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8 morts au métro Charonne.

Posté par bricabraque le 21 février 2008

8 morts au métro Charonne. dans Algérie 110192 

http://www.parisfaubourg.com/2007_03_01_parisfaubourg_archives.html

L’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) est un mouvement clandestin et terroriste créé en février 1961. Il regroupe des Français d’Algérie et des militaires déserteurs (après l’échec du « pustsch des généraux »). Ces membres tentent d’empêcher les négociations entre le gouvernement français et le FLN, puis l’application des accords d’Evian.

Cette organisation paramilitaire utilise les explosions au plastic et les assassinats individuels. Les attentats visent avant tout des personnalités (à commencer par le général de Gaulle), des communistes, des associations soutenant le FLN, les Algériens d’une manière générale (« ratonnades »). A l’approche du cessez-le-feu, les violences atteignent leur paroxysme.

L’OAS bénéficie du soutien de la majorité des pied-noirs à l’automne 1961, avant que sa politique de la terre brûlée ne lui aliène ce soutien. L’opinion métropolitaine rejette globalement ce combat d’arrière-garde mené par des « ultras » de l’Algérie française.  Aussi, de nombreuses manifestations, généralement interdites par les autorités gaullistes, dénoncent les violences aveugles de l’organsiation aux cris de « l’OAS fasciste ». 

Le portrait d’une petite fille atrocement mutilée dans un attentat visant André Malraux fait la une des journaux et stigmatise l’OAS. Le 8 février 1962, quelques jours après ce fait divers, une manifestation est organisée à l’appel du PCF avec un mot d’ordre fédérateur: pour la paix et contre l’OAS. Cette manifestation, interdite, rassemble des militants du PCF, d’organisations de gauche et d’extrême gauche.

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Le 13 février 1962, le cortège funèbre accompagnant les victimes de Charonne au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, rassemble plus d’un million de personnes.

Interdite, la manifestation est réprimée avec une extrême violence. Dans son ouvrage qui fait désormais autorité sur le sujet, « Charonne. 8 février 1962. Anthropologie d’un massacre d’Etat » (Gallimard, folio Histoire), Alain Dewerpe démontre de façon très convaincante que cette tragédie fut en en partie prémédité. Le pouvoir gaulliste, hostile par principe aux manifestations, donne des consignes d’extrême fermeté, appliquées avec beaucoup de zèle par la police dont certains membres sont gagnés aux idées de l’OAS.

Les morts découlent des violentes charges de la police qui frappe grâce aux bidules. Contrairement à ce qu’affirmait une légende tenace,  les manifestants ne furent pas écrasés contre les grilles d’entrée du métro restées fermées.

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Aussitôt après le massacre, les autorités cherchent à se dédouaner de toute responsabilité. Le ministre de l’intérieur Frey et le préfet de police, Maurice Papon, considèrent que les manifestants sont en partie responsables de leur sort puisque la manifestation avait été interdite. En insistant sur la bousculade, le piètinement, ils laissent penser que ces morts sont dues à un mouvement de panique qui aurait conduit au piétinement des individus tombés à terre. Il s’agirait tout au plus d’un regrettable accident lié à la fatalité. En réalité, les décès sont provoqués par les coups répétés des forces de l’ordre, les policiers n’hésitant pas non plus à jeter les grilles qui entourent les arbres sur les manifestants entassés dans les escaliers du métro.

Maurice Duverger ne s’y trompe pas lorsqu’il écrit dans Le Monde: »C’est la première fois qu’un gouvernement fait tuer ceux qui soutiennent son action [dans la dénonciation commune des crimes de l'OAS]« .

Ce drame suscite une immense émotion: une grève mobilise près de 2 millions de personnes le 9 février; le 13, les obsèques des 8 victimes (auquel il convient d’ajouter un neuvième individu, mort des suites de ses blessures) rassemblent de 125 000 à 1 million de manifestants selon les estimations.

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Pourtant, tout est fait pour taire l’événement. Presse et télévision aux ordres restent muettes Les responsables des massacres furent rapidement couverts ou amnistiés ( en 1966), malgré une enquête policière accablante. Les victimes ne reçurent que de faibles indemnités, car les tribunaux retinrent la thèse de la responsabilité partagée. Les manifestants conscients que cette manifestation était interdite aurait dû rester chez eux.

Le 8 février 2007, quarante-cinq ans après les faits, le carrefour à l’intersection de la rue de Charonne et du boulevard Voltaire a été nommé place du 8-Février-1962, par Bertrand Delanoë, maire de Paris.

Plus grave, le pouvoir tente même d’effacer la mémoire du crime, interdisant, jusqu’en 1982, de manifester sur les lieux du drame. Les plaques commémorant l’événement ne seront apposées que très tardivement. 

Liens:

- [LDH-Toulon] Charonne, 8 février 1962 : un crime d’Etat

- Compte rendu du maître ouvrage d’Alain Dewerpe: « Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État« , Paris, Gallimard, coll. « Folio-Histoire inédit », 2006, 897 p., 10 euros.

