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Le boycott aux Jeux Olympiques.

Posté par bricabraque le 1 août 2008

Le boycott aux Jeux Olympiques. dans actualité dragon-plantu0001.1200581045

Le fait de boycotter les jeux olympiques revient à ne pas participer aux compétitions pour dénoncer une situation politique jugée inacceptable. Cette attitude apparaît avec les JO modernes. Ainsi, aux JO d’Athènes en 1896, les premiers de l’ère moderne, la Turquie boycotte.

En 1956, l’Egypte, le Liban et l’Irak refusent de se rendre aux JO de Melbourne, protestant ainsi contre l’expédition franco-britannique au canal de Suez, en parallèle à l’avancée israélienne dans le Sinaï. L’Espagne, la Suisse et les Pays-Bas s’insurgent contre l’invasion des chars soviétiques en Hongrie.

En 1976, lors des Jeux de Montréal, 29 délégations africaines quittent la ville la veille des compétitions afin de protester contre le refus du CIO d’exclure la Nouvelle-Zélande qui entretient des relations sportives avec l’Afrique du sud où sévit toujours un apartheid implacable.

Mais, la guerre froide exacerbe les tensions entre les deux grands et offre deux cas de boycotts particulièrement retentissants. L’Union soviétique ne participe que très tardivement aux JO (première participation à Helsinki en 1952), préférant organiser ses propres épreuves sportives dans le cadre des Spartakiades.

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Affiche en faveur du boycott des JO de Moscou.

- dans le contexte de la guerre froide, les deux Grands n’hésitent pas à boycotter les JO, si ils se tiennent dans le camp adverse. Ainsi en 1980, afin de protester contre l’invasion soviétique en Afghanistan l’année précédente, le président Carter refuse la participation des EU aux Jeux organisés à Moscou. Une soixante d’autre pays du bloc de l’ouest refusent aussi de se rendre en URSS, ce qui décrédibilise en grande partie la compétition (Japon, Canada, RFA par exemple).

Quatre ans plus tard, c’est au tour des Soviétiques et d’une quinzaine de pays socialistes de boycotter les Jeux de Los Angeles (la Chine, la Roumanie, la Yougoslavie envoient en revanche des athlètes) au motif qu’une menace planerait sur la sécurité des athlètes du bloc de l’est. Ainsi, 17 autres états satellites ou alliés de l’URSS manquent à l’appel et emboîtent le pas du grand frère soviétique..

anonymousboycottolympics dans guerre froide / relations internationales
* Le boycott est-elle une arme efficace?

Difficile à dire.

- L’organisation des JO offre une visibilité internationale exceptionnelle et elle permet, idéalement, au pays d’accueil de se mettre en valeur, ainsi l’URSS espérait beaucoup de la réception des JO en 1980 sur son territoire. Le boycott occidental l’affecte ainsi tout particulièrement. Néanmoins, les compétitions ne sont pas de simples spartakiades, c’est-à-dire des confrontations entre les seuls athlètes des pays de l’est.

La vaste opération de propagande engagée par Moscou ne capote pas. Les soviétiques entendent présenter au reste du monde une « ville communiste modèle » et ils se donnent les moyens d’y parvenir en dépensant près de 6 milliards de francs pour l’organisation des Jeux (1,6 milliard officiellement).

L’objectif de Carter de saboter les jeux d’été a échoué et les troupes soviétiques s’intallent pour une longue durée en Afghanistan.

- En ce qui concerne les JO de Los Angeles, le boycott des pays de l’est ne perturbent pas vraiment l’événement puisque ces jeux établissent le record du nombre de pays participants (140), ainsi que le nombre d’athlètes (7800).

* Pourquoi ne pas boycotter?

