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Avoir vingt ans dans les Aurès.

Posté par bricabraque le 14 juin 2008

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Chanteur contestataire, François Béranger peut-être considéré comme un « chanteur libertaire ».

François Béranger naît le 28 août 1937 à Amilly, non loin de Montargis. Fils d’un militant syndicaliste chrétien, résistant puis député, il est ouvrier aux usines Renault de Boulogne-Billancourt.

Dans son titre « tranche de vie », il narre dans le parler bourru des prolétaires l’histoire d’une génération, celle qui connut la guerre d’Algérie et la contestation du printemps 68.

Lire la suite de l’article et écouter le morceau sur l’Histgeobox.

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8 morts au métro Charonne.

Posté par bricabraque le 21 février 2008

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http://www.parisfaubourg.com/2007_03_01_parisfaubourg_archives.html

L’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) est un mouvement clandestin et terroriste créé en février 1961. Il regroupe des Français d’Algérie et des militaires déserteurs (après l’échec du « pustsch des généraux »). Ces membres tentent d’empêcher les négociations entre le gouvernement français et le FLN, puis l’application des accords d’Evian.

Cette organisation paramilitaire utilise les explosions au plastic et les assassinats individuels. Les attentats visent avant tout des personnalités (à commencer par le général de Gaulle), des communistes, des associations soutenant le FLN, les Algériens d’une manière générale (« ratonnades »). A l’approche du cessez-le-feu, les violences atteignent leur paroxysme.

L’OAS bénéficie du soutien de la majorité des pied-noirs à l’automne 1961, avant que sa politique de la terre brûlée ne lui aliène ce soutien. L’opinion métropolitaine rejette globalement ce combat d’arrière-garde mené par des « ultras » de l’Algérie française.  Aussi, de nombreuses manifestations, généralement interdites par les autorités gaullistes, dénoncent les violences aveugles de l’organsiation aux cris de « l’OAS fasciste ». 

Le portrait d’une petite fille atrocement mutilée dans un attentat visant André Malraux fait la une des journaux et stigmatise l’OAS. Le 8 février 1962, quelques jours après ce fait divers, une manifestation est organisée à l’appel du PCF avec un mot d’ordre fédérateur: pour la paix et contre l’OAS. Cette manifestation, interdite, rassemble des militants du PCF, d’organisations de gauche et d’extrême gauche.

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Le 13 février 1962, le cortège funèbre accompagnant les victimes de Charonne au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, rassemble plus d’un million de personnes.

Interdite, la manifestation est réprimée avec une extrême violence. Dans son ouvrage qui fait désormais autorité sur le sujet, « Charonne. 8 février 1962. Anthropologie d’un massacre d’Etat » (Gallimard, folio Histoire), Alain Dewerpe démontre de façon très convaincante que cette tragédie fut en en partie prémédité. Le pouvoir gaulliste, hostile par principe aux manifestations, donne des consignes d’extrême fermeté, appliquées avec beaucoup de zèle par la police dont certains membres sont gagnés aux idées de l’OAS.

Les morts découlent des violentes charges de la police qui frappe grâce aux bidules. Contrairement à ce qu’affirmait une légende tenace,  les manifestants ne furent pas écrasés contre les grilles d’entrée du métro restées fermées.

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Aussitôt après le massacre, les autorités cherchent à se dédouaner de toute responsabilité. Le ministre de l’intérieur Frey et le préfet de police, Maurice Papon, considèrent que les manifestants sont en partie responsables de leur sort puisque la manifestation avait été interdite. En insistant sur la bousculade, le piètinement, ils laissent penser que ces morts sont dues à un mouvement de panique qui aurait conduit au piétinement des individus tombés à terre. Il s’agirait tout au plus d’un regrettable accident lié à la fatalité. En réalité, les décès sont provoqués par les coups répétés des forces de l’ordre, les policiers n’hésitant pas non plus à jeter les grilles qui entourent les arbres sur les manifestants entassés dans les escaliers du métro.

Maurice Duverger ne s’y trompe pas lorsqu’il écrit dans Le Monde: »C’est la première fois qu’un gouvernement fait tuer ceux qui soutiennent son action [dans la dénonciation commune des crimes de l'OAS]« .

Ce drame suscite une immense émotion: une grève mobilise près de 2 millions de personnes le 9 février; le 13, les obsèques des 8 victimes (auquel il convient d’ajouter un neuvième individu, mort des suites de ses blessures) rassemblent de 125 000 à 1 million de manifestants selon les estimations.

