La seconde guerre mondiale en chansons (françaises) 1.

Posté par bricabraque le 29 février 2008


Hitler pose devant la tour Eiffel, juin 1940.

 

La chanson française de la seconde moitié du XXème siècle s’est intéressée à de nombreuses reprises à la « France des années noires ». Revenons ici sur quelques titres connus qui évoquent différents aspects du conflit et donnent aussi à voir les représentations que l’on s’en ait fait longtemps après les faits. Ce premier volet s’intéresse aux années de guerre:

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Mémoires de la seconde guerre mondiale 4: le réveil des mémoires (après 1969).

Posté par bricabraque le 28 février 2008

En 1971, premier électrochoc et premier scandale : le documentaire de Marcel Ophuls, Le Chagrin et la pitié.

 

a. Pourquoi?  

* Depuis les années 1970, les tabous entretenus jusque-là sur Vichy sautent les uns après les autres. Dans la presse, au cinéma ou dans les livres d’histoire, l’image héroïque d’une France massivement résistante s’efface derrière une représentation plus nuancée et moins glorieuse de la France occupée. 

 * A nouvelle génération, nouvel intérêt pour cette période : les enfants du baby boom, nés après la guerre, arrivent à l’âge adulte ; eux n’ont rien à se reprocher et veulent savoir ce qu’ont fait leurs parents pendant ces années sombres. 

* Le contexte international joue aussi : le procès Eichmann en 1961 a suscité un intérêt grandissant en France pour l’attitude de Vichy face aux Juifs.

  

Issu d’une famille savoyarde très catholique, Paul Touvier adhère à la milice en 1943 et devient chef régional de cette dernière à Lyon, un an plus tard. Il fait assassiner 7 otages juifs de Rillieux-la-Pape le 29 juin 1944, pour venger l’assassinat la veille du collaborationniste Philippe Henriot.

 

  -b) Le tournant décisif :

 * En 1971, premier électrochoc et premier scandale : le documentaire de Marcel Ophuls, Le Chagrin et la pitié. La télévision, qui l’a financé, refuse de le programmer (implication du grand-père et du père de Giscard). Diffusé seulement en 1981 sur FR3, il attire alors 15 millions de téléspectateurs. Réalisé avec des témoignages et des bandes des Actualités françaises ou de la propagande allemande, il montre une ville de province, Clermont-Ferrand, pendant l’Occupation et les réactions contrastées des Français ordinaires (les uns résistants, les autres collaborateurs, le plus grand nombre attentistes). 

Pour Henry Rousso ( le syndrome de Vichy paru au Seuil en 1997), l’année 1971 marquée par la sortie du film d’Ophuls ouvre une troisième phase dans la mémoire des années noires. Après le deuil inachevé de l’immédiat après-guerre (de 1944 à 1954), le refoulements et rejeux (de 1954 à 1971), s’ouvre la phase du miroir brisé (de 1971 à 1974), avant l’obsession (depuis le milieu des années 1970).

http://www.decitre.fr/gi/55/9782020323055FS.gif

* Deuxième électrochoc en 1973 : paraît, aux éditions du Seuil, La France de Vichy, ouvrage d’un historien américain, Robert Paxton. L’auteur, à partir des archives allemandes, montre que Vichy, loin d’être un bouclier contre le nazisme, a au contraire insisté auprès des Allemands pour qu’ils acceptent une politique de collaboration, dès les premiers mois après la défaite. Pour lui, Vichy, loin d’être une « parenthèse », a laissé un lourd héritage. Surtout, Paxton met en lumière à quel point Vichy a participé de manière autonome à la répression contre les Juifs. 

* Autre événement qui bouscule les consciences : l’ « affaire Touvier », en 1971. Le président Pompidou prend discrètement une mesure de grâce en faveur d’un ancien responsable de la Milice, Paul Touvier, qui se cachait depuis sa condamnation à mort par contumace en 1946. L’année suivante, 2000 articles de presse lui sont consacrés et ravivent la mémoire de l’Occupation.

 

    -c) L’impulsion est donnée : 

Lacombe Lucien conte les histoires d’un jeune paysan qui se range, par opportunisme, dans les rangs de la milice.

 

* Le cinéma : dans la foulée du Chagrin et la pitié, citons Lacombe Lucien (1974) de Louis Malle (d’après un scénario de Modiano), Section spéciale (1975) de Costa-gravas, L’Affiche rouge (1976), Le Dernier Métro (1982) de François Truffaut, autant de films consacrés aux « années noires ». 