 

Le philosophe Robert Redeker inverse ainsi la question du boycottage: « Au lieu de demander sceptique: »pourquoi boycotter? » demandons: »Pourquoi ne pas boycotter? » On se rend compte alors que le boycottage – que ce soit à Berlin en 1936, à la coupe du monde [de football] en Argentine (1978)- n’a jamais eu d’effets positifs sur les dictatures organisatrices. La tenue des Jeux renforce leur pouvoir. Le régime chinois sortira plus fort que jamais des JO. Il ne sert à rien du point de vue de la liberté, de ne pas boycotter. »

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* L’absence de boycott: le précédent berlinois.

Les jeux avaient été attribués à la capitale du Reich avant l’accession d’Hitler au pouvoir. Or, les nazis utilisèrent l’événement comme un puissant moyen de propagande en déployant un faste exceptionnel. Lors de la campagne pré-olympique, le ministère de la Propagande dirigé par Goebbels, inonde l’ensemble des pays de la planète de carte postales, badges, brochures en toutes les langues. En vue des épreuves, Hitler fit effacer les marques les plus visibles d’antisémitisme. Si les apparences étaient sauves, les « Heil Hitler« , qui s’élevaient à tout propos des tribunes du stade de 100 000 places. Au bout du compte, le führer avait incontestablement annexé les jeux et projetait même de les implanter définitivement en Allemagne après ceux qui auraient dû avoir lieu à Tokyo en 1940. Rappelons aussi que le ministère de la propagande finança « les dieux du stade le film de Leni Riefensthal consacré aux Jeux.

Le choix de Berlin comme ville olympique provoque des boycotts individuels de sportifs. Mais les Etats, dont la France, pour ne pas donner le sentiments qu’ils cautionnaient le régime hitlérien, utilisèrent l’argument avancé par le CIO: l’organisateur des JO n’était pas le gouvernement allemand mais le Comité olympique. De nombreuses associations et hommes de gauche eurent beau jeu de dénoncer cette hypocrisie dans la mesure où les déclarations du Comte de Baillet-Latour intervenaient peu après les lois de Nuremberg (septembre 1935).

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Le salut nazi lors des JO de Berlin.

A la Chambre des députés, le communiste Florimond Bonté lance le 9 juillet 1936: »(…) des Jeux tenus sous le protectorat d’Adolf Hitler ne peuvent servir à la cause de la paix. Ils ne peuvent être qu’une grandiose manifestation servant de paravent aux préparatifs guerriers méthodiques et minutieux de l’Allemagne national-socialiste. Nous ne pouvons (…) pas nous associer à cette entreprise, à cette caricature de Jeux Olympiques dont les catholiques, les protestants, les Juifs, les démocrates, les socialistes et les communistes allemands vont être brutalement écartés.« 

* Le boycott de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin.

Si l’idée d’un boycott pur et simple des jeux a rapidement été abandonné par les ONG ( Reporters sans frontières par exemple), beaucoup appellent de leurs voeux des manifestations de protestation lors de la cérémonie d’ouverture.
Il convient de s’interroger sur le choix de Pékin comme ville d’accueil des JO. Même si le CIO ne le reconnaîtra jamais franchement, la raison principale reste le fait que la Chine constitue un immense marché économique à conquérir. Dans ces conditions, la question des droits de l’homme ne peut-être que secondaire et les ONG ont beau s’égosiller pour rappeler l’ampleur des atteintes aux droits de l’Homme en Chine, elles ne trouvent aucun relais politique. Au contraire, le CIO collabore avec les autorités chinoises dont l’objectif principal reste d’organiser « des jeux sécurisés », afin de servir la propagande du régime.

http://www.dailymotion.com/videox6afu1

Pour Pékin, cela signifie davantage d’arrestations de dissidents, plus de censure et aucun mouvement de contestation sociale. Oubliés les gages de bonne volonté démocratique promis avant l’obtention des JO ! Rappelons que:

- la Chine reste la plus vaste prison du monde.

- la liberté d’expression n’est pas reconnue et écrivains et journalistes doivent taire leurs critiques au risque de terminer en prison. Les média sont tenus en laisse. Des milliers de sites internet et blogs d’informations sont bloqués par les autorités chinoises.