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Etude de cas en Terminale STG: la Chine.

Posté par bricabraque le 17 février 2008


La Chine s’étend sur 9,5M de km², le troisième mondial en terme de superficie. Surtout, il s’agit du pays le plus peuplé puisqu’il concentre près de 25% de la population terrestre (1,3 milliard d’hb). Depuis l’ouverture économique du pays à la fin des années 1970,
la Chine est devenue  une puissance mondiale majeure et un acteur crucial du développement économique en Asie. 

Etude de cas en Terminale STG: la Chine. dans Asie CHINE-I-_Converti_   Cette croissance économique s’accompagne d’un régime politique dictatorial, dont ne profite vraiment que les espaces littoraux à l’est du territoire.    I.                    Une puissance majeure de l’aire asiatique. 

  1. un géant démographique et politique. 

* Forte de son 1,3 milliard d’habitants,
la Chine dispose d’une force de travail et d’un marché de consommation intérieur considérable. Dans les années 1980, les autorités chinoises mènent une politique antinataliste, la « politique de l’enfant unique » qui pousse les familles à limiter leur descendance, sous peine de sanction financière.

 * L’influence politique de la Chine n’est pas négligeable depuis qu’elle est membre du conseil de sécurité  de l’ONU en 1971 (elle y est la seule puissance asiatique).
Elle dispose d’une armée moderne. Puissance atomique, elle se lance aujourd’hui dans la conquête spatiale. Elle entend devenir le poids lourd  de la zone asiatique. Les tensions subsistent entre
la Chine et l’île de Taiwan, refuge des nationalistes chinois depuis 1949 à la fin de la guerre civile remportée par les communistes. 

2. une puissance économique en gestation. 

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* La Chine connaît depuis les années 1990 une croissance exceptionnelle de plus de 8% par an, un rythme beaucoup plus rapide que celui des pays dela Triade. Désormais quatrième puissance mondiale derrière les EU, le Japon et l’Allemagne et la troisième puissance commerciale avec 8% des échanges mondiaux.

 * Aujourd’hui, elle est le principal pays-atelier de la planète, bénéficiant des bas coûts de sa main d’œuvre qui favorise l’installation d’industries exportatrices. Le pays produit 70% des jouets mondiaux, 50% des ordinateurs portables et 20% du textile. 

3. Les facteurs de la puissance. 

* A la fin des 1970’s, les autorités chinoises abandonnent le modèle économique collectivisé typique des économies communistes et adoptent progressivement les règles du capitalisme économique afin de rattraper le retard avec l’Occident. L’initiative privée est encouragée et on parle désormais d’ « économie socialiste de marché ».   

- Au cours des années 1980, des zones économiques spéciales sont créées dans les régions littorales, notamment dans le sud, pour accueillir les capitaux étrangers : Hainan, Zhuhai, Shenhen, Shantou, Xiamen, Pudong… 

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 - Ces ZES se transforment en de gigantesques ateliers de fabrication industrielle. 
La Chine devient un des principaux pays d’accueil des IDE (investissements directs étrangers attirés par une main d’œuvre peu onéreuse et un marché potentiel très important). De puissantes multinationales prospèrent : TCL dans l’électroménager, l’informatique également avec le rachat récent d’IBM. 
L’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001 confirme cette stratégie d’ouverture mondiale de
la Chine. 

* En revanche, dans le domaine politique, le régime chinois reste monopolisé par le parti communiste et reste une dictature (censure, emprisonnements des opposants politiques…). 

II.                 De forts déséquilibres subsistent. 

  1. des déséquilibres territoriaux. 

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Carte trouvée sur: http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartotheque/produit-interieur-brut-par-habitant-chine-2001.shtml

* la Chine littorale représente 14% de la surface du pays, mais concentre 40% de la population, 2/3 du PIB et 9/10 des investissements étrangers et du commerce extérieur. C’est le littoral, ouvert sur le monde qui porte la croissance chinoise. 

 * Trois zones urbaines dominent ces espaces littoraux : 

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L’idéal olympique selon les autorités chinoises.

- Pékin, Tianjin diversifient leurs activités industrielles. La première joue un rôle politique majeur en tant que capitale. Par ailleurs, elle mise sur les J.O. qu’elle accueille cette année. 

- Shanghaï et ses 12 millions d’habitants reste le grand centre économique et culturel. Elle accueille un gigantesque port, qui profite de la diversité industrielle de la ville.

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Pudong, le quartier des affaires de Shanghai.

-          La province du Guangdong au sud du pays profite tout particulièrement de l’ouverture (11% du PIB) avec Canton-Shenzhen-Hongkong. Il s’agit de la deuxième place financière asiatique derrière Tokyo. Il s’agit enfin d’un grand centre technologique qui se spécialise dans les NTIC. 

* la Chine intérieure est densément peuplée (43% de la population vit sur le quart du territoire). Il s’agit d’espaces avant tout ruraux.  * la Chine de l’ouest reste un espace marginal, aux densités faibles dans les vastes étendues désertiques et élevées de l’ouest (Xinjiang, Tibet). Elle se trouve en marge de la mondialisation. L’Etat y mène une politique de fronts pionniers.