* La recherche historique : en 1978, sur 130 sujets de thèse déposés, 57 portent sur la période de Vichy et l’Occupation. 

 

Source:

- Divers manuels de Terminale.

 

Conseils de lecture:

- Henry Rousso:”le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours”, Seuil, 1990.

- Henry Rousso et Eric Conan: »Vichy, un passé qui ne passe pas. », Fayard, 1994.

- Pierre Laborie: L’opinion française sous Vichy : les Français et la crise d’identité nationale 1936-1944, Editions du Seuil, Paris. Poche. 2001.

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Les mémoires de la seconde guerre mondiale 3: prisonniers de guerre et collaborateurs.

Posté par bricabraque le 27 février 2008

La mémoire des prisonniers de guerre et des déportés. 

* Les soldats français ne peuvent pas, à la différence des « poilus » de la Grande Guerre, se glorifier de leur combat, malgré leurs 190 000 morts. 

Hiver 1939. Soldats dans les galeries souterraines d’un ouvrage de la ligne Maginot. Source : SHD

 

 * Les 1 500 000 prisonniers sont eux aussi des soldats vaincus, donc des anti-héros. Preuve vivante de la plus grande défaite que la France ait connue, ils sont condamnés à l’oubli. 

* Dans une certaine mesure, c’est aussi le cas des déportés dans les camps de concentration : ils dérangent. Ils rappellent aux Français leur attitude pendant la guerre, leur donnent mauvaise conscience et les empêchent d’oublier. Pendant une vingtaine d’années, ils se murent dans le silence, faute de pouvoir parler de l’indicible horreur et faute d’être écoutés. Mais les déportés résistants sont cependant célébrés, à la différence des non résistants, comme les déportés juifs.

Juifs français résidant à Vitry-le-François dans la Marne, la famille Baumann pose, confiante, sous le portrait du maréchal Pétain.
Les parents seront pourtant déportés à Auschwitz en novembre 1943.

 

 

  Une mémoire sur la défensive: celle de la droite et des collaborateurs.

* Au lendemain de la guerre, àl’exception des fidèles gaullistes, la droite est déconsidérée, car elle a collaboré avec l’occupant et soutenu Vichy. Elle est pratiquement absente du jeu politique jusqu’à la fin 1947 et se fait oublier.

* Avec la guerre froide et la poussée anticommuniste, elle trouve l’occasion de relever la tête, en développant sa « vision » des faits :

      - Pétain aurait résisté tant qu’il pouvait aux pressions nazies et aurait assuré aux Français une occupation moins dure ; au contraire, la Résistance, noyautée par les communistes, aurait plongé la France dans la guerre civile.  Ainsi, dans son Histoire de Vichy, livre qui a fait longtemps autorité, Robert Aron développe la thèse selon laquelle de Gaulle était « l’épée » de la France et Pétain en aurait été le « bouclier ». Le maréchal meurt sur l’île d’Yeu en 1951. Ses fidèles entendent réhabiliter sa mémoire et souhaitent obtenir le transfert de sa dépouille à Verdun.

- Au sein de l’extrême droite française, morte plitiquement en 1945, la mémoire est sans cesse révisée. La réalité historique est malmenée, falsifiée ou niée. Des négationnistes remettent même en cause l’existence de la Shoah, qui serait une invention machiavélique forgée par le complot judéo-maçonnique. Pierre Vidal-Naquet consacre un livre essentiel à ce phénomène particulièrement et aux « assassins de la mémoires ».

Pétain à saint-Chamond, en compagnie d’Antoine Pinay.

 

- la « troisième force » s’appuie sur la droite modérée pour constituer des majorités. Dès 1952, Antoine Pinay, conservateur et ancien vichyste, devient Président du Conseil.  Son parti politique, le Centre national des indépendants et paysans, oeuvre pour l’oubli des « années noires ». Cette accession de Pinay à la présidence du conseil ouvre la réhabilitation des réprouvés de l’épuration.  

   - dans ce climat, la droite (gaullistes et MRP) sont partisans de l’amnistie, c’est-à-dire l’oubli juridique de la période. Bidault, membre du Mouvement Républicain Populaire et ancien président du Conseil de la Résistance affirme qu’il « faut oublier tout ce qui peut être oublié ». Elle vote, contre la gauche, les lois d’amnistie de 1951 et 1953, fort clémentes.