- La répression s’est accrue tout au long de l’année au Tibet et dans le Xinjiang, totalement fermés aux étrangers. Y revendiquer son identité culturelle constitue un acte subversif.

- La ville de Pékin a été « débarrassée » des populations flottantes qui y survivent dans des conditions précaires (populations rurales misérables venant de l’intérieur du pays).

Or aucun pays de la Triade ne veut prendre le risque de se fermer l’accès à ce marché gigantesque. Et rares sont les chefs d’Etat qui bouderont la cérémonie d’ouverture des jeux (la chancelière allemande n’en sera pas) et il ya donc fort à parier que les Jeux ne deviennent les otages des autorités chinoises, si habiles à souffler le chaud et le froid.

http://www.dailymotion.com/videox62xeq

Bref, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ces jeux une formidable mascarade. L’avenir le dira.

Sources:

- “Jeux Olympiques, ma grande encyclopédie”, Milan jeunesse, 2008.

- ” La face cachée du CIO” entretien avec Patrick Clastres, in Les Collections de L’Histoire, juillet-septembre 2008.

- Les archives du Monde 2 n °222: “Les JO: y aller ou pas?”, Le Monde du 17 mai 2008.

- A. Arvin Bérod:”Un olympisme à géographie variable.” in La Géographie N°3, été 2008.

Liens:

- Jeux olympiques et politique.

- Les JO de Pékin et le Tibet.

- Le site officiel du mouvement olympique (la légende dorée, à consultée avec un esprit critique aux aguets).

- L’international society of olympic historians.

- Les photographies consacrées aux JO sur le formidable Laius d’olibrius.

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Les Jeux olympiques.

Posté par bricabraque le 31 juillet 2008

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* Les jeux antiques.

Pour la plupart des historiens, les Jeux Olympiques (JO) remonteraient au IX ou VIII èmes siècle av. J.C. Les jeux sont dédiés aux dieux grecs et se déroulent dans les plaines d’Olympie, à l’ouest du Péloponnèse. Les citoyens grecs (donc libres) peuvent y participer. Tous les quatre ans, les cités grecques mettent entre parenthèses leurs querelles le temps des JO. Cette trêve sacrée permet ainsi aux athlètes et spectateurs du monde grec de se rendre à Olympie. Il s’agissait alors de substituer à la violence meurtrière de la guerre la violence contrôlée de la compétition sportive dans une rencontre pacifique.
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L’ancien stade d’Olympie.

Les Jeux sont célébrés jusqu’en 393 après J.C sur ordre de Théodose Ier, l’empereur d’Orient et ‘Occident, ces festivités allant, selon lui, à l’encontre du christianisme, devenu la religion officielle de l’Empire. Deux ans plus tard, le site d’Olympie est ravagé lors d’affrontements entre les Byzantins et les Goths.

* La renaissance des Jeux.

En 1829, des fouilles archéologiques débutent à Olympie sur le site du temple de Zeus. Après une vaine tentative de restauration des JO en Grèce, à l’initiative d’un riche mécène, Evangelios Zappa, il faut attendre les années 1890 pour que l’idée se concrétise.

Lors d’une conférence tenue à la Sorbonne, le 25 novembre1892, le Français Pierre de Coubertin annonce son intention de redonner vie aux JO. Il entend créer un événement international mettant aux prises les meilleurs sportifs de la planète. Une fondation, le Comité Internationale Olympique, doit organiser les premiers jeux.

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Pierre de Coubertin.

Coubertin se convertit à l’idée républicaine lors de son passage à l’Ecole libre des sciences politiques autour de 1887. Républicain conservateur, il se méfie du nationalisme exacerbé d’un Boulanger ou d’un Déroulède, mais est tout autant horrifié par l’internationalisme marxiste.