2. Les déséquilibres sociaux. 

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* Une fracture très nette existe entre les populations concentrées sur le littoral qui profitent de l’ouverture du pays, s’enrichissent, et une population rurale encore majoritaire (60% de la population) et qui ne profite pas de la croissance.  Dans les métropoles, si une classe moyenne importante apparaît, les salaires moyens restent très faibles et les conditions d’existence restent difficiles pour de nombreux salariés. 

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Carte trouvée sur http://www.ladocumentationfrancaise.fr/cartotheque/chine-idh-2003.shtml

* Les inégalités de richesse expliquent la faiblesse de l’IDH de la Chine : 0,76 (au 85è rang mondial) et les migrations massives de paysans pauvres vers les villes littorales. Ces « populations flottantes » représenteraient près de 150 M d’individus, difficiles à gérer pour les autorités.   

* La grande pauvreté persiste à un niveau très inquiétant puisque la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. D’autre part, compte tenu du nombre d’emploi, la croissance économique ne permet une création suffisante d’emploi et le chômage s’avère préoccupant (5% officiellement, mais plus vraisemblablement 10 à 15%). 

 Liens:- superbe dossier consacré à la Chine sur Curiosphere.tv.

- Des statistiques récentes sur la Chine.

Publié dans Asie, géographie, TCFE | 3 Commentaires »

Le Black Panther Party.

Posté par bricabraque le 16 février 2008

 Le Black Panther Party. dans approfondir Hueybobby

Les deux fondateurs des Black Panthers, Bobby Seale et Huey Newton.

La montée des contestations face à la stratégie non violente des mouvements des droits civiques au sein de la communautés afro-américaine entraîne la création d’organisation radicales qui justifient l’autodéfense face une police raciste et violente. En octobre 1966, Huey P. Newton et Bobby Seale fondent le Black Panther Party (BPP) à Oakland (Californie).

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Huey Newton sur son trône.

 La mission initiale du parti est de protéger les communautés noires des vexations, violences et discriminations auxquelles se livrent la police sur les communautés noires. Les militants sillonnent le ghetto d’Oakland, le quartier noir de San Francisco, arme au poing et code civil en évidence (le port d’arme est un droit constitutionnel). Ils suivent à la trace la police pour prévenir légalement le harcèlement policier.

Le BPP rédige un programme en dix points pour les Noirs américains. Ils s’y prononcent pour :

-         la capacité à décider du futur de la communauté noire

- le pein emploi

- la fin de l’exploitation des noirs par les blancs et les dédommagements qu’impliquent les vols antérieurs

- un habitat décent

- une éducation permettant aux Noir de connaître leur culture et en finir donc avec une éducation mensongère qui nie le rôle des noirs dans la construction de l’Amérique

- l’exemption du service pour les noirs

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Le symbole du parti: la panthère noire.

- la fin des violences policières et des assassinats racistes

- la libération des prisonniers noirs victimes d’une justice inique. Justice à réformer avec la mise en place de jurys composés de noirs, seuls habilités à juger les noirs

- un programme social plutôt large : pain, terre, habitat, vêtement, écoles

- enfin l’organisation d’un plébiscite, supervisé par l’ONU, permettant aux noirs de se prononcer sur leur avenir au sein des Etats-Unis.

Ils adoptent la panthère noire pour emblème, car ce fauve n’attaque pas, recule face à l’ennemi, mais, acculée dans ses derniers retranchements, sa riposte et terrible. Fièrement, ils arborent des vestes de cuir, bérets noirs enfoncés sur le crâne. 

Frantz Fanon, Marcus Garvey et Malcom X constituent leurs principales références idéologiques. L’attitude de ce dernier, ses discours virulents inspirent tout particulièrement les panthères.

Les panthères multiplient les provocations En mai 1967, ils pénètrent armés dans l’Assemblée de l’état de Californie à Sacramento. Bobby Seale clame alors: »les temps est venu pour les noirs de s’armer contre la terreur avant qu’il ne soit trop tard ».

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Le Black Panther Party en démonstration devant l’Assemblée de l’état de Californie.

L’audience croissante du BPP, grâce notamment au soutien de personnalités emblématiques comme Elridge Cleaver ou Angela Davis, consterne les forces de police. Ces dernières harcèlent les militants du BPP et leurs cherchent des chicanes afin de les discréditer. Désormais, les membres du BPP sont traqués et emprisonnés dès que possible: Seale est emprisonné pour six mois en 1967; en octobre de la même année, c’est au tour Newton, condamné pour le meurtre d’un policier après une violente altercation entre les Panthers et les forces de l’ordre dans les rues d’Oakland.

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Angela Davis.