    Ces années 1950 sont bien celles du refoulement. Même si, parfois, certains événements viennent réveiller la mémoire collective (procès des bourreaux d’Oradour sur Glane à Bordeaux en 1953, parmi lesquels 14 « malgré-nous », condamnés mais vite amnistiés), s’installe le « syndrome de Vichy ». Cette expression est le titre de l’ouvrage pionnier d’Henry Rousso ( paru au Seuil en 1997). Pour l’auteur, le syndrome se décompose en quatre grandes étapes: le deuil inachevé dans l’immédiat après-guerre (de 1944 à 1954), refoulements et rejeux (de 1954 à 1971), le miroir brisé (de 1971 à 1974) et l’obsession (depuis le milieu des années 1970).

 

Sources principales:

- Françoise Armand et Fabrice Barthélémy: « Le londe contemporain. L’histoire en terminale », Le Seuil, 2004.

- Divers manuels de terminale.

 

Liens:

* Sur le site de l’APHG de Caen. 

- « Histoire et mémoires de Vichy et de la Résistance« , conférence de Pierre Laborie, EHESS.

- « Histoire et mémoires de la Seconde guerre mondiale en France. Pistes de travail ».

- « La France et l’attitude des Français  sous l’occupation« .

* Un compte rendu de l’ouvrage clef d’Henry Rousso: le « syndrome de Vichy ».

 

Conseils de lecture:

- Pierre Vidal-Naquet: « Les assassins de la mémoire: un Eichmann de papier et autres essais sur le révisionnisme », Le Seuil, 1995.

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Mémoire de la Seconde guerre mondiale: la mémoire communiste.

Posté par bricabraque le 26 février 2008

Affiche à la gloire de la résistance communiste.

 

  La mémoire communiste :

 * Le « parti des 75 000 fusillés » connaît  alors son heure de gloire :      

- est alors oubliée la période 1939-41 pendant laquelle le PC a eu un rôle plus qu’ambigu (soutien au pacte germano-soviétique ; demande de reparution de L’Humanité dans un Paris aux mains des Allemands ; témoignages à charge contre Blum au procès de Riom; désertion de Thorez en 1940).        

 - par la part active qu’il a prise à la Résistance intérieure contre Vichy et à la lutte clandestine sur le territoire français ( avec le Front national, puis les FTP) , il peut célébrer son action, se présenter comme un parti martyr, celui des « 75 000 fusillés » (en fait, 30 000 Français fusillés et 20 000 Résistants tombés au combat). 

 

Affiche du Parti Communiste Français pour les élections régionales d’octobre 1945

 

* Il exalte la résistance des « sans grade », de la classe ouvrière, des « petits » et les oppose aux élites qui ont trahi et collaboré. Ils s’approprient eux aussi Jean Moulin, homme de gauche, « premier président du CNR, dont le programme comportait la nationalisation des banques et des trusts »

Le jeunes Guy Moquet, militant communiste fusillé avec 27 camarades, tous otages dans le camp de Châteaubriant, en réprésailles après la mort d’un nazi dans Paris.

 

La distinction de Guy Moquet parmi ces 27 otages s’explique  par son jeune âge et parce que son père était un député communiste de Paris. Le parti communiste fait rapidement du jeune Moquet l’incarnation de la résistance communiste (même si de nombreux historiens contestent ce qualificatif de résistant).

Tout juste élu, Nicolas Sarkozy récupère le personnage, en faisant un exemple à suivre pour les enfants d’aujourd’hui: « Un jeune homme de dix-sept ans qui donne sa vie à la France, c’est un exemple non pas du passé mais pour l’avenir [...] ». Par ce choix, le président continue à privilégier l’émotion à la réflexion et la décontextualisation qu’il opère de l’exécution de Moquet pose problème.

Le débat provoqué par l’oukase présidentiel qui demande de la lire la lettre de Guy Moquet dans les lycées souligne à quel point ces enjeux mémoriels deviennent obsédants dans la France contemporaine.

 

Sources:

- Françoise Armand et Fabrice Barthélémy: « Le monde contemporain. L’histoire en terminale », Le Seuil, 2004.

- Divers manuels de Terminale.

 

Liens:

- « Guy Môquet, et après ? Effacement de l’histoire et culte mémoriel« , par le CVUH.