L’olympisme moderne se distingue par une origine différente de son ancêtre grec. Il n’est plus lié à la guerre, mais « au cosmopolitisme et à la démocratie« , selon Coubertin. Il convient de réunir tous les pays et tous les sports sous un seul drapeau. De 1896 à 1925, Coubertin se trouve à la tête du CIO. Au cours des années 1930, il fait des éloges appuyés de l’organisation des JO de Berlin et vante les mérites d’Hitler: » J’admire intensément Hitler. Il est en train de devenir le chef de la nouvelle Europe, et, bientôt peut-être, le chef du nouveau monde qui se lève. » Sénilité précoce, dépit de voir son influence décliner au sein du CIO ou franche admiration du nazisme, quoi qu’il en soit, ses propos suscitent le malaise.

* Les premiers JO de l’ère moderne s’ouvre le 25 mars 1896 à Athènes en mémoire de la tradition antique. 245 sportifs, originaires de 14 nations, s’affrontent dans 9 sports et43 épreuves. Seuls les hommes peuvent participer. Coubertin affirmait ainsi à l’époque: »Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte. Le véritable héros olympique est, à mes yeux, l’adulte mâle individuel. Les Jo doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs. »
Cette première édition remporte un succès inespéré et permet donc d’envisager la tenue d’autres JO.

* Le rôle du Comité International Olympique (CIO).

Fondé en 1894 par Coubertin, le Comité international des Jeux Olympiques (devenu Comité International Olympique en 1896) est l’organe directeur du Mouvement olympique; il ne dépend d’aucun gouvernement. L’organisation détient tous les droits qui touchent les JO et les symboles (devise, drapeau, hymne), ce qui la met à la tête de ressources considérables. Elle a pour tâche d’organiser les JO d’été et d’hiver. Depuis son siège de Lausanne, le CIO valide les disciplines olympiques.

Le CIO dispose de ressources très importantes qui en font une organisation puissante. Ses deux principales ressources restent les droits payés par les chaînes de télévisions pour diffuser cet événement ainsi que des partenariat avec de grandes entreprises.

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Le CIO à Lausanne (Suisse).

L’organisme est extrêmement controversé et fait l’objet de nombreuses critiques: manque de transparence, immobilisme, corruption…. En effet, la désignation des villes organisatrices, mises en compétition avec des concurrentes redoutables, favorise la corruption: un scandale éclate fin 1998 à propos de l’attribution des Jeux à Salt Lake City. Depuis, le CIO a créé une commission d’éthique, dont il est bien sûr le seul responsable…

 

D’autre part, il s’agit d’une institution très peu démocratique dont les membres sont recrutés par cooptation. Patrick Clastres, dans un entretien accordé au magasine L’Histoire (voir sources),  » le CIO a tiré profit de la Guerre froide: dès 1946, il donne des gages d’ancrage à l’Ouest, et en échange, il évite une épuration systématique ». Ainsi le nazi Karl Ritter von Halt est réintégré dans l’organisation dès 1951. François Piétri, ancien ministre de Pétain, condamné par contumace, bénéficie d’une mesure de clémence dès 1948. L’Américain Avery Bundage, président du CIO de 1952 à 1972, était un grand admirateur des nazis et un raciste déclaré. Sans parler du franquiste Juan Antonio Samaranch qui devint président du CIO en 1980.

Elle dispose d’un statut d’organisation non gouvernementale de droit privé suisse.

L’idéal olympique selon le CIO d’après ses détracteurs (Samaranch dans l’anneau noir, président du CIO de 1980 à 2001).


Surtout, l’organisme s’avère incapable de préserver les idéaux olympiques dont il a une conception à géométrie variable en fonction des événements et de ses interlocuteurs (voir l’attitude louvoyante lors de la répression des autorités chinoises au Tibet). A l’origine, les JO étaient réservés aux amateurs , or aujourd’hui, les JO sont un spectacle extrêmement rentable et le CIO semble avant tout privilégier la logique commerciale .

* Les symboles olympiques.

- Les cinq anneaux entrelacés du drapeau olympique symbolisent les cinq continents unis par l’olympisme. Le drapeau flotte pour la première fois aux JO d’Anvers en 1920.

