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Les mémoires de la seconde guerre mondiale 3: prisonniers de guerre et collaborateurs.

Posté par bricabraque le 27 février 2008

La mémoire des prisonniers de guerre et des déportés. 

* Les soldats français ne peuvent pas, à la différence des « poilus » de la Grande Guerre, se glorifier de leur combat, malgré leurs 190 000 morts. 

Les mémoires de la seconde guerre mondiale 3: prisonniers de guerre et collaborateurs. dans Mémoires de la Seconde guerre mondiale. Maginot

Hiver 1939. Soldats dans les galeries souterraines d’un ouvrage de la ligne Maginot. Source : SHD

 

 * Les 1 500 000 prisonniers sont eux aussi des soldats vaincus, donc des anti-héros. Preuve vivante de la plus grande défaite que la France ait connue, ils sont condamnés à l’oubli. 

* Dans une certaine mesure, c’est aussi le cas des déportés dans les camps de concentration : ils dérangent. Ils rappellent aux Français leur attitude pendant la guerre, leur donnent mauvaise conscience et les empêchent d’oublier. Pendant une vingtaine d’années, ils se murent dans le silence, faute de pouvoir parler de l’indicible horreur et faute d’être écoutés. Mais les déportés résistants sont cependant célébrés, à la différence des non résistants, comme les déportés juifs.

baumann dans Mémoires de la Seconde guerre mondiale.

Juifs français résidant à Vitry-le-François dans la Marne, la famille Baumann pose, confiante, sous le portrait du maréchal Pétain.
Les parents seront pourtant déportés à Auschwitz en novembre 1943.

 

 

  Une mémoire sur la défensive: celle de la droite et des collaborateurs.

* Au lendemain de la guerre, àl’exception des fidèles gaullistes, la droite est déconsidérée, car elle a collaboré avec l’occupant et soutenu Vichy. Elle est pratiquement absente du jeu politique jusqu’à la fin 1947 et se fait oublier.

* Avec la guerre froide et la poussée anticommuniste, elle trouve l’occasion de relever la tête, en développant sa « vision » des faits :

      - Pétain aurait résisté tant qu’il pouvait aux pressions nazies et aurait assuré aux Français une occupation moins dure ; au contraire, la Résistance, noyautée par les communistes, aurait plongé la France dans la guerre civile.  Ainsi, dans son Histoire de Vichy, livre qui a fait longtemps autorité, Robert Aron développe la thèse selon laquelle de Gaulle était « l’épée » de la France et Pétain en aurait été le « bouclier ». Le maréchal meurt sur l’île d’Yeu en 1951. Ses fidèles entendent réhabiliter sa mémoire et souhaitent obtenir le transfert de sa dépouille à Verdun.

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- Au sein de l’extrême droite française, morte plitiquement en 1945, la mémoire est sans cesse révisée. La réalité historique est malmenée, falsifiée ou niée. Des négationnistes remettent même en cause l’existence de la Shoah, qui serait une invention machiavélique forgée par le complot judéo-maçonnique. Pierre Vidal-Naquet consacre un livre essentiel à ce phénomène particulièrement et aux « assassins de la mémoires ».

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Pétain à saint-Chamond, en compagnie d’Antoine Pinay.

 

- la « troisième force » s’appuie sur la droite modérée pour constituer des majorités. Dès 1952, Antoine Pinay, conservateur et ancien vichyste, devient Président du Conseil.  Son parti politique, le Centre national des indépendants et paysans, oeuvre pour l’oubli des « années noires ». Cette accession de Pinay à la présidence du conseil ouvre la réhabilitation des réprouvés de l’épuration.  

   - dans ce climat, la droite (gaullistes et MRP) sont partisans de l’amnistie, c’est-à-dire l’oubli juridique de la période. Bidault, membre du Mouvement Républicain Populaire et ancien président du Conseil de la Résistance affirme qu’il « faut oublier tout ce qui peut être oublié ». Elle vote, contre la gauche, les lois d’amnistie de 1951 et 1953, fort clémentes.

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    Ces années 1950 sont bien celles du refoulement. Même si, parfois, certains événements viennent réveiller la mémoire collective (procès des bourreaux d’Oradour sur Glane à Bordeaux en 1953, parmi lesquels 14 « malgré-nous », condamnés mais vite amnistiés), s’installe le « syndrome de Vichy ». Cette expression est le titre de l’ouvrage pionnier d’Henry Rousso ( paru au Seuil en 1997). Pour l’auteur, le syndrome se décompose en quatre grandes étapes: le deuil inachevé dans l’immédiat après-guerre (de 1944 à 1954), refoulements et rejeux (de 1954 à 1971), le miroir brisé (de 1971 à 1974) et l’obsession (depuis le milieu des années 1970).

 

Sources principales:

- Françoise Armand et Fabrice Barthélémy: « Le londe contemporain. L’histoire en terminale », Le Seuil, 2004.

- Divers manuels de terminale.

 

Liens:

* Sur le site de l’APHG de Caen. 

- « Histoire et mémoires de Vichy et de la Résistance« , conférence de Pierre Laborie, EHESS.

- « Histoire et mémoires de la Seconde guerre mondiale en France. Pistes de travail ».

- « La France et l’attitude des Français  sous l’occupation« .

* Un compte rendu de l’ouvrage clef d’Henry Rousso: le « syndrome de Vichy ».

 

Conseils de lecture:

- Pierre Vidal-Naquet: « Les assassins de la mémoire: un Eichmann de papier et autres essais sur le révisionnisme », Le Seuil, 1995.

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