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Pourtant, tout est fait pour taire l’événement. Presse et télévision aux ordres restent muettes Les responsables des massacres furent rapidement couverts ou amnistiés ( en 1966), malgré une enquête policière accablante. Les victimes ne reçurent que de faibles indemnités, car les tribunaux retinrent la thèse de la responsabilité partagée. Les manifestants conscients que cette manifestation était interdite aurait dû rester chez eux.

Le 8 février 2007, quarante-cinq ans après les faits, le carrefour à l’intersection de la rue de Charonne et du boulevard Voltaire a été nommé place du 8-Février-1962, par Bertrand Delanoë, maire de Paris.

Plus grave, le pouvoir tente même d’effacer la mémoire du crime, interdisant, jusqu’en 1982, de manifester sur les lieux du drame. Les plaques commémorant l’événement ne seront apposées que très tardivement. 

Liens:

- [LDH-Toulon] Charonne, 8 février 1962 : un crime d’Etat

- Compte rendu du maître ouvrage d’Alain Dewerpe: « Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre d’État« , Paris, Gallimard, coll. « Folio-Histoire inédit », 2006, 897 p., 10 euros.

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Le 8 mai 1945: les émeutes de Sétif.

Posté par bricabraque le 3 février 2008

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Document trouvé sur http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2006/04/index.html.

Le mouvement insurrectionnel qui secoue le Constantinois en mai 1945 illustre l’amplification et la radicalisation du nationalisme algérien au lendemain de la seconde guerre mondiale. La défaite accroît le discrédit de la France, accru encore par l’occupation américaine de l’Afrique du nord pendant le conflit. Le soutien de la Ligue arabe et des Nations Unies aux nationalistes joue aussi un rôle important.

L’ordonnance du 7 mars 1944 promet la citoyenneté à une minorités d’Algériens. Cette politique d’assimilation des élites est rejetée par Ferhat Abbas et Messali Hadj au nom de l’indivisibilité de la nation.

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Le 10 mai 1945, les pied-noirs enterrent leurs morts.

Dès le 1er mai 1945, des troubles meurtriers élatent à Alger. Le 8mai, une manifestation à Sétif se transforme en une rébellion violente qui gagne l’ensemble de la région les jours suivants (Bône, Gelma, Batna) et se solde par le meurtre d’une centaine de victimes européennes.

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Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945.

Les causes du soulèvement sont difficiles à établir. Pour Bernard Droz (in Les Collections de l’Histoire n°15), « il est (…) plausible, à la suite de nombreux travaux historiques parus sur le sujet, d’alléguer la conjugaison d’une explosion de la violence spontanée attisée par des cadres locaux du Parti Populaire Algérien (PPA) qui auraient donné, puis repris, l’ordre d’une insurrection. »

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La répression impitoyable cause la mort de très nombreuses victimes.

Une répression impitoyable et massive s’abat désormais sur la région. L’armée et les tribunaux militaires font preuve d’un zèle incontestable auquel il convient d’ajouter les expéditions punitives menées par des milices pied-noires. Le nombre exact des victimes de la répression reste difficile à établir. Inférieur aux 35 000 martyrs évoqués par le PPA, il semble en revanche bien supérieur aux 1500 morts reconnus par Adrien Tixier, ministre de l’intérieur au moment des faits.

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Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945.

La France impose par ce biais un retour au calme temporaire, mais l’événement marque profondément les nationalistes algériens, dont les responsables de l’organisation de la Toussaint rouge de 1954. En cela, les massacres de Sétif constituent bien les signes avant coureur de la guerre d’Algérie.

Liens:

- Rapport du consul de Suisse de 1945.

- Rapport officiel de la commission Tubert de 1945.

- L’article de « la répression sanglante de Sétif » sur Hérodote.net.

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Le 17 octobre 1961.

Posté par bricabraque le 31 janvier 2008

Le 17 octobre 1961. dans Algérie 

A la fin 1961, des négociations sont ouvertes entre le gouvernement français et le Gouvernement Provisoire Algérien, l’instauration d’un Etat algérien indépendant ne fait plus guère de doute. Dans le contexte des Trente glorieuses, le manque de main d’œuvre en France incite les entreprises françaises à recruter des hommes en Algérie et au Maroc. 
La France compte alors 400 000 immigrés algériens dont 150 000 en région parisienne.

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La répression s’abat sur les manifestants (au premier plan, le redoutable bidule).