- L’hymne à Appolon découvert lors des fouilles de Delphes en 1893, mis en musique par Gabriel Fauré, devient le premier hymne des JO avant d’être remplacé, en 1960, par celui composé par les Grecs Samaras et Palamas.

- La flamme. L’origine de la flamme remonte aux Jeux de l’antiquité en Grèce. Au sanctuaire d’Olympie, là où se déroulaient les Jeux de l’Antiquité, une flamme brûlait en permanence sur l’autel de la déesse Hestia, divinité du feu sacré et du foyer. La vasque était située dans le Prytanée, un bâtiment utilisé pour les grands banquets offerts aux athlètes à la fin des compétitions.

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C’est en 1928 que la flamme olympique refait son apparition, sans lien avec la tradition antique. Le relais en lui-même de la flamme est une invention nazie. Carl Diem, le président du comité d’organisation des JO de Berlin en Allemagne, le pays est dominé par le parti nazi depuis l’accession d’Hitler au pouvoir, propose d’allumer la flamme à Olympie en Grèce puis de la transporter jusqu’à la capitale allemande via un relais organisé avec des porteurs se succédant régulièrement. Il n’a pas de mal à convaincre Goebbels, le chef de la propagande nazie à qui ce rituel ne pouvait que plaire. Les Nazis adoraient la mythologie païenne et voyaient la Grèce antique comme l’ancêtre aryen du Troisième Reich.

En 2008, à l’occasion des JO de Pékin, le CIO décide que la flamme traverserait tous les continents, afin de mieux symboliser l’universalité.

* La charte olympique.

Elle codifie les principes fondamentaux, règles et textes d’application qu’adopte le CIO Et notamment les conditions d’organisation et de célébration des Jeux. Ce document de référence rappelle les valeurs associés à l’olympisme. Ainsi: »Le mouvement olympique a pour but de: promouvoir le développement des qualités physiques et morales qui sont les bases du sport; éduquer par le sport la jeunesse, dans un esprit de meilleure compréhension mutuelle et d’amitié, contribuant ainsi à construire un monde meilleur et plus pacifique (…). Aucune discrimination n’y est admise à l’égard d’un pays ou d’une personne pour des raisons raciales, religieuses ou politiques (…). » Les Tibétains et les Ouïgours apprécieront tant la réalité du mouvement olympique s’éloigne souvent de ces valeurs.

Pierre de Coubertin, lucide affirmait d’ailleurs lors de sa tentative de renaissance des JO:« L’athlétisme peut mettre en jeu les passions les plus nobles comme les plus viles; il peut développer le désintéressement et le sentiment de l’honneur comme l’amour du gain; il peut être chevaleresque ou corrompu, viril ou bestial; enfin on peut l’employer à consolider la paix aussi bien qu’à préparer la guerre ».

Sources:

- « Jeux Olympiques, ma grande encyclopédie », Milan jeunesse, 2008.

-  » La face cachée du CIO » entretien avec Patrick Clastres, in Les Collections de L’Histoire, juillet-septembre 2008.

- Les archives du Monde 2 n °222: « Les JO: y aller ou pas? », Le Monde du 17 mai 2008.

- A. Arvin Bérod: »Un olympisme à géographie variable. » in La Géographie N°3, été 2008.

Lien:

- Jeux olympiques et politique.

- Les JO de Pékin et le Tibet.

- Le site officiel du mouvement olympique (la légende dorée, à consultée avec un esprit critique aux aguets).

- L’international society of olympic historians.

 

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Le 16 octobre 1968: Tommie Smith et John Carlos transforment le stade en arène politique.

