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La révolte des Mau Mau et l’indépendance du Kenya.

Posté par bricabraque le 1 avril 2009

La révolte des Mau Mau et l'indépendance du Kenya. dans Afrique

Jomo Kenyatta lors de l’indépendance du Kenya.

 

Contrairement à l’indépendance relativement pacifique d’autres colonies britanniques telles que l’Ouganda ou la Tanzanie, celle du Kenya fut beaucoup plus chaotique. Le Kenya est une colonie de peuplement anglaise où domine l’économie de plantation. Les propriétaires blancs monopolisent les terres (notamment les terres fertiles des hauts plateaux) dont ont été expropriés les populations indigènes, d’anciens pasteurs, contraints de se louer comme ouvriers agricoles aux nouveaux détenteurs du sol.

Ce problème de propriété foncière irrite profondément les populations colonisées, notamment de nombreux kikuyus (populations de langue bantoue majoritaire) qui revendiquaient des terres fertiles. A la tête de la lutte nationaliste se trouvait Jomo Kenyatta, personnage à la forte personnalité. En 1947, il devient le dirigeant de l’Union africaine du Kenya, dont le slogan « un homme, un vote » entend remettre en cause les profondes inégalités liées à la colonisation. L’administration coloniale ne pouvait accéder à cette demande. Elle se contenta alors de timides réformes, nommant par exemple six Africains au Conseil législatif, qui comprenait 54 membres.

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Arrestation d’individus suspectés de participer à la révolte mau-mau.

 

Au sein du KAU, une minorité (composée surtout de Kikuyus) opte pour une action plus radicale. Le mouvement Mau-Mau était une société secrète traditionnelle, dont les membres faisaient serment de lutter pour la libération de leur terre et s’attaquaient aux Kenyans «loyalistes», employés de l’Etat, enseignants… D’une manière générale, les Mau-Mau entendent expulser les colons européens par les armes. Les membres du mouvement restent soudés grâce à la prestation d’un serment très mobilisateur. Au cours de réunions secrètes tenues au fond des forêts, les Mau-Mau mirent au point des techniques de guérillas efficaces. Les camps de guerre des Mau-Mau étaient établis dans les forêts denses des zones montagneuses et bénéficiaient du soutien des villages rebelles environnants. En 1952, face aux activités menaçantes des Mau-Mau, les autorités proclamèrent l’état d’urgence, qui devait se prolonger durant huit ans. Perçu comme l’instigateur de la révolte, Jomo Kenyatta est condamné à sept ans de prison. Pourtant, ce dernier dénonce les violences perpétrées par les Mau-Mau.

 dans décolonisations

Rebelles Mau-Mau parqués dans un camp.

 

Le régime colonial utilisa toute une gamme de technique pour vaincre les opposants: envoi de troupes britanniques; utilisation de blindés et de l’artillerie, bombardement des camps ennemis, utilisation de Mau-Mau « retournés », traque de l’ennemi grâce à des unités spéciales, déplacement des populations villageoises suspectées d’aider les Mau-Mau afin d’isoler ces derniers. De nombreux kikuyus contestaient le bien fondé de la stratégie des Mau-Mau et assistèrent donc le gouvernment colonial dans la traque de ces derniers, ce qui donna lieu à des règlements de compte sanglants (massacre de Lari).

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L’insurrection s’affaiblira avant de prendre fin en 1956 et les Mau-Mau plieront face à la dureté de la répression. Cela dit, la fin de l’état d’urgence n’est levé qu’en 1960. Dans le même temps, les Britanniques doivent lâcher du lest. Ils octroient quelques ouvertures sur le plan économique et démocratique afin de répondre en partie aux revendications de la majorité noire.

Les colons blancs doivent par exemple accepter le droit de propriété des Africains de toutes ethnies sur les hautes terres en 1959. Les Britanniques autorisent progressivement la formation de partis politiques. Aussi, lors des élections législatives de 1961, la KANU (Union nationale africaine du Kenya) s’affirme. Libéré en 1960, Kenyatta s’impose comme l’incarnation du combat national, ce qui lui permet de conduire les négociations avec Londres. Aux élections de 1963, la KANU remporte les deux tiers des suffrages. Kenyatta devient alors premier ministre. L’indépendance est proclamée en décembre 1963.