Ils vivent dans des hôtels à Paris ou dans des bidonvilles surpeuplés comme celui de Nanterre, où 15 000 Algériens composent avec des conditions d’existence difficiles : habitat précaire surpeuplé dans des terrains vagues sous-équipés, manque d’eau et d’hygiène qui entraînent le développement de maladie comme la tuberculose.

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Vue du bidonville de Naanterre dans les années 1960.

Ces populations vivent dans un climat d’insécurité permanente depuis le début de la guerre d’Algérie (1954). Ils subissent des contrôles de police constants et sont victimes du racisme ordinaire : les insultes fusent, les violences sont légions. Surtout, les autorités imposent un couvre-feu à ces « Français musulmans d’Algérie ». Or, pour exercer les contrôles, les policiers se fondent sur l’apparence physique. Le couvre-feu légalise en quelque sorte le délit de faciès.

Les journalistes de France-Oservateur affirme dans l’édition du 26 octobre 1961 : « La chasse à l’homme qui s’est instaurée dans la région parisienne, ce n’est même pas la chasse au FLN. C’est la chasse à l’Arabe- qu’il soit tunisien, marocain ou algérien[…] »

Depuis 1958, avec la radicalisation du conflit et l’arrivée au pouvoir de de Gaulle, le ministère de l’intérieur se lance dans une stratégie répressive, faisant des immigrés algériens les responsables de la défaite de l’Algérie française. Le préfet de police de Paris couvre les violences policières qui se multiplient dans la capitale : il couvre les bavures commises par les forces de l’ordre, les arrestations abusives, les actes racistes. Le soutien à l’OAS et le racisme assumé de nombreux policiers incitent beaucoup d’entre eux à se faire justice eux-même.

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Le préfet de police Maurice Papon.

En 1961, les tensions s’accroissent encore avec une radicalisation des positions des principaux protagonistes du conflit. L’exaspération atteint son comble dans les rangs d’une police travaillée par l’extrême droite. En effet, le FLN prend pour cible les policiers et multiplie les assassinats. A partir de la fin août, ces attaques deviennent quotidiennes et constituent une menace permanente pour la police. Les policiers réclament la plus grande fermeté de la part du préfet de police, Maurice Papon. De nombreux policiers considèrent que les pouvoirs publics ne punissent pas assez vite ni assez durement les meurtriers de policiers. Ce dernier impose alors le couvre-feu aux « Français musulmans d’Algérie » à partir de 20 heures. Le couvre-feu vise à empêcher les attaques menées par le FLN qui ont lieu principalement le soir et la nuit.

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Le FLN invite aussitôt à transgresser cette mesure et pousse les Algériens à converger vers le centre de Paris, dans le but de défiler sur les Champs-Élysées, à l’Opéra et au quartier latin. Le soir du 17 octobre 1961, plus de 20 000 Algériens manifestent à Paris et dans sa banlieue.

Le préfet de police, défié, ordonne de briser les cortèges et de multiplier les arrestations afin d’empêcher leur constitution. Sur le terrain, une répression d’une rare violence sévit. Les policiers chargent les manifestants, usant et abusant du « bidule », la longue matraque blanche des forces de l’ordre. Les coups pleuvent sur des individus désarmés. Cette répression entraîne des dizaines de morts (de 50 à 200 selon les spécialistes).  Des dizaines de corps seront repêchés dans la Seine les jours suivants.

En réprimant la manifestation, Papon se fait l’exécutant des ordres du gouvernement, mais sa responsabilité dans cette répression ne saurait être mise en cause pour autant. Les propos qu’il tient lors des obsèques de policiers abattus début octobre 1961 semblent couvrir par avance les violences policières possibles: « Pour un coup reçu, nous en porterons dix », « vous serez couverts. »

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La répression policière entraîne des dizaines de morts et de très nombreux blessés.

Les arrestations sont massives : 11538, près de la moitié des manifestants ! Entassés dans des bus bondés, ils sont acheminés vers des centres de détentions installés au Palais des sports de la Porte de Versailles, au centre de Vincennes, au stade Pierre de Coubertin. Les violences totalement gratuites se poursuivent alors dans ces centres de détention. Ces longues files d’attentes d’individus encadrés par une police omniprésente et parqués dans des lieux imposés, ne sont pas sans rappeler les rafles de juifs sous Vichy.

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Sources :

- Raphaëlle Branche et Sylvie Thénault : « la guerre d’Algérie », La documentation photographique, n°8022, août 2001.