Posté par bricabraque le 26 juillet 2008

Le 16 octobre 1968: Tommie Smith et John Carlos transforment le stade en arène politique. dans 1968 tommie_smith_john_carlos 

Philippe Artières écrit dans « 68 _ une histoire collective [1962-1981]« , ouvrage qu’il co-dirige avec Michelle Zancarini-Fournel: « Ces deux-là n’ont pas prononcé le moindre slogan et pourtant leur geste a fait le tour du monde, offrant de manière inattendue à leur cause la plus grande des tribunes; ils ont soudain, au moment où personne ne s’y attendait, transformé un événement sportif en événement politique. »

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Le 16 octobre 1968, Tommie Smith bat le record du monde du 200 mètres et remporte donc cette épreuve d’athlétisme, devançant l’Australien Peter Norman et son compatriote John Carlos.

 

Lors de la remise des médailles, ils brandissent le poing ganté de noir, tête baissée, à la manière du Black Power. En fait, les deux athlètes prennent leur décision dans les vestiaires entre la fin de l’épreuve et la remise des médailles. Smith et Carlos sont tous les deux formés à l’université de San Jose State en Californie (« Speed city »), qui rassemble les athlètes de premier plan. Ils y ont rencontré Harry Edwards, un ancien athlète, désormais professeur de sociologie, très engagé en faveur de la cause noire.


En 1967, Edwards fonde l’Olympic Project for Human Right (OPHR), dans le but d’organiser un boycottage des JO au motif que les noirs n’ont pas à gagner des médailles pour un pays qui les opprime: »Pourquoi courir à Mexico quand on doit ramper à la maison? ». De fait, les raisons de se rebeller étaient alors légions pour les Noirs américains. Carlos et Smith, par exemple, sont victimes de discriminations au sein même de Speed City (interdiction de certains cours, relégation dans des résidences de seconde zone…).

Sans être membres des Black Panthers (fondées en 1966 à Oakland), ils n’en partagent pas moins avec l’organisation une profonde colère face à la situation faite aux Noirs aux Etats-Unis. N’oublions pas que l’assassinat de Martin Luther King (MLK) en avril 1968 provoque des émeutes dans les grandes villes américaines. Pour beaucoup, le mouvement pacifique incarné par MLK a montré ses limites et il est grand temps désormais pour les Noirs américains de se défendre face aux violences policières, d’affirmer son identité, sans courber l’échine.

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Les deux athlètes entendent donc apporter leur pierre à l’édifice en protestant à leur manière. Ils décident d’arborer lors de la remise des médailles un badge confectionné par l’OPHR avec le nom de l’association entouré d’une couronne de laurier. Ils décident également de brandir leurs poings gantés de noir. Ne disposant que d’une paire de gants, Smith prendra le gant droit et Carlos le gauche. L’australien Norman, quant à lui, mis au courant par les deux Américains décident de porter lui aussi un badge de l’OPHR en solidarité avec ses camarades.
Lors d’une interview accordée en 1997, Tommie Smith revient sur ce geste:”Il ne s’agit pas de saboter une cérémonie que je respecte, mais de lui donner un sens. […] Les pieds nus évoquent la pauvreté des Noirs en Amérique. Mon foulard et le collier de John Carlos rappellent les lynchages opérés dans le sud. Les poings gantés représentent la force et l’unité du peuple noir. Je conserve à la main la pousse d’olivier que l’on vient de m’offrir. L’hymne va commencer. […]”

Les athlètes sortent sous les sifflets de la foule.

Quelques jours plus tard, le 18 octobre, les Américains Lee Evans, Larry James, Ron Freeman, arrivés en tête du 400 mètres portent sur le podium le béret noir des Black Panthers en levant le poing.

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Aussitôt, la presse américaine fustige les deux hommes comme des « non patriotes » et « anti-américains ». Le Comité International Olympique, dirigé par l’Américain Average, connu pour ses sorties racistes, ne décolère pas et exige de la délégation américaine l’expulsion de Smith et Carlos du village olympique. La carrière olympique de Smith et Carlos est stoppée nette. Norman, lui aussi, subit de lourdes représailles après son geste de solidarité. Ecarté des JO de Munich en 1972 (alors qu’il était le meilleur sprinter australien), il sombre dans la dépression et meurt en 2006. Smith et Carlos se rendront d’ailleurs en Australie pour porter leur camarade en terre.