- Nouvelle rentrée, nouvelle école?  par Hugo Billard.

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Mémoire de la seconde guerre mondiale: la mémoire gaulliste s’impose :

Posté par bricabraque le 25 février 2008

 

-a) Le « résistencialisme » (1945-47) : 

Le résistancialisme qualifie la conception gaullienne des événements, consistant à inclure l’ensemble des Fançais dans la geste héroïque de la Résistance française.

* A la Libération, l’heure est à l’union et à la réconciliation nationales. La nation s’identifie à la Résistance, par la double volonté des gaullistes et des communistes, alliés de circonstance, d’accord pour représenter la légitimité nationale grâce à leur place prépondérante dans le combat clandestin. 

Dans son discours de l’Hôtel de ville de Paris, le 25 août 1944, de Gaulle minimise considérablement le rôle de « nos chers et admirables alliés ». Lyrique, le général évoque Paris « libérée par elle-même et par son peuple ».

 http://www.dailymotion.com/videox1clfx

* La « parenthèse de Vichy » : pour de Gaulle, « Vichy est nul et non avenu » et est une  « autorité de fait ». Le pays n’a jamais cessé d’être une République, continuée dans la France libre à refus d’une responsabilité officielle de la République française dans la mise en œuvre de la collaboration et de ses conséquences. 

* Mythe d’une France massivement résistante en dehors de quelques « salauds » : il faut que le pays reparte de l’avant, sans trop s’entre-déchirer. Sont donc occultées et minimisées la large adhésion des Français à Pétain de 1940 à 1942, l’horreur du génocide contre les Juifs et les responsabilités de l’Etat français.

  * Après mai 1947, la guerre froide change la donne : les communistes sont rejetés dans l’opposition et la droite gaulliste les accuse d’être les auteurs de 100 000 exécutions sommaires  à la légende noire de l’ « Epuration sauvage » est née… Les gaullistes dénoncent aussi leur tentative de « coup d’Etat bolchevique » à la Libération.  

    -b) La célébration de la Résistance :

  * La IVe République magnifie les faits de résistance. Mais c’est surtout avec le retour de De Gaulle en 1958 que le phénomène s’organise : Vichy est encore plus oublié au nom de la réconciliation franco-allemande ; la Résistance est exaltée avec ses moments forts, ses lieux et ses héros.  Le mythe résistancialiste forgé dès 1944 reste opératoire jusqu’aux années 1970, il permet de décomplexer les Français, majoritairement attentistes durant la seconde guerre mondiale. Les gaullistes transforment l’épopée de la France libre en une  aventure collective de tous les Français. Le premier tome des Mémoires de guerre du général ( L’Appel, 1940-1942) développe à l’envie cette version des faits.

Durant la période de la « traversée du désert » (1946-1958), de Gaulle parvient à eviter l’accaprement la mémoire de la guerre par les forces de gauche. Il « droitise » cette mémoire en faisant du conflit non pas un engagement antifasciste, mais une guerre avant tout patriotique face à un ennemi héréditaire, l’Allemand.

http://www.dailymotion.com/videox3d57j

Discours d’André Malraux, ministre de la culture du gouvernement Pompidou, lors de la panthéonisation de Jean Moulin, en décembre 1964.

* Le point d’orgue en est la « panthéonisation » de Jean Moulin (décembre 1964) : transfert des cendres, discours de Malraux qui fait de Moulin un martyr et un héros national. Comme Moulin était l’envoyé du général, cela permet d’exalter le rôle unificateur de ce dernier. Il devient la figure symbolique de la Résistance (supplantant alors des figures moins consensuelles: le communiste Jean-Pierre Timbaud, le socialiste Pierre Brossolette ou Honoré d’Estienne d’Orves à droite). Son discours aboutit au syllogisme suivant:  »la Résistance, c’est de Gaulle ; de Gaulle, c’est la France ; donc, la Résistance, c’est la France ».

 * La même année,  la création du « Concours national de la Résistance et de la déportation » a pour mission de transmettre la mémoire de la guerre dans les écoles et les collèges. 