- Le dossier pédagogique de Zéro de conduite consacré au film « Nuit noire ».

- J.P Brunet: « Enquête sur la nuit du 17 octobre 1961″, in Les collections de l’Histoire n°15.

- Cette video:

http://www.dailymotion.com/video/xx72p

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L’Algérie depuis 1962.

Posté par bricabraque le 25 janvier 2008

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Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene.

Le 20 septembre 1962, une assemblée constituante investit le gouvernement dirigé par un des fondateurs du FLN, Ahmed Ben Bella. La constitution de 1963 instaure le parti unique (le FLN). Désormais, l’armée arbitre la vie politique, fait et défait les prétendants au pouvoir, souvent issus de ses rangs. Le colonel Boumediene renverse Ben Bella et accapare le pouvoir de 1965 à 1978, avant d’être chassé à son tour par le colonel Chadli (1978-1992).

Après 1962, l’Algérie est réorganisée selon un modèle  socialiste :

- les ressources en hydrocarbures du Sahara, passées sous le contrôle de l’Etat, permettent de financer le développement du pays. Les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 profitent au pays qui exporte une grande partie de sa production (accroissement des recettes).

- l’Etat nationalise les entreprises et donne la priorité à l’industrialisation. Il investit massivement dans ce secteur et planifie la production. L’accent est mis sur les industries lourdes (raffinage, chimie, sidérurgie), capables d’entraîner, par leur développement, la création d’autres industries (de consommation) : stratégie des « industries industrialisantes ».

- l’agriculture est réorganisée avec une révolution agraire qui redistribue les terres.

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C’est à la conférence des Non-alignés à Alger que sont nées les revendications pour le Nouvel ordre économique international (NOEI). (Source: http://www.g77.org/40/gallery.htm)

Les résultats de ces politiques s’avèrent décevants :

- Les faibles rendements agricoles ne permettent pas au pays d’atteindre l’indépendance alimentaire. La croissance démographique très rapide aggrave le phénomène et, au milieu des 1980’s, l’Algérie importe 80% de sa consommation alimentaire.

- La priorité accordée à l’industrie lourde pénalise les industries de biens de consommation. Ainsi les produits de première nécessité manquent dans les magasins. L’Algérie doit importer massivement. L’endettement s’accélère et la diminution brutale des revenus pétroliers (« contre-choc pétrolier ») dans les années 1980 accuse encore ces difficultés.

Bref, au cours des années 1980, le mécontentement grandit fortement. Le chômage frappe une jeunesse nombreuse et pour laquelle les perspectives se limitent souvent à l’immigration. Les pénuries entraînent le développement du marché noir et aggrave l’inflation. Le pouvoir monopolisé par un parti-Etat (le FLN) autoritaire pratique une corruption généralisée qui ne profite qu’aux privilégiés du parti.

Dans ces conditions, la protestation grandit :

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Manifestation lors du « printemps berbère » de 1980.

- Dès 1980, la communauté berbère de Kabylie, opposée à la conception arabo-islamiste du pouvoir à Alger, remet en cause l’Etat-FLN lors de manifestations en avril. Les jeunes berbères réclament une reconnaissance de leurs spécificités culturelles, leur langue notamment. Ce « printemps berbère » est violemment réprimé par le pouvoir en avril et mai.

- le mécontentement profite surtout au mouvement islamiste en plein essor. Sa popularité est grande auprès des populations pauvres, auxquelles il propose une aide matérielle.

- en 1988, les « émeutes de la faim » à Alger, illustrent le manque criant des produits de première nécessité et le désarroi croissant de la population. Une répression cruelle provoque le décès de centaines de personnes.

Face à cette remise en cause du pouvoir, celui-ci est contraint de libéraliser le régime. Ainsi,
la Constitution de 1989 instaure le multipartisme et remet en cause le monopole du FLN. L’économie est ouverte à l’entreprise privée.

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La madone de Bentalha.

Or, les islamistes tirent profit de cette ouverture et triomphe dans ce contexte difficile. Le Front Islamique du Salut (FIS) remporte ainsi une victoire éclatante aux élections de 1991. Il est privé de sa victoire et mis hors la loi par un violent coup de force militaire en 1992. Le courant islamiste bascule alors dans la lutte armée. Une décennie de guerre civile sanglante s’ouvre alors entre l’Etat et l’armée algérienne opposés aux militants islamistes du FIS, du Groupe islamique armé (GIA) qui pratiquent la terreur contre les populations civiles. Ces affrontements auraient fait près de 150 000 morts.