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Quarante ans après, le geste de Smith et Carlos, de scandaleux, est devenu héroïque et tend même à éclipser les épreuves sportives de ces jeux.

 

Sources:

- Pap Ndiaye: « Les poings de la liberté », in Les Collections de l’Histoire, pp82-85, juillet-septembre 2008.

- P. Artières et M. Zancarini-Fournelle (dir): »mai 68_ une histoire collective (1962-1981) », 2008.

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JO de Pékin 2008 et le Tibet.

Posté par bricabraque le 25 mars 2008

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Le calme règne à Lhassa.

* Le Tibet, perle de Pékin.

La torche olympique devrait traverser le Tibet début mai avant de rejoindre Pékin. Les Chinois entendent bien utiliser ce symbole afin de proclamer l’unité et la puissance de l’Empire du milieu. Pour les autorités, le toit du monde est chinois. En mettant la main sur la région en 1950, le PCC gagne près d’un quart de territoire supplémentaire, un espace hautement stratégique faisant office de glacis face au voisin indien. Surtout, le Tibet dispose de ressources naturelles cruciales pour la Chine: richesses minières (or, plomb, cuivre), un grand potentiel hydroélectrique grâce aux fleuves himalayens.

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* La stratégie chinoise.

Le gouvernment chinois n’entend donc pas relâcher son emprise sur le Tibet. Dans cette optique, il dispose de plusieurs armes:

- l’occupation militaire, condition indispensable au maintien de l’ordre voulu par Pékin;

- la mise en place de mesures incitatives afin de favoriser l’immigration massive des Han (les Chinois de la côte) vers la région autonome. Cette arme démographique contribue ainsi à faire des Tibétains une minorité dans leur région d’origine. De fait, les Chinois sont aujourd’hui deux fois plus nombreux que les Tibétains à Lhassa.

- Les arrestations et violences actuelles.

 dans nouvel ordre mondial?

Quel bilan?

Citons les dépêches AFP:

 » environ 140 personnes ont été tuées lors de la répression par la Chine de manifestations au Tibet, a affirmé mardi à Dharamsala (Inde) le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, au lendemain de plusieurs actions de dénonciation des violences.

Le dernier bilan officiel de Pékin des émeutes a fait était de 19 morts, dont 18 civils « innocents » et un policier.

Ces informations sont difficilement vérifiables, en raison des restrictions imposées par Pékin aux journalistes pour l’accès au Tibet et aux provinces limitrophes.Les manifestations ont commencé le 10 mars à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement de 1959 contre le pouvoir chinois. Le 14 mars, des émeutes ont éclaté à Lhassa avant de se propager dans les provinces voisines à fortes minorités tibétaines. « Le dalaï lama n’a cessé de s’opposer à la violence, et de réclamer plus d’autonomie pour le Tibet au sein de la Chine, mais pas l’indépendance. Au Népal au moins 400 personnes, dont une majorité de Tibétains, ont été arrêtées lundi lors de trois manifestations distinctes à Katmandou, contre la politique répressive de la Chine au Tibet.

 dans sport

* Quelle marge de manoeuvre pour les Tibétains?

Les autorités chinoises accusent le dalaï lama d’avoir fomenté ces troubles afin de « saboter » les jeux Olympiques qui se dérouleront à Pékin en août, affirmations rejetées par le chef religieux. En réalité, le dalaï-lama n’a cessé de s’opposer à la violence, et de réclamer plus d’autonomie pour le Tibet au sein de la Chine, mais pas l’indépendance. Cette modération passe mal auprès des jeunes Tibétains, premières victimes des violences chinoises. Si l’aura spirituel du dalaï-lama n’est pas remise en cause, sa politique non-violente agace. Les jeunes radicaux, membres du Congrès de la jeunesse tibétaine (TYC) prônent l’indépendance et non l’autonomie. Le président du TYC se prononce aussi pour le boycott des jeux, à la différence encore une fois du dalaï.