Aussitôt, un vaste mouvement de soutien à se dernier se met en place et organise un comité de soutien nombreux, qui rassemble blancs et noirs derrière le slogan « Free Huey » (le prénom de Newton). Les Panthers bénéficient aussi du soutien de personnalités qui justifient l’attitude de l’organisation: Marlon Brando, Jean Seberg, la chanteuse du Jefferson Airplane Grace Slick, Angela Davis, Leroi Jones, les Last Poets…

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Manifestation réclamant la libération d’Huey Newton. 

La médiatisation du message des Panthers doit aussi beaucoup à quelques événements clefs comme la remise des médailles aux athlètes noirs américains du 200 m, lors des JO de Mexico. En hommage à la lutte des Panthers aux Etats-Unis, Smith et Carlos, premier et troisième de la course, brandissent chacun un poing ganté de noir, baissent la tête alors que l’hymne américain retentit. Exclus de la délégation américaine, les deux sportifs perdent leur médaille.

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Smith et Carlos brandissent le poing en soutien aux Panthères.

A partir de 1968, la pression des autorités sur les Panthers monte d’un cran, le BPP et la police se livrent une guerre de tous les instants. En novembre 1968, Edgar Hoover affirme que le BPP représente « le plus grave danger pour la sécurité du pays ». En tant que patron du FBI, il engage dès lors une répression impitoyable de l’organisation et réactive le COINTELPRO (COunter INTELligence PROgram), un programme destiné à anéantir tous les fauteurs de troubles aux yeux des autorités (les communistes, le mouvement étudiant, la nouvelle gauche).

Désormais, les assassinats de Panthers sont couverts par le FBI. La stratégie de certains Panthers qui consiste à former des coalitions rassemblant les classes populaires, quelque soit la couleur ou l’origine des individus, inquiète beaucoup. Ainsi, le meneur de l’organisation à Chicago, Fred Hampton est tué après une opération  soigneusement planifié. En six ans, près de 28 membres du BPP sont tués dans des affrontements avec la police, dont des mouchards infiltrent les rangs de l’organisation pour mieux l’anéantir.

 Dans ses conditions, l’audience du parti décline très rapidement. Les Panthers sont aussi contraintes d’adopter une nouvelle stratégie. Newton et Seale acceptent le jeu démocratique et abandonnent les références trop agressives à l’autodéfense, qui leur aliénait de nombreux soutiens au sein de la communauté noire. Cet adoucissement des positions entraîne en contrepatire les critiques des plus radicaux. Bobby Seale est ainsi candidat aux élections municiapales d’Oakland en 1973 et arrive en deuxième position après avoir recueilli près de 40% des suffrages. 

Ils abandonnent leurs références marxistes et optent pour des actions caritatives concrètes comme la distribution de petits déjeuners aux enfants des écoles, ou établir des cliniques pour les familles pauvres qui ne peuvent pas se soigner convenablement.

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Stokely Carmichael et Bobby Seale.

 Plusieurs eléments d’explication peuvent expliquer la fin du mouvement:

- la répression policière impitoyable en premier lieu. Elle prive progressivement les Panthers de leurs têtes pensantes. Les méthodes utilisées pour éliminer le BPP illustrent les limites du modèle américain. Les entorses à la démocratie sont admises et encouragées face aux groupes que les autorités désignent comme dangereux.

- les membres fondateurs du mouvement entretiennent un rapport complexe avec la légalité. Cleaver, Newton et Seale ont tous des casiers judiciaires chargés. La légitimation de la violence fait perdre de la crédibilité au mouvement. 

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- Le parti manque d’organisation et les règlements de compte entre membres des Panthers sont légions.

- la faiblesse idéologique du parti joue aussi un rôle non négligeable dans le déclin du BPP, qui se réclame tour à tour du marxisme, de Franz Fanon, Garvey, Malcom X, Castro, Ho Chi Minh… Au bout du compte, il semble difficile de résumer leur philosophie politique. L’alternance de projets concrets et d’objectifs utopiques désarçonne aussi leurs interlocuteurs.

- L’ambigüité de son discours sur les relations avec les Blancs sème souvent le trouble. 

- Enfin, les avancées, même timides, dans la lutte pour les droits civiques expliquent en partie le reflux du parti.

Finalement, c’est lorsque les BPP se lancent dans des projets concrets et abandonnent leur réthorique violente, mettent en sourdine leur discours séparatistes, qu’ils deviennent les plus efficaces et les plus redoutables pour les autorités. La stratégie d’un Fred Hampton à Chicago qui parvient à créer une alliance avec les groupes latinos et les blancs pauvres de la ville, déstabilisent les autorités qui prennent peurs et n’hésitent pas à frapper fort. Hampton sera tué devant sa femme et son enfant au cours d’une opération menée par le FBI.

Fred Hampton

Au bout du compte, si il est difficile d’appréhender cette mouvance et son héritage, qui s’inscrivent dans le cadre plus large du Black Power, il serait faux de les réduire à un racisme renversé comme c’est trop souvent le cas.

Publié dans approfondir, Racisme / Ségrégation EU | 5 Commentaires »

Article amélioré et approfondi sur les chansons anti guerre du Vietnam.