Drapeau du Kenya. Les trois couleurs sont celles de la KANU, le parti de Jomo Kenyatta. Le noir figure le peuple africain, le rouge la fraternité (par le sang), le vert la fertilité de la terre kényane. Le bouclier masaï et les deux lances symbolisent la défense de la liberté.

Cette guerre de libération violente et houleuse permet de nuancer l’idée répandue selon laquelle les décolonisations britanniques se seraient déroulées pacifiquement, après une large concertation avec les populations colonisées.

3 Réponses à “La révolte des Mau Mau et l’indépendance du Kenya.”

  1. guy-henri fenech dit :

    Pourquoi toujours ces histoires tronquées à propos d’un pays anciennement colonisé?
    Pourquoi ne pas dire que des milliers de colons blancs furent atrocement mutilés et assassinés, que les kikuyus, à l’origine une petite minorité bantoue secouèrent ce pays dans la haine et dans le sang, (blanc et noire mêlés) que ce pays fut crée de toute pièce par les anglais, et que donc, il qu’il n’y avait aucune propriété ni aucun titres au sens stricto sensu . Si les colons blancs se rassemblèrent sur hautes terres, c’est tout simplement à des fins de,culture et d’élevage. Les bantous vivaient eux dans les terres basses, impropres à la culture, ce qu’ils ne recherchaient d’ailleurs pas vivant comme beaucoup d’entre eux de cueilletes. Ce sont les Anglais qui dessinèrent le Kenya, en définir les infrastructures, bâtirent Nairobi, les lignes de chemins de fer, hôpitaux, écoles etc….Durant leur présence, le Kenya fut l’un des plus prospère pays d’Afrique de l’est. Les maus maus ne furent pendant très longtemps que des petites bandes de voyous, ivres de drogue sans aucune conscience politique. Le fameux Jomo Kenyata mi- chef de bande et de tribu soit disant socialo-communiste ( nous étions en pleine guerre froide) commença à s’attaquer aux commerçants arabes et indiens qui eux faisaient marcher le commerce. Ils s’enfuirent d’ailleurs en grands nombres lors de l’indépendance de ce pays. Quelque temps après le début des révoltes et massacres,les Masaïs se réunirent et vinrent offrir leurs services au Gouverneur, se disant capables en quelques mois de nettoyer le Kenya de la menace Kikuyus, pour des raisons sans doute politiques, ce dernier, refusa leurs aides. Et c’est que nous nous retrouvons avec un pays dont environ 40% de la population est atteinte du sida, avec une agriculture exsangue, ne survivant que grâce au tourisme qui se fait de plus en plus rare.
    Alors vive l’indépendence des pays qui tels le Zimbawe au bord de la famine, de l’afrique du sud avec le plus fort tau de criminalité du monde et vive ces dictateurs à vie!

  2. bricabraque dit :

    voilà un commentaire tout en nuance et constructif. Il me semble que je mentionne les violences des Mau-Mau qui, ne sont, c’est certain, pas des enfants de coeur. Seulement, vous évacuez totalement l’ampleur de la répression par les autorités coloniales, elles furent pourtant particulièrement sanglantes.

    Excusez-moi, d’avoir une lecture quelque peu différente de la votre au sujet du « bon temps des colonies », que vous regrettez manifestement. Les populations indigènes n’avaient sans doute pas de titres de propriété au sens notarial du terme à opposer aux colons, mais ces dernier s’imposent par la force et expulsent sans autre forme de procès. Vous pouvez certes considérer que la loi du plus fort est la meilleure, mais c’est un jugement personnel… Mon objectif est de présenter le plus honnêtement possible des événements historiques, certainement pas de rentrer dans le débat sur ce qui est positif et négatif dans la colonisation ou encore de distribuer des bons points ou des cartons jaunes. Si vous souhaitez endosser la robe du procureur, grand bien vous fasse.

    Enfin, si vous êtes un nostalgique du régime de l’apartheid, c’est votre droit, mais, que vous le vouliez ou pas, ce système politique a une part de responsabilité majeure dans la situation sociale et sanitaire explosive du pays aujourd’hui.

    J.B.

  3. pp dit :

    suis à la recherche d’un livre d’un ethnologue écrie dans les années 50 sur les Mau Mau
    Merci

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