  Le mémorial du mont Valérien, à l’ouest de Paris.  * Lieux de mémoire et de célébration :  

    - le mont Valérien, fort militaire de l’Ouest parisien où ont été fusillés 4500 résistants  

   - le village martyr d’Oradour-sur-Glane, conservé en l’état   

   - les lieux de maquis démantelés par les nazis et la Milice : le Vercors, les Glières, le Mont Mouchet        - plaques commémorant les lieux où sont tombés des résistants.  Les ruines du village d’Oradour sur Glane aujourd’hui (un nouveau village fut construit à proximité et depuis quelques années un centre de la mémoire permet d’accéder au village martyr).

 * Le cinéma construit une représentation collective de la France résistante (de La Bataille du rail, de René Clément, 1946, à L’Armée des ombres, de Melville, en 1969, qui propose une réflexion sur l’engagement résistant). [Mais en 1956, la commission de censure impose à Alain Resnais de modifier l’image d’un policier français devant le camp de Pithiviers dans son oeuvre Nuit et brouillard]. 

Photographie de 1941 d’un gendarme français gardant le camp de rassemblement des futurs déportés de Pithiviers, utilisée par Alain Resnais dans son film Nuit et Brouillard. Le cinéaste dut accepter de barrer le képi du gendarme pour que la commission de censure laisse diffuser le film en salle. Ce n’est qu’en 1997 que de nouvelles copies du film laissent apparaître le képi du gendarme.

http://www.dailymotion.com/videox25jja

Extrait de la bataille du rail, film à la gloire de la résistance ferroviaire. 

Sources:

- Françoise Armand et Fabrice Barthélémy: « Le monde contemporain. L’histoire en terminale », Le Seuil, 2004. - Divers manuels de Terminale.

 Liens: 

 - le site du centre de la mémoire d’Oradour sur Glane. - Un dossier copieux et très bien fait autour dES MEMOIRES FRANCAISE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE sur le site de l’académie de Clermont.  Conseils de lecture:

- Sarah Farmer: « Oradour sur Glane. Arrêt sur mémoire », Perrin, collection Tempus, 2007. Une étude américaine précise sur le massacre, qui s’intéresse partiulièrement aux enjeux de la mémoire autour d’un tel événement.

- Henry Rousso: »le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours », Seuil, 1990.

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Coups de coeur sur les blogs.

Posté par bricabraque le 24 février 2008

 

Photographie aérienne de Yann Arthus Bertrand.

Voici ci-dessous quelques articles trouvés sur des blogs amis. Ce choix est bien sûr très subjectif, en tout les cas, je trouve ces articles très réussis. Ces sites valent vraiment le détour, ils se trouvent tous en liens sur la page d’accueil du blog, n’hésitez pas à vous y rendre fréquemment.

Commençons par trois camarades bloguers avec lesquels je partage le blog Lire-Ecouter-Voir.

* Le  passionnant blog de Diedrich:

- Gated communities, espaces urbains en sécession.

- La grève des mineurs de 1948.

- L’Inde dans la mondialisation : le groupe Tata.

* L’incontournable blog Histoire-Géographie de M. Augris:

- 17 février 2008 : Naissance d’un Etat en Europe

- Si vis bellum, para pacem…

- Un manuel d’histoire polono-allemand

- Manuel d’histoire commun entre la Pologne et l’Allemagne (suite)

* L’excellent blog de M. Tribouilloy:

- Février 1968 : Les Jeux Olympiques de Grenoble

- Le croquis de synthèse

- L’OTAN, bras armé des Etats-Unis.

* Le blog de Vincent Pauthier, vraiment très réussi:

- 22 février 1943: la Rose Blanche est guillotinée.

- Une nuit en RDA…

- Lord Kitchener vous regarde…

* Histoire Géographie au lycée technologique BdC, un blog très utile, qui propose des pistes de réflexion pertinentes.

- un demi tour du monde à bord du porte-conteneurs cma cgm nabucco.

* Le jardin des retours d’Hugo Billard:

- Monarchie élective?

- Contre la Shoah par l’émotion (II): Bensoussan, Debray, Rousso, Veil .

* Le blog histoire-géographie de L.BRUN :

- « Quelques jours en avril » : retour sur le génocide rwandais.

* Le très précieux site de Lyonel Kaufman: histoire.lyonelkaufmann.ch.

- La droite française attaque les manuels d’histoire-géographie.

* Le très riche blog de M. Auger pour ses décryptage de l’actualité. Allez donc faire un tour sur l’onglet « Jouons un peu », vous ne serez pas déçus.

* Les échos d’une heure de Bruno Sentier:

- Depuis quand fête t’on la Saint Valentin ?