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Le président Bouteflika.

Les tentatives de démocratisation du régime actuel restent timides. Les élections présidentielles remportées par A. Bouteflika en 1999 et 2004, sur le thème de réconciliation nationale, sont marquées par une fraude électorale massive. La presse subit toujours la censure et l’influence de l’armée dans le domaine politique ne faiblit pas.

Dans le domaine économique, les réformes libérales adoptées ces dernières années accusent encore les inégalités sociales dans une société en crise. Le poids de l’islamisme reste fort.

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La guerre d’Algérie.

Posté par bricabraque le 19 janvier 2008

La guerre d’Algérie.  dans Afrique

Arrestations durant la bataille d’Alger.

De nombreux liens vers les archives de l’INA consacrés à la guerre d’Algérie en cliquant sur les groupes de mots en couleur.

La présence française en Algérie remonte à 1830. Il s’agit d’une colonie très particulière aux yeux de la métropole :

- c’est la seule colonie de peuplement de l’Empire français. Une population d’origine européenne, les pieds noirs, y vit, 1 millions de personnes, pour 8 millions d’arabes et de berbères.

- son territoire est divisé en trois département, directement rattachés à la métropole.

* Mais, pas plus qu’ailleurs, les autochtones n’ont de droits et les inégalités sociales et économiques y sont énormes.

   Le nationalisme algérien se développe tardivement, en raison de l’ancienneté de la colonisation d’un territoire qui ne fut jamais indépendant. Entre les deux guerres, il est balbutiant. La seconde guerre mondiale accélère le développement du sentiment national. Les Américains, présents sur place, encouragent les mouvements nationalistes.

D’autres influences jouent un rôle non négligeable dans l’essor du mouvement au lendemain du conflit: l’islam représente un élément fédérateur et identitaire clef, l’ONU devient une tribune remarquée pour les nationalistes algériens, enfin les pays arabes voisins attisent aussi le feu sous la cendre.Les massacres de Sétif, le 8mai 1945 représentent une prise de conscience fondatrice. Après 1945, les mouvements se structurent: à l’Union Du Manifeste Algérien (UDMA) de Ferrhat Abbas, succède le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) de Messali Hadj. C’est à partir de ce groupe que se constitue, par scission, le Front de Libération Nationale (FLN), créé en 1954 par de jeunes hommes (Ahmed Ben Bella, Krim Belkacem, Hocine Aït Ahmed, Mohammed Boudiaf, etc.).

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Les chefs historiques du FLN. 

La guerre éclate à la Toussaint 1954 (« la Toussaint rouge). Le FLN se signale par des attentats et une action de guérilla. Elle s’amplifie de 1955 à 1956. Le président du conseil Edgar Faure y envoie le contingent en 1955.  Son successeur, Guy Mollet, élu pour faire la paix en Algérie, enfonce en fait  le pays dans la guerre et couvre les exactions de l’armée, sous couvert de « pacification ». L’armée gagne la « bataille d’Alger » en utilisant la torture. Gangrenée par l’extrême droite, elle bafoue le droit international (arraisonnement de l’avion de Ben Bella en 1956, bombardement de Sakhiet en 1958).

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Le lieutenant Le Pen participe activement à la bataille d’Alger.  

  La France est rongée par le cancer algérien (1957-58).

- Elle affronte une grave crise morale face à l’emploi de la torture d’une part et, de l’autre, à l’action des « porteurs de valises ».  - Le coût de la guerre est énorme : financier et économique, moral, international (le pays est régulièrement condamné par l’ONU).  * L’impuissance politique est totale : dès qu’un gouvernement aborde la question, il tombe ! De mai 1957 à mai 1958, 4 gouvernements se succèdent. Le 13 mai 1958, doit être investi par l’Assemblée nationale le gouvernment de Pierre Pflimlin, réputé favorable à des négociations en Algérie. A Alger, les Pieds Noirs et les partisans de l’Algérie française, aidés par l’armée qui aurait dû les en empêcher, créent un Comité de Salut Public et prennent d’assaut les bâtiments officiels. La foule acclame très vite … de Gaulle!!! Ce dernier et ses partisans, au courant de la tentative d’insubordination, deviennent le recours. Le 13 mai et les conditions de l’arrivée au pouvoir de De Gaulle sont, aujourd’hui encore, l’objet d’une polémique et de diverses interprétations. Le 1er juin 1958, le général devient le Président du Conseil et son gouvernement est investi par l’Assemblée, qui l’autorise à préparer une nouvelle constitution. La IVème République vit ses derniers jours.    algerie-de_Gaulle1958 dans TCFE Manifestation de pieds noirs à Alger le 23 mai 1958, les portraits de De Gaulle sont brandis.

