La lutte pour les droits civiques en photographie (épisode 2).
Posté par bricabraque le 23 février 2008

Le 28 août, répondant à l’appel de militants pour les droits civiques pour une grande marche sur Washington, 250 000 manifestants se rassemblent sur le mall de Washington. MLK prononce son célèbre discours « I have a dream ».

Sidney Poitier, Harry Belafonte, Charton Heston.
De nombreuses personnlités participent à cette marche.

Charlton Heston, Sammy Davis Jr et Marlon Brando.
Jusqu’à cette marche sur Washington, la plupart des manifestations des organisations de lutte pour les droits civiques se cantonnent au sud des Etats-Unis. Conscients qu’il faut porter le combat à l’échelle nationale, les organisateurs de la marche entendent donc se retrouver dans la capitale fédérale. Ce grand rassemblement inquiète fortement Kennedy qui tente de dissuader les organisateurs de maintenir ce rassemblement. Ils parviennent néanmoins à trouver un terrain d’entente. Les différents orateurs s’engagent à ne pas faire preuve de surenchères dans leurs revendications.
Rassuré, le président recevra les différents leaders le lendemain à la Maison Blanche.

Le dimanche matin 15 septembre, une bombe explose dans l’église baptiste de la 16è rue à Birmingham (Alabama), tuant quatre écolières noires. Quelques jours seulement après la marche sur Washington, cet attentat raciste suscite consternation et désespoir.
1964 : pendant « l’été de la liberté » dans le Mississippi, les mouvements des droits civiques demandent à des étudiants volontaires blancs et noirs de mener une campagne massive d’inscriptions d’électeur dans l’Etat.


http://www.newseum.org/mississippi/

Le 21 juin, trois militants du mouvement des droits civiques, James Earl Chaney, Michael Schwerner et Andrew Goodman, sont enlevés et assassinés par des membres du KKK dans le comté de Neshoba (Mississippi). Goodman et Schwerner reçoivent une balle dans la tête, tandis que Chaney est battu à mort. Dix neuf personnes seront inculpés, dont un officier de police. Le film Mississippi burning de Parker revient sur ce drame.

Le 2 juillet, le président Johnson signe le décret d’application de la loi sur les droits civiques, qui donne une protection légale contre les discriminations raciales dans tous les secteurs de la vie publique.

* En novembre 1964, le président Johnson autorise le déploiement de troupes américaines supplémentaires au Vietnam. C’est le début de l’irréversible escalade américaine dans la guerre.

Une jeune femme face à la garde nationale devant le Pentagone, le 21 juillet 1967. De très nombreuses manifestations pacifistes condamnent la guerre au Vietnam . Les Afro-américains dénoncent rapidement ce conflit sanglant. A partir de 1967, le Dr King prend position contre cette guerre qui pèse très lourd sur le budget américain, argent bien mieux utilisé selon lui dans la lutte contre la pauvreté, notamment dans les ghettos noirs.
Le 10 décembre 1964, MLK reçoit le prix Nobel de la paix.

Le 21 février 1965, Malcom X est assassiné à Harlem. Excellent orateur incarne une forme de revendication politique radicale qui prône le séparatisme noir et la réponse à la violence par la violence. Entre 1952 et 1964, Malcom X devient le porte-parole de la Nation of Islam, avant de rompre avec le mouvement.
* A Selma dans l’Alabama, seuls 1% des habitants noirs peuvent voter, l’inscription des électeurs noirs y relève du parcours du combattant. En 1965, trois marches de protestations sont organisées, de Selma à Montgomery (80 km de distance).

La première manifestation, le 7 mars, est arrêtée par la police sur le pont Edmund Pettus enjambant la rivière Alabama. La police charge avec violence des marcheurs désarmés et laisse derrière elle 17 blessés. Les marcheurs sont contraints de faire demi-tour. Ce « dimanche sanglant » marque durablement les esprits et incite les organisations de lutte pour les droits civiques à médiatiser cette marche, dans l’espoir de sensibiliser à leur cause une partie de l’opinion publique.

Une photographie de Bruce Davidson lors de la marche de Selma.
La deuxième marche, le 9 mars, menée par Luther King fait demi-tour après avoir franchi le pont afin d’éviter une nouvelle confrontation violente.

On compte de nombreuses personnalités favorables à la fin des discriminations raciales dans le cortège de la toisième manifestation. Dans la foule se retrouvent Leonard Bernstein, Nina Simone, Sidney Poitier, Sammy Davis Jr, Paul Newman, Harry Belafonte, Joan Baez. King a très tôt compris, qu’il devait s’entourer de personnalités afin de médiatiser son combat.

Un immense cortège de manifestants emprunte le pont Edmund Pettus.
Le 21 mars 1965, un immense cortège emprunte la route 80 qui rejoind Montgomery. C’est une grande victoire pour Luther King. Cette marche bénéficie d’une couverture médiatique exceptionnelle. L’affaire est devenue nationale et elle choque particulièrement le président Lyndon Johnson, conscient qu’il doit accélérer le travail législatif permettant de créer une véritable égalité de droits entre blancs et noirs.

Du 21 au 25 mars 1965, sous la protection de la garde nationale fédérale de l’Alabama, de militaires et d’agents fédéraux, les marcheurs parviennent à relier Selma à Montgomery.

* En août 1965, le président Johnson signe la loi sur le droit de vote, qui interdit aux Etats de fixer des limites arbitraires à l’exercice du droit de vote.
* Du 11 au 16 août 1965, des émeutes éclatent à Watts, Los Angeles, faisant 34 victimes et des milliers d’arrestations.

Les émeutes du Watts s’intègrent dans le cycle des nombreuses émeutes qui ravagent les ghettos noirs des grandes villes américaines à partir de l’été 1964 (qui ravagent les quartiers noirs de New York, Chicago, Philadelphie) et qui culminent lors de l’été 1967. Les dégâts sont considérables et les morts nombreux. En août 1965, le quartier noir du Watts à Los Angeles connaît une semaine d’émeutes, après une arrestation musclée d’un motocycliste. Ces violences se soldent par 34 morts, plus de 1000 blessés, 600 habitations endommagées.
Lien utile:
- Un sublime site consacré à la lutte des Afro-américains, en anglais.






Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.