste Clement Attlee, semblent résignés à l’indépendance. 

* Les négociations se déroulent entre Gandhi et Nehru pour le Parti du Congrès, Lord Mountbatten, vice-roi des Indes, pour les Britanniques. Gandhi et Nehru entendent créer un Etat unitaire, multi religieux, neutraliste. Mais tout se complique avec la volonté des Indiens musulmans, minoritaires, rassemblés dans la Ligue musulmane d’Ali Jinnah, de se rassembler dans un Etat séparé des Hindous, majoritaires.

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Gandi et le vice-roi des Indes, représentant de la métropole en Indes, Lord Mountbatten.

Une guerre civile : 

* Hindous et Musulmans s’affrontent en une guerre religieuse et civile (aiguisée par Londres, qui espère en tirer des avantages) de 1946 à 1947, ce qui pousse Atlee à accélérer le transfert de pouvoir. En août 1947, c’est la partition du pays. Deux Etats apparaissent :      

 - la majeure partie constitue l’Union indienne, à majorité hindoue ; 

      - au Nord-Ouest (vallée de l’Indus) et à l’Est de l’Inde (Bengale), là où les musulmans dominent, se constitue le Pakistan, dont les deux parties sont distantes de 1800 km…

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 Carte de la partition de l’Inde en 1947

* La guerre fait plus d’un million de morts, dont Gandhi, assassiné par un fanatique hindou (janvier 1948) qui réclame la création d’un Etat exclusivement hindou (hindoustan). On assiste à de gigantesques transferts de populations (plus de dix millions de personnes), accompagnés de terribles massacres.

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Des réfugiés musulmans essayant par tous les moyens de rejoindre le Pakistan lors de l’exode en 1947.
(Photo : AFP)

Le Pakistan se sépare de sa partie orientale en 1971 pour devenir le Bangladesh. 

Lien vers une courte video sur le site de l’INA: « L’Inde un après l’indépendance« .

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Liens sur l’Europe rhénane.

Posté par bricabraque le 7 janvier 2008

Liens sur l’Europe rhénane. dans croquis francfort2

Francfort by night. 

Proposition de croquis, tous très bien faits :

- Sur le site de l’académie de Créteil

Et en version allégée.

- Par Frédéric Monthé.

- Par Yves Guiet.

- Trouvé sur Wikipedia.

Rotterdam-Pays-Bas dans diaporamas

Le gigantesque port de Rotterdam.

* Divers documents utiles sur l’espace rhénan :

- Une présentation powerpoint (ppt) sur le site de l’académie de Créteil .

- Sur le site de l’académie de Strasbourg. Suite de la ppt.

- Une ppt intéressante proposée par le site de l’académie de Versailles.

- des pistes intéressantes par Jean Claude Boyer, pour définir cet espace et sur le Northern range.

 dans géographie 

1- Parlement européen  2- Bâtiments administratifs et services communs du Parlement. Locaux du médiateur européen 3- Conseil de l’Europe 4- Cour européenne des Droits de l’Homme 5- Siège d’Arte (immédiatement à droite de la photographie) © Patrick Bantzhaff – CDDP Strasbourg

- L’article de wikipedia sur le Rhin et l’Europe rhénane.

* L’Europe rhénane au bac :

- Deux Etudes d’ensemble documentaire (EED) : une première  et la seconde, proposent des documents intéressants.

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Vers une justice internationale.

Posté par bricabraque le 5 janvier 2008

Vers une justice internationale. dans actualité pinochet-justice-43de2

Caricature de Plantu.

Dès le lendemain de la seconde guerre mondiale, le tribunal militaire international de Nuremberg est mis en place afin de juger les hauts responsables nazis, celui de Tokyo s’occupe des criminels de guerre japonais. Cela dit, ce sont des tribunaux militaires, mis en place par les pays vainqueurs du conflit. D’autre part, les chefs d’accusation sont rétroactifs et s’appliquent à des faits antérieurs à la mise en place de la loi. Les procédures sont assouplies afin de rendre un jugement rapide. Forts de ces différents éléments, les opposants à la tenue de ces procès dénoncent une « justice des vainqueurs », partiale.

Il n’en reste pas moins qu’ils permettent de définir la nouvelle notion de crime contre l’humanité.

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 Thomas Lubanga Dyilo, chef de milice congolais, devant la Cour pénale internationale (AP)

L’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité ouvre de nouvelles perspectives pour la justice internationale puisqu’elle permet de poursuivre des auteurs de crimes très anciens. Les tribunaux internationaux crées depuis se donnent pour mission de construire une paix la plus durable possible et refusent l’usage de la peine de mort.

Depuis 2002, la Cour pénale internationale (CPI), créée par les Nations Unies, a pour vocation de juger les crimes de guerre et contre l’humanité commis dans le monde, mais aussi les responsables de génocides. Elle siège à La Haye aux Pays-Bas et a été ratifiée par 105 pays, mais trente cinq nations, dont les Etats-Unis, la Chine, la Russie, Israël, l’Iran, refusent de reconnaître cette juridiction.

Il s’agit d’une grande avancée, car aucun Etat n’accepte facilement qu’une autorité extérieure intervienne à l’intérieur de ses frontières. Or, les pays signataires s’engagent à poursuivre les criminels, y compris des chefs d’Etats et acceptent que la cour puisse poursuivre son travail à l’intérieur de leurs territoires.