* De Gaulle mène politique opportuniste. Logiquement appelé par les partisans de l’Algérie française. Dès son investiture, il va à Alger (« je vous ai compris ») et lance un programme de réformes (plan de Constantine). Pendant un an, il se mure dans le silence et, en septembre 1959, il se prononce pour l’autodétermination du peuple algérien. Les partisans de l’Algérie française se sentent trahis et, dès lors, la guerre devient une guerre à trois…   

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* La guerre à trois : le FLN et les « porteurs de valise », le pouvoir, les partisans de l’ « Algérie française » : pieds noirs (et après 1961, l’OAS) et une partie de l’armée. Ces derniers fomentent 2 rébellions : la « semaine des barricades » en janvier1960 ; le « putsch des généraux » en avril 1961, qui, mal préparé, échoue grâce à la poigne de DG et à la fidélité des appelés du contingent. 

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Le « putsch des généraux » en avril 1961.

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Une manifestation organisée par le PCF est réprimée impitoyablement par les forces de l’ordre sous l’autorité de Maurice Papon. Au niveau du métro Charonne, huit manifestants ne se reléveront pas.

  * La guerre justifie un net recul des libertés: l’article 16, appliqué lors du putsch; censure, manifestations interdites, police musclée, ratonnades d’octobre 1961 et rôle de M. Papon, Charonne (février 1962).  

  * Il faut terminer la guerre: la 1ère conférence d’Evian (mai 1961) échoue, mais pas la 2ème : elle aboutit aux accords d’Evian (le 18 mars 1962).Les accords : cessez-le-feu ; garanties pour les Européens ; droits français sur les hydrocarbures algériens pendant 5 ans ; bases militaires pour 3 ans.  Le 3 juillet 1962, l’indépendance de l’Algérie est proclamée par le FLN et son bras armé l’Armée Nationale de Libération (ALN). L’accès à l’indépendance se déroule dans un climat de violence : les pieds noirs sont contraints au départ vers la France, tandis que nombre de Harkis, des soldats algériens combattants dans l’armée française, sont massacrés. Ben Bella devient Président de la République, mais il est renversé en 1965 par un coup d’Etat militaire qui place au pouvoir le chef de l’ALN, Houari Boumediene.  

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Scènes de liesse à Alger après la signature des accords d’Evian.

Le bilan du conflit s’avère très lourd : près de 500 000 victimes côté algérien pour 25 000 soldats français, des milliers de Harkis massacrés. L’économie algérienne est profondément désorganisée par la guerre (destruction d’infrastructures, cultures anéanties) et le départ des pieds-noirs qui détenaient les postes clefs.

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Les impacts de balles sur la DS présidentielle après l’attentat du Petit Clamart, le 22 août 1962.

La révision institutionnelle de 1962 en France est aussi une conséquence de la guerre d’Algérie. L’OAS poursuit DG de sa haine et multiplie les attentats. L’un d’eux, l’attentat du Petit  Clamart (août 1962), faillit lui être fatal. DG a peur que le régime qu’il a créé soit moins légitime s’il meurt. Il propose alors l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, pour qu’il soit l’élu du peuple. Mais les parlementaires, dépossédés d’une de leurs prérogatives, refusent et mettent en minorité le gouvernement (vote d’une motion de censure, droite et gauche confondues). DG dissout l’Assemblée nationale et oblige les députés à défendre son projet :  élections de 1962 ; referendum. 

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Le 20 septembre, une assemblée constituante investit le gouvernement dirigé par un des fondateurs du FLN, Ahmed Ben Bella. La constitution de 1963 instaure le parti unique (le FLN). Désormais, l’armée arbitre la vie politique, fait et défait les prétendants au pouvoir, souvent issus de ses rangs. Le colonel Boumediene renverse Ben Bella et accapare le pouvoir de 1965 à 1978, avant d’être chassé à son tour par le colonel Chadli (1978-1992).

Liens:

- Des pistes sur le site des Rendez-vous de l’histoire 2002.  

- Le récit instructif d’un ancien d’Algérie ayant servi sous les drapeaux, de 1955 à 1957.

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