Posté par bricabraque le 15 février 2008

 Article amélioré et approfondi sur les chansons anti guerre du Vietnam. dans guerre froide / relations internationales

Hendrix lors du festival de Woodstock.

Nouvelle version, améliorée et approfondie, de l’article sur les chansons anti guerre du Vietnam sur Lire-Ecouter-Voir: plus de titres et de nombreux échantillons sonores.

 

Publié dans guerre froide / relations internationales, L'HISTGEOBOX / musique et politique, Lire-écouter-voir. | Pas de Commentaire »

Lire-Ecouter-voir

Posté par bricabraque le 14 février 2008

A lire, deux articles passionnants sur Lire-Ecouter-voir:

 Lire-Ecouter-voir rambo

Rambo, symbole de l’Amérique triomphante ou désenchantée ? , par R. Tribouilloy.

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- L’atelier populaire et les affiches de mai 68 , par J.C. Diedrich.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Le Black Power

Posté par bricabraque le 13 février 2008

Le Black Power dans approfondir CrimeScene1 

James Meredith blessé lors de la Marche contre la peur en 1966.

En 1966, alors qu’il entame une marche pacifique pour le droit de vote des noirs dans le Mississippi, James Meredith est blessé par balle le 6 juin. Le lendemain, Martin Luther King (MLK) et les dirigeants d’autres organisations militantes décident de continuer la marche. Ils parcourent pendant trois semaines l’Etat et réussissent à faire inscrire près de 30 000 noirs sur les listes électorales. Le 25 juin, ils sont 15 000 à rallier Jackson, capitale de l’Etat. 

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MLK et Malcom X, deux leaders du mouvement de lutte des Afro-américains aux stratégies opposées.

Cette « marche de la peur » consacre aussi les divergences entre les leaders de la lutte en faveur des noirs. Si MLK persiste dans sa stratégie non-violente, Stokely Carmichael, à la tête du SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee), esquisse sa stratégie de lutte raciale pour la prise de pouvoir. Il considère que désormais les Blancs progressistes n’ont plus leur place dans ce type de manifestations. Les blancs sont écartés des leviers de commande du SNCC à partir du printemps 1966. 

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Stokely Carmichael à la tribune.

Le livre de Carmichael et Hamilton, Black Power (1967), sous-titré la politique de la libération en Amérique, tente de définir et résumer ce concept. Le point de départ est l’analyse de l’Amérique noire comme colonie dans la mère patrie. A partir de ce constat, il souligne la nécessité pour les noirs américains d’acquérir une véritable identité, dégagée des valeurs blanches dominantes.

Pour Carmichael, les manifestations non-violentes ne peuvent pas mettre un terme au racisme blanc. Dans ces conditions, les Noirs doivent pouvoir se défendre. D’autres organisations qui se réclament du Black Power assument ce recours à l’auto-défense, notamment les Black Panthers. 

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Carmichael critique avec virulence la stratégie non violente du dr King, Greenwood (1966).

Dans le but de se constituer en force sociale autonome. Les adeptes du B. P. rejettent le paternalisme, les concessions faites aux noirs par les blancs et reprennent à leur compte la formule d’Aldous Huxley: »les libertés ne se donnent pas, elles se prennent ».

 Au delà de l’expression popularisée par Carmichael, le Black Power correspond à la deuxième phase du mouvement pour la liberté (1966-1975). Il s’agit d’un amalgame d’organisations et d’intérêts disparates, mais qui ont tous pour but de renforcer le « pouvoir noir ».  Aux yeux des adeptes du Black Power, l’Amérique blanche est incapable d’abandonner ses pratiques discriminatoires, les noirs doivent donc s’organiser de manière autonome, se doter de leur propre pouvoir: le Black Power (B. P.).

Il semble possible d’identifier plusieurs tendances au sein de ce B. P.:

- un nationalisme économique perceptible au sein du CORE, avec la création de banques et d’entreprises noires entièrement séparées des Blancs.

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Elijah Muhammad et Malcom X avant son éviction de la Nation of islam.

- un nationalisme religieux avec la Nation of islam du conservateur Elijah Muhammad qui prône une séparation stricte entre les races. Son journal Muhammad speaks réserve ses colonnes aux mouvements de libération du Tiers Monde et s’oppose fortement à la participation des Noirs à la guerre du Vietnam.

- un nationalisme culturel mettant l’accent sur le rôle de l’identité et de l’héritage africains, ainsi que sur la création d’une nouvelle « esthétique noire », identifiables dans de nombreux domaines artistiques: la littérature avec le poète et dramaturge Leroi Jones; la musique avec le groupe des Last poets, précurseurs du rap et proches des Black Panthers…

- un nationalisme révolutionnaire fondé sur une critique marxiste des inégalités de race et de classe et une solidarité marquée avec les pays du Tiers Monde qui émergent (League of Revolutionary Black Workers; Black Panthers).

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La panthère noire, symbole du Black Panther Party

- un nationalisme politique animé par des militants qui optent pour une stratégie électorale en cherchant à se faire élire à es postes stratégiques.