- Pourquoi l’éléphant est-il le symbole républicain ?

* Le blog l’histoire géographie à Vinci, de Samuel Sautejeau:

- La mégalopole japonaise en quelques photographies et cartes.

- Un rapide historique de la musique afro-américaine.

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L’épuration (de juin à l’automne 1944).

Posté par bricabraque le 24 février 2008

 

L’épuration sauvage frappe la France durant tout l’été 1944. Les lynchages et exécutions sommaires seront fréquents.

Avec l’avénement du régime de Vichy, Pétain offre une revanche aux héritiers des ligues d’extrême droite des années 1930. Dans le contexte de l’humiliation de juin 1940, il instaure un régime antirépublicain qui se maintient au pouvoir jusqu’au débarquement allié. Durant ces 4 années, il mène une politique de collaboration avec l’Allemagne nazie. Or, en quelques jours, ce régime est balayé. Le personnel vychiste et ses soutiens actifs se fuient ou se cachent, tandis que ceux considérés la veille encore comme des terroristes (les gaullistes et les résistants de l’intérieur) reprennent les rênes du pouvoir avec pour mission première de restaurer l’ordre républicain dans le pays.

  -a) L’Epuration sauvage :

 Les rancoeurs et les haines accumulées au cours de ces 4 années ressurgissent avec vigueur une fois le pays libéré. L’épuration qui se met en place à partir de juin 1944 vise à châtier les traîtres et bannir les collaborateurs des postes à responsabilité. Or, entre juin 1944 et la libération de Paris, fin août, aucune autorité véritable ne peut s’imposer dans l’hexagone. Le GPRF ne reprendra vraiment la main qu’en septembre. Entre temps, la colère et la vengeance se donnent libre cours et éclatent à l’encontre des miliciens, membres de la Légion, du Parti Populaire Français, indicateurs de la Gestapo…

 L’importance des exécutions sommaires varie considérablement d’une région à l’autre. Mais, d’une manière générale, les zones particulièrement touchées par ces violences spontanées correspondent aux grands maquis où le harcèlement des résistants par les troupes collaborationniste fut particulièrement soutenu. Des jugements sont prononcés par des tribunaux populaires et de cours martiales organisés par les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI).

 

Les dérapages sont légions et cette épuration sauvage sert souvent d’alibi à des règlements de compte personnels. Des femmes sont tondues pour « collaboration horizontale » avec l’occupant, des maisons sont taggés de croix gammées. Ces débordements sont souvent le fait de « résistants de la veille », soucieux de faire preuve d’un zèle qu’on ne leurs connaissait pas face à l’occupant quelques jours auparavant.

Cette épuration sauvage entraîne l’exécution d’environ 9 000 personnes.

 -b) L’Epuration judiciaire : 

Le GPRF entend donc substituer rapidement une épuration légale à l’épuration sauvage de l’été. Dès septembre, des tribunaux d’exception sont mis en place, les chambres civiques et la Haute cour composées de jurés issus de la résistance (ce qui pose problème en terme de partialité). Ils jugent et condamnent pour « intelligence avec l’ennemi » ou « actes nuisibles à la défense nationale ». Ces cours de justice doivent traiter 320 000 cas.

Les ¾ des verdicts condamnent à des peines d’emprisonnement ou de dégradation nationale. Le dernier quart est constitué de condamnations à mort, près de 7000 prononcés, mais en raison des très nombreuses condamnations par contumace et des grâces présidentielles, les exécutions effectives s’élèvent à 737. Parmi ceux-ci, la Haute Cour de justice condamne les hauts dignitaires de Vichy: 18 exécutions (dont Laval, Darnand); Pétain gracié par de Gaulle, finit sa vie en exil sur l’île d’Yeu. Huit condamnations aux travaux forcés à perpétuité sont prononcées.

c) Une Epuration contestable : 

L’épuration en France s’avère beaucoup plus clémente que celle pratiquée dans les pays voisins (Belgique, Pays Bas). Les forces indispensables à la reconstruction du pays sont épargnées: haute administration (Papon, Bousquet), militaires, milieux économiques surtout (alors que le patronat a collaboré à 80%), intellectuels (malgré le cas Brasillach). L’épuration frappe donc de manière très variable et certains thuriféraires du régime de Vichy méneront une belle carrière après 1945. Au bout du compte, les « sans grade » sont bien plus durement frappés (paysans, ouvriers).