Les premières enquêtes ouvertes par le CPI concernent la République démocratique du Congo (le milicien Germain Katanga par exemple), l’Ouganda, la République centrafricaine et le Cambodge.

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Milosevic lors de son procès devant le TPIY. 

Le conseil de sécurité des Nations Unies institue:

- en 1993, un Tribunal pénal international pour la Yougoslavie, situé à La Haye,  afin de juger les responsables des atrocités commises pendant la guerre en Yougoslavie : Slobodan Milosevic (mort durant son procès en mars 2006) ; l’ ex-général Zdravko Tolimir arrêté en mai 2007, inculpé de génocide à cause de sa responsabilité dans les massacres de Srebrenica. Deux autres criminels de guerre, ex-dirigeants serbes, Radko Mladic et Radovan Karadzic, toujours en fuite, sont activement recherchés.

- le TPI pour le Rwanda, installé à Arusha en Tanzanie en 1994 juge les responsables des massacres rwandais.

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Le siège de la CPI à La Haye.

 D’autres tribunaux spéciaux ont suivi : pour le Kosovo, la Bosnie-Herzégovine. Le tribunal spécial pour la Sierra Leone doit organiser  en 2008 le procès de Charles Taylor, l’ex-président du Libéria, instigateur des guerres civiles au Liberia et en Sierra Leone entre 1989 et 2003.

Le travail ne manque malheureusement pas pour cette justice internationale, comme le prouve l’activité débordante des derniers mois. En février 2007, deux suspects accusés de crimes de masse contre les populations civiles du Darfour ont été désignés par le procureur de
la CPI.

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Khieu Samphan, Premier ministre du régime Khmer rouge. (Photo : Pauline Garaude/RFI)

En 2007, l’ONU créée :

- un TPI pour le Liban, dans le but de rechercher et juger les assassins de l’ex-Premier ministre, Rafic Hariri, assassiné en 2005.

- un tribunal spécial à Phnom Penh pour instruire le procès des dirigeants Khmers rouges, responsables de crimes de masse (notamment Khieu Sampan, ex-chef d’Etat arrêté en 2007). Les premières audiences du procès viennent juste de débuter. Ces tribunaux, à la différence de la CPI, sont destinés à disparaître à la fin de leur mandat.

Certes, l’existence de la CPI constitue une avancée indéniable. Il n’empêche que de nombreux freins subsistent et expliquent les difficultés de
la CPI, qui peine à émerger. Sa vocation est théoriquement universelle, mais les ressortissants des pays ayant refusé de ratifier le traité ne peuvent être poursuivis par la cour. La compétence de cette dernière ne porte que sur des faits postérieurs à sa mise en place (2002). Enfin, la compétence de la cour est subsidiaire : elle ne peut être saisie qu’en l’absence de saisine des juridictions nationales. Bref, la route est encore longue…

Sources:

- Les Clés du monde, éditions 2008.

- Dokéo, comprendre le monde, Nathan, 2005.

- L’article de M. Pauthier sur le procès de Nuremberg sur son blog.

Liens:

- Les sites de la CPI, du TPIY, du TPIR.

- Une carte de la Documentation française: « la CPI en 2005« .

- Un article sur le site de la section toulonnaise de la Ligue des Droits de l’Homme: « La Cour pénale internationale« .

-

 

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Liens sur l’Europe depuis 1945.

Posté par bricabraque le 4 janvier 2008

 Liens sur l'Europe depuis 1945. dans Liens mitterrand-kohl

François Mitterrand et Helmut Kohl à Verdun en 1984.

* Pour commencer, deux jeux pour bien localiser les pays européens : façon puzzle et version fléchette.

* Des ressources sur l’Europe des démocraties populaires :

- Deux articles sur l’Ostalgie sur le http://histoire-geo-premiere-es.blogspot.com de M. Augris et sur le site du Monde diplomatique.

- Un site consacré au film Good bye Lenine, qui se penche sur ce même phénomène d’Ostalgie.

- Un point sur l’Allemagne dans la guerre froide sur le blog de M. Augris. A voir notamment le développement sur l’Ostpolitik de Willy Brandt.

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Une Trabant dans un mauvais jour..

- Un bel article consacré à la Trabant sur le blog de M. Pauthier:

- « A l’Est, les mémoires du communisme divergentes » par M. Augris sur son blog; suite.

* Sur la réunification allemande :

- Emission du Dessous des cartes consacrée à « Allemagne 15 ans de réunification ».

http://www.dailymotion.com/videox2870e

* Sur l’Europe depuis 1989:

- Dessous des cartes sur l’ex-Yougoslavie.

http://www.dailymotion.com/videoxie67

- La situation dans les Balkans: aujourd’hui et les perspectives qui s’ouvrent.

Trois émissions du Dessous des cartes consacrées à l’élargissement de l’UE (elles datent de 2003, donc à regarder avec recul) :

- Première partie.

- Deuxième.

- Troisième.

- Animation du Monde sur les dix entrants dans l’UE en 2004.

- Les institutions à 25 sur ce même site.

- Une carte de l’UE à 27.

- Une mise au point sur l’espace Schengen et la zone euro qui s’agrandissent.

- « L’Europe pour quoi faire ? », une émission du dessous des cartes revient sur la construction européenne cinquante ans après le traité de Rome.

* Pour terminer, deux quizz sur l’Europe :

Premier quizz sur le site http://www.robert-schuman.eu/index.php

- Le second sur un site consacré aux cinquante ans du traité de Rome : http://www.traitederome.fr/

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