Ce « militantisme noir » s’exprime de nombreuses manières : dans la vie quotidienne avec le choix de noms swahili, yoruba ou arabe ; l’adoption de la coupe afro ; le port de robes africaines ; l’attrait pour l’islam; la création d’écoles réservées aux enfants noirs, de centres culturels, d’espaces de sociabilisation divers apprenant aux noirs à ne compter que sur eux-même, à se respecter et à refuser l’intégration dans le monde blanc. C’est là le point de rupture fondamentale avec la SCLC de Martin Luther King, cible des critiques virulentes de Carmichael ou Malcom X, qui ne voit en lui qu’un « oncle Tom » soumis aux bonnes volontés des blancs.

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Les Last Poets

La figure la plus connue de cette mouvance reste sans conteste Malcom X, dont le parcours sinueux rend l’appréhension de sa stratégie politique difficile à saisir.

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La lutte pour les droits civiques en photographie (épisode 1)

Posté par bricabraque le 11 février 2008

Cet article revient sur la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis par le biais de la photographie. Ce travail s’inspire d’un ouvrage remarquable « Freedom_ une histoire photographique de la lutte des Afro-américains ». Nous nous intéresserons dans un premier temps à la période allant de 1954 à 1963, de l’arrêt Brown vs Board of education à la veille de la Marche de Washington. 

* 1954 : avec l’arrêt « Brown contre le Bureau de l’éducation » (vs Board of education), la Cour suprême déclare que la ségrégation dans les écoles est anticonstitutionnelle.

La lutte pour les droits civiques en photographie (épisode 1) dans approfondir ThurgoodMarshalletal

George E.C. Hayes, à gauche, Thurgood Marshall, au centre, et James M. Nabrit, les avocats qui ont mené le combat devant la Cour Suprême afin d’abolir la ségrégation dans les écoles publiques. Ils descendent les marches de cette Cour suprême à Washington, le 17 mai 1954. Ce même jour, à l’unanimité des 9 voix, la Cour suprême donne raison à la NAACP en déclarant illégale la doctrine « séparés mais égaux » qui avait justifié la ségrégation légale.

* 1955 : le 1er décembre, une militante de la NAACP, Rosa Parks, est arrêtée à Montgomery (Alabama), parce qu’elle a refusé de laisser sa place à un Blanc dans un bus.

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Rosa Parks se faisant prendre les empreintes digitales après son arrestation, Montgomery, 22 février 1956.

Dans beaucoup de ville du sud, la majorité des voyageurs des bus publics sont des noirs, on les oblige pourtant à s’asseoir à l’arrière et ils doivent à la demande céder leurs sièges à des blancs. Le premier décembre 1955, Rosa Parks, une couturière, militante de la NAACP, refuse de céder sa place à un blanc. Elle est arrêtée.

 * Le 5 décembre, la grande majorité des citoyens noirs de Montgomery décide de participer au boycott des bus, lancé par le Women’s Political Council et la NAACP.


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Femme boycottant les bus de Montgomery, décembre 1955.

Le 5 décembre, 95% des usagers noirs des bus publics de la ville refusent de les emprunter. Ce même jour, les initiateurs du boycott fondent la Montgomery Improvment Association et élisent pour le présider un pasteur âgé de 26 ans, Martin Luther King. Un boycott illimité est décidé. De nombreux noirs sont licenciés à cause de leur participation au boycott.
 


L’engagement non violent de Martin Luther King doit bien sûr à l’enseignement de la Bible et à sa foi chrétienne, mais aussi aux idées de Gandhi. Agir directement, mais sans violence devient la stratégie directrice du mouvement pour les droits civiques. De toutes les manifestations, sit-ins, le doctor King se fait arrêter et emprisonner à de nombreuses reprises par les autorités.
 

1956 : en février, Autherine Lucy, première étudiante noire a être admise à l’université de l’Alabama, est obligée de quitter l’université après des jours d’émeutes provoquées par des étudiants blancs.

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L’université d’Alabama refuse d’admettre des étudiants noirs. En février 1956, les avocats du comité de défense juridique de la NAACP, Thurgood Marshall (au centre de la photo) et Arthur Shore (à droite), obtiennent un arrêt du tribunal obligeant l’université de l’Alabama à admettre Autherine Lucy (à gauche). Mais elle doit rapidement renoncer à suivre les cours après l’intrusion de centaines de blancs vociférant « lynchez la négresse ».

* Le 13 novembre, la Cour suprême approuve la déségrégation dans les bus de Montgomery. Le boycott prend fin un mois plus tard.

* Le 11 juin 1957, Martin Luther King devient le chef de la Southern Christian Leadership Conference (SCLC).

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MLK posant dans son bureau, sur le mur du fond est accroché un portrait de Gandhi, source d’inspiration constante pour King. En février 1957, à la Nouvelle Orléans, Martin Luther King, Ralph Abernathy, T. J. Jemison fondent la Southern Christian Leadership Conference. King en est élu président en octobre.