Pétain lors de son procès.

L’épuration laisse une impression de malaise: certains procès sont menés dans une ambiance passionnée et délétère comme celui de Laval (certes le personnage est détestable, mais tout individu, même le plus méprisable à droit à un procès équitable), les personnes frappées le plus durement ne sont souvent que des lampistes, alors que beaucoup de donneurs d’ordres passent entre les mailles du filet. Ce malaise explique en partie le fait que pendant longtemps l’épuration soit gommée de la mémoire collective.

Laval lors de son procès.

En 1951 et 1953, les lois d’amnistie vident les prisons. C’est un des exemples de l’oubli et du refoulement de cette période tragique dans les consciences.

 Sources:

- Françoise Armand et Fabrice Barthélémy: « Le monde contemporain. L’histoire en terminale », Le Seuil, 2004.

- Joseph Kessel: « Jugements derniers: les procès Pétain, Nuremberg et Eichman. », Tallandier, collection Texto, 2007.

- Divers manuels de Terminale.

Conseils de lecture:

- Fabrice Virgili: »La France virile », Payot. Un livre captivant sur la tonte des femmes à la Libération.

-  Joseph Kessel: »Jugements derniers », Tallandier, collection Texto, 2007.  Les talents d’écriture de Kessel nous plonge ici dans l’atmosphère de ces trois procès.

- François Dufay« Le soufre et le moisi. La droite littéraire après 1945 : Chardonne, Morand et les hussards. »,  Perrin, 2006.

Lien utile:

- 17 novembre 1945: Pétain à l’île d’Yeu sur l’excellent blog de Vincent Pauthier.

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La lutte pour les droits civiques en photographie (épisode 2).

Posté par bricabraque le 23 février 2008

Le 28 août, répondant à l’appel de militants pour les droits civiques pour une grande marche sur Washington, 250 000 manifestants se rassemblent sur le mall de Washington. MLK prononce son célèbre discours « I have a dream ».

 Sidney Poitier, Harry Belafonte, Charton Heston.

De nombreuses personnlités participent à cette marche.

Charlton Heston, Sammy Davis Jr et Marlon Brando.

Jusqu’à cette marche sur Washington, la plupart des manifestations des organisations de lutte pour les droits civiques se cantonnent au sud des Etats-Unis.  Conscients qu’il faut porter le combat à l’échelle nationale, les organisateurs de la marche entendent donc se retrouver dans la capitale fédérale. Ce grand rassemblement inquiète fortement Kennedy qui tente de dissuader les organisateurs de maintenir ce rassemblement. Ils parviennent néanmoins à trouver un terrain d’entente. Les différents orateurs s’engagent à ne pas faire preuve de surenchères dans leurs revendications.

 

Rassuré, le président recevra les différents leaders le lendemain à la Maison Blanche.

Le dimanche matin 15 septembre, une bombe explose dans l’église baptiste de la 16è rue à Birmingham (Alabama), tuant quatre écolières noires. Quelques jours seulement après la marche sur Washington, cet attentat raciste suscite consternation et désespoir.

1964 : pendant « l’été de la liberté » dans le Mississippi, les mouvements des droits civiques demandent à des étudiants volontaires blancs et noirs de mener une campagne massive d’inscriptions d’électeur dans l’Etat.

 

 http://www.newseum.org/mississippi/

Le 21 juin, trois militants du mouvement des droits civiques, James Earl Chaney, Michael Schwerner et Andrew Goodman, sont enlevés et assassinés par des membres du KKK dans le comté de Neshoba (Mississippi). Goodman et Schwerner reçoivent une balle dans la tête, tandis que Chaney est battu à mort. Dix neuf personnes seront inculpés, dont un officier de police. Le film Mississippi burning de Parker revient sur ce drame.

Le 2 juillet, le président Johnson signe le décret d’application de la loi sur les droits civiques, qui donne une protection légale contre les discriminations raciales dans tous les secteurs de la vie publique.

* En novembre 1964, le président Johnson autorise le déploiement de troupes américaines supplémentaires au Vietnam. C’est le début de l’irréversible escalade américaine dans la guerre.

Une jeune femme face à la garde nationale devant le Pentagone, le 21 juillet 1967. De très nombreuses manifestations pacifistes condamnent la guerre au Vietnam . Les Afro-américains dénoncent rapidement ce conflit sanglant. A partir de 1967, le Dr King prend position contre cette guerre qui pèse très lourd sur le budget américain, argent bien mieux utilisé selon lui dans la lutte contre la pauvreté, notamment dans les ghettos noirs.