* En septembre 1957, 9 élèves noirs voulant s’inscrire au lycée de Little Rock (Arkansas) sont empêchés, pendant des semaines, d’y pénétrer. Ils sont finalement escortés par la Garde nationale fédérale.

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Elizabeth Eckford devant le lycée de Little Rock, le 4 septembre 1957.

 En 1997, dans un discours en hommage aux « neuf de Little Rock », le président Bill Clinton, tint les propos suivants : « Il y a quarante ans, une image a serré le cœur et troublé la conscience de notre nation, une image si puissante que la plupart de ceux qui l’ont vue alors s’en souviennent encore. Une jeune fille de 15 ans, habillée d’une robe fraîche noire et blanche, avec seulement un cahier, entourée par des tas de gens, garçons et filles, hommes et femmes, soldats et policiers. Elle garde la tête haute, regarde droit devant elle. Et elle est seule, complètement seule. Elle fut rejetée par des gens qui avaient peur du changement, qui agissaient par ignorance et qui haïssaient tout simplement ce qu’ils ne pouvaient pas comprendre. L’Amérique la vit, assiégée et livrée aux sarcasmes à cause simplement de la couleur de sa peau, et cette image nous troubla au plus profond de nous même ».

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Les neuf élèves de Little Rock sont escortés par la garde nationale fédérale.

1960 : en février, une vague de sit-ins pour protester contre la ségrégation dans les cafétérias commence après que 4 étudiants noirs ont demandé à être servis dans la cafétéria de Woolworth, réservée aux Blancs, à Greensboro (Caroline du nord).

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Le 1er février 1960, quatre étudiants noirs entament une manifestation non violente contre la ségrégation régnant dans la cafétéria du magasin Woolworth de Greensboro. En quelques jours, des centaines d’étudiants prennent part à des sit-ins, qui gagnent bientôt de nombreuses villes du sud. De nombreux étudiants et des professeurs sont renvoyés par les administrations des universités, mais ils obtiennent finalement satisfaction, puisque la ségrégation est abolie dans le magasin Woolworth de Greensboro à l’été 1960.

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Malgré la non-violence des manifestations, les participants aux sit-ins sont souvent attaqués par des Blancs en colère. D’ailleurs de jeunes blancs, hostiles à la déségrégation occupent les comptoirs de nombreux magasins pour empêcher les sit-ins.

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En 1960, le batteur de jazz Max Roach, secondé par Coleman Hawkins et Abbey Lincoln sort un album engagé We insist ! Freedom Now Suite. La pochette fait ici référence aux sit-ins de Greensboro. Trois jeunes noirs, fiers et sereins, défient le photographe du regard, attendant que le serveur, tendu, ne les servent. 

1960: la petite Ruby Bridges, six ans, est la première enfant afro-américaine à intégrer une école blanche en Louisiane. Devant l’hostilité des populations blanches locales, mais aussi des officiers de l’état de Louisiane, elle ne peut pénétrer dans l’établissement qu’accompagnée de maréchals fédéraux.

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Le tableau de Norman Rockwell, The problem will all live with (1964), inspiré de cet épisode douloureux.

Le 15 avril 1960, le Student Nonviolent Coordinating Commitee (SNCC) est créé lors d’une réunion de la SCLC à Raleigh (Caroline du nord).

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Student Nonviolent Coordinating Committee poster, about 1963

1961 : En mai, les marcheurs de la liberté (Freedom riders), des manifestants noirs et blancs, commencent à sillonner ensemble tout le Sud pour imposer la déségrégation dans les bus et les lieux publics.

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http://afroamhistory.about.com/od/civilrightsmovement/ig/Civil-Rights-Movement-Photos/Freedom-Riders.htm

A Anniston et Birmingham (Alabama), les Marcheurs de la liberté sont brutalement arrêtés par des bandes de Blancs.

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Un bus transportant des Freedom riders incendié, à Anniston (Alabama), le 14 mai 1961.

Depuis la fin des 1940′s, le CORE (Congress of Racial Equality) organise des actions non violentes contre la ségrégation raciale dans les bus inter-Etats. Ces « voyages de la réconciliation » rassemblent Blancs et Noirs dans les sections des bus réservés aux blancs. Quinze ans plus tard, la ségrégation dans les transports en commun étant désormais anticonstitutionnelle, le CORE met en place des « Voyages de la liberté ». A de nombreuses reprises, les « marcheurs de la liberté » sont pris à parti, harcelés, agressés. A Anniston, 200 individus arrêtent le bus crèvent ses pneus et l’incendie, tandis que les militants sont frappés. Le procureur général Robert Kennedy demanda au sénateur du Mississippi Eastland de garantir la sécurité  des marcheurs de la liberté.

1962 : La Cour suprême ordonne que James Meredith soit admis à l’université du Mississippi. Des troupes fédérales l’accompagnent jusqu’à sa salle de cours.

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James Meredith escorté par des officiers fédéraux afin de pouvoir s’inscrire à l’université du Mississippi, le 1er octobre 1962.