Le 10 décembre 1964, MLK reçoit le prix Nobel de la paix.

Le 21 février 1965, Malcom X est assassiné à Harlem. Excellent orateur incarne une forme de revendication politique radicale qui prône le séparatisme noir et la réponse à la violence par la violence. Entre 1952 et 1964, Malcom X devient le porte-parole de la Nation of Islam, avant de rompre avec le mouvement.

* A Selma dans  l’Alabama, seuls 1% des habitants noirs peuvent voter, l’inscription des électeurs noirs y relève du parcours du combattant. En 1965, trois marches de protestations sont organisées, de Selma à Montgomery (80 km de distance).

 

La première manifestation, le 7 mars, est arrêtée par la police sur le pont Edmund Pettus enjambant la rivière Alabama. La police charge avec violence des marcheurs désarmés et laisse derrière elle 17 blessés. Les marcheurs sont contraints de faire demi-tour. Ce « dimanche sanglant » marque durablement les esprits et incite les organisations de lutte pour les droits civiques à médiatiser cette marche, dans l’espoir de sensibiliser à leur cause une partie de l’opinion publique.

Une photographie de Bruce Davidson lors de la marche de Selma.

La deuxième marche, le 9 mars, menée par Luther King fait demi-tour après avoir franchi le pont afin d’éviter une nouvelle confrontation violente.

L’écrivain James Baldwin (à gauche) et l’infatigable Joan Baez (au centre) lors de la marche de Selma.

On compte de nombreuses personnalités favorables à la fin des discriminations raciales dans le cortège de la toisième manifestation. Dans la foule se retrouvent Leonard Bernstein, Nina Simone, Sidney Poitier, Sammy Davis Jr, Paul Newman, Harry Belafonte, Joan Baez. King a très tôt compris, qu’il devait s’entourer de personnalités afin de médiatiser son combat.

Un immense cortège de manifestants emprunte le pont Edmund Pettus.

Le 21 mars 1965, un immense cortège emprunte la route 80 qui rejoind Montgomery. C’est une grande victoire pour Luther King. Cette marche bénéficie d’une couverture médiatique exceptionnelle. L’affaire est devenue nationale et elle choque particulièrement le président Lyndon Johnson, conscient qu’il doit accélérer le travail législatif permettant de créer une véritable égalité de droits entre blancs et noirs.

Du 21 au 25 mars 1965, sous la protection de la garde nationale fédérale de l’Alabama, de militaires et d’agents fédéraux, les marcheurs parviennent à relier Selma à Montgomery.

* En août 1965, le président Johnson signe la loi sur le droit de vote, qui interdit aux Etats de fixer des limites arbitraires à l’exercice du droit de vote.

 

* Du 11 au 16 août 1965, des émeutes éclatent à Watts, Los Angeles, faisant 34 victimes et des milliers d’arrestations.

Les émeutes du Watts s’intègrent dans le cycle des nombreuses émeutes qui ravagent les ghettos noirs des grandes villes américaines à partir de l’été 1964  (qui ravagent les quartiers noirs de New York, Chicago, Philadelphie) et qui culminent lors de l’été 1967. Les dégâts sont considérables et les morts nombreux.  En août 1965, le quartier noir du Watts à Los Angeles connaît une semaine d’émeutes, après une arrestation musclée d’un motocycliste. Ces violences se soldent par 34 morts, plus de 1000 blessés, 600 habitations endommagées.

Lien utile:

- Un sublime site consacré à la lutte des Afro-américains, en anglais.

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Monterey pop festival sur Lire-Ecouter-Voir.

Posté par bricabraque le 23 février 2008

Grace Slick et Janis Joplin.

Lire la version revue et approfondie de l’article sur le festival pop de Monterey et le Frisco sound.

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Vie et mort du mouvement hippie.

Posté par bricabraque le 21 février 2008

Hippies lors du festival de Woodstock.

Lisez sur Lire-Ecouter-Voir cet article consacré à l’essor et au déclin de cette révolution culturelle (version revue et améliorée d’un veil article du blog).

et aussi deux nouveaux articles consacrés au festival de Woodstock:

- l’organisation du festival.

- Les concerts.

 

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