Le Mississippi reste un des états les plus opposés à la déségrégation. Or, cette politique ségrégationniste est remise en cause par le jeune James Meredith, lorsqu’il demande à être admis à l’université en 1961. Après un refus de l’administration, la Cour suprême donne raison à Meredith et impose son admission. Des officiers fédéraux ont pour mission de l’escorter. Mais JFK doit dépêcher des troupes sur l’ensemble du campus, investi par des émeutiers hostiles à l’admission du jeune noir. Le bilan des émeutes s’élève à 2 morts et des centaines de blessés. Meredith persiste et obtient son diplôme en 1963.

1963 : le 2 avril, la SCLC lance un puissant mouvement de protestation à Birmmingham (Alabama) contre la politique de ségrégation de la ville. La manifestation pacifique est brutalement réprimée par la police.

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Birmingham, le 3mai 1963. Des canons à eau sont utilisés afin de disperser des manifestants pacifiques.

La ville de Birmingham (Alabama) était considérée comme un des bastions de la ségrégation raciale dans le Sud. La communauté noire de la ville (40% de la population) vivait la peur au ventre tant les brutalités et vexations quotidiennes restaient fréquentes. La situation n’était d’ailleurs pas une spécificité municipale. Ainsi, dans son discours inaugural en janvier 1963, le gouverneur de l’état, George Wallace lança en guise de programme politique: »Ségrégation aujourd’hui! Ségrégation demain! Ségrégation toujours! ».

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Birmingham (Alabama), le 3 mai 1963. William gadsdan attaqué devant l’église baptiste de la 16e rue.

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Birmingham, le 3mai 1963. Des canons à eau sont utilisés afin de disperser des manifestants pacifiques, dont de nombreux enfants.

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Organisateur des manifestations pacifiques, Martin Luther King et ses compagnons furent arrêtés par les autorités municipales. MLK rédige à l’attention du clergé blanc local sa « lettre de la prison de Birmingham« .

Le 12 juin, un responsable de la NAACP, Medgar Evers, est assassiné devant sa maison à Jackson (Mississippi).

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MLK aux funérailles de Medgar Evers.

Medgar Evers devient en 1954 le secrétaire de terrain de la NAACP du Mississippi. Il multiplie les enquêtes sur des violences racistes. Le 12 juin 1963, il est tué d’une balle dans le dos alors qu’il sort de sa voiture. Deux jurys composés de blancs refusent de condamner son assassin, malgré les preuves accablantes qui pèsent sur lui. Il faudra attendre 1994 pour que Byron de la Beckwith soit condamné et emprisonné (sur le titre que Dylan consacre à cet événement).

Sources principales:

- « Freedom_ une histoire photographique de la lutte des Afro-américains », Phaidon.

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- Separate is not equal: Brown vs Board of education. 

Liens:

- L’article sur La lutte pour les droits civiques en musique (1955-1964).

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Actuellement sur Lire-Ecouter-Voir.

Posté par bricabraque le 9 février 2008

Actuellement sur Lire-Ecouter-Voir. dans Lire-écouter-voir. Persepolis

Lire:

- En kiosque en ce moment , par E. Augris.

- Zipang : la marine japonaise entre passé et présent , par E. Augris.

Wyclef+tube dans Lire-écouter-voir.

Ecouter:

- Mémoires d’un immigré : la mondialisation selon Wyclef Jean, par E. Augris

- La lutte pour les droits civiques en musique (1955-1964).

- Quand la soul s’engage.

- Un disque par sa pochette.

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Voir: - Et si on se faisait une toile: No Country for old men, par R. TRibouilloy.

- « Lust, caution » : L’amour est-il plus fort que le patriotisme ? , par E. Augris.

- L’Iran, la Révolution, l’exil, l’adolescence : Persepolis de M. Satrapi, par E. Augris

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Quelques pochettes de disques surprenantes…

Posté par bricabraque le 7 février 2008

Certaines pochettes de disques font référence, directement ou pas, à des épisodes historiques, d’autres empruntent à des courants artistiques spécifiques. Nous nous intéresserons ici à quelques pochettes surprenantes.

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Quelques pochettes de disques surprenantes... dans L'HISTGEOBOX / musique et politique 9034db26802492beece8edab27621496

La pochette psychédélique du 13th Floor Elevators. Le groupe adopte ce nom en référence à l’absence de treizième étage dans les buildings aux Etats-Unis.

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Quand la soul s’engage.

Posté par bricabraque le 4 février 2008

Quand la soul s'engage. dans L'HISTGEOBOX / musique et politique Birmingham 

Dispersion musclée des manifestations en faveur des droits civiques à Birmingham en 1963. 

La musique soul puise ses racines dans le gospel, auquel fut incorporé la fougue du rythm’n’blues. Cette musique puissamment émotionnelle se développe dans la foulée du succès de Ray Charles en 1954, pour atteindre son plein épanouissement au cours des 1960’s. Dans un premier temps son public se compose principalement de Noirs élevés dans l’ambiance désinhibante de L’Eglise, et de quelques jeunes admirateurs blancs séduits par ces chants qu’ils entendent à la radio.

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