La situation est rendue complexe par la présence d’une importante diaspora tibétaine au Népal et en Inde notamment. Cette dernière engage depuis un rapprochement avec
la Chine (avec laquelle les relations étaient mauvaises : accueil du dalaï-lama, litiges frontaliers au Cachemire) et n’entend donc pas mettre à mal ce processus en relayant les revendication des Tibétains. Au Népal, l’importante minorité tibétaine est aussi très surveillée par le pouvoir qui redoute des tentatives séparatistes. 4000 Tibétains ont été interpellés ce lundi 24 mars dans trois manifestations différentes, dont une devant le bâtiment des Nations Unies de Katmandou.

 

* La tenue des Jeux, usine à gaz pour les autorités de Pékin?

Les autorités veulent faire du pays une vitrine de la puissance chinoise en pleine croissance aujourd’hui. Elles entendent donc garder la mainmise sur le déroulement de cette compétition ultramédiatisée et redoutent des actions de soutien aux Tibétains lors des épreuves sportives.

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Le dalaï-lama avec l’acteur américain Richard Gere.

* Et la communauté internationale dans tout ça?

- Un combat très médiatique. Les Tibétains bénéficient depuis longtemps de la sollicitude des media occidentaux. Le soutien actif et répété à la cause tibétaine de stars hollywoodienne ont permis de populariser la situation du Tibet. Björk, Richard Gere, pour ne citer qu’eux, mettent leur notoriété au service de la cause tibétaine (la cause des Ouïgours du Xinjiang n’a en revanche toujours pas trouvé de hérauts crédibles).

- L’attitude du Comité international olympique et de nombreux responsables politiques sème le trouble. Jacques Rogge, président du Comité se dit préoccupé par les violences perpétrées par les autorités de Pékin. Il affirme être engagé dans une « diplomatie silencieuse » avec le gouvernement chinois sur la question des droits de l’Homme. Ces déclarations interviennent en tout cas très tardivement, après dix jours de violences…

Huetsarko

Hu Jintao et Nicolas Sarkozy.

L’attitude de la France brille aussi par sa modération à l’encontre des autorités chinoises. Nicolas Sarkozy appelle à « la retenue et à la fin des violences par le dialogue au Tibet », dans un communiqué (et ce après la publication d’un sondage démontrant que les Français souhaitent majoritairement un boycott politique de la cérémonie d’ouverture des jeux). Mais là encore, cette déclaration est tardive et fait suite aux propos ambigüs du ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, pour lequel, « quand on prend des décisions économiques, parfois c’est aux dépens des droits de l’homme; ça, c’est le réalisme élémentaire. » Sur le plateau du journal télévisé de France 2, il revient même sur les efforts récents des autorités chinoises dans le domaines des droits de l’homme. C’est peut-être ça l’ouverture sauce Sarkozy, dire le contraire de ce à quoi l’on a cru tout au long de sa carrière…

La crise du Tibet place la diplomatie du président de la République dans une situation délicate, alors qu’il avait fait de la défense des droits de l’homme son cheval de bataille au cours de la campagne présidentielle. Ces dernières heures, le gouvernement corrige le tir (sous la pression des media), mais cette attitude tardive ne parvient pas à faire oublier les atermoiements initiaux.

L’attitude française tranche avec les positions adoptées par le Royaume Uni et l’Allemagne. D’abord muet, Gordon Brown a annoncé qu’il recevrait le dalaï-lama, au grand mécontentement de Pékin. Berlin a annoncé le gel de discussions bilatérales avec la Chine sur les questions de « développement », en signe de protestation face aux violences au Tibet.

Le pape Benoît XVI, quant à lui, a tenu des propos suffisamment vagues et lénifiants dans son message pascal pour qu’ils n’aient aucun impact. Pour le souverain pontife, la Chine représente un gigantesque terrain de diffusion du catholicisme à l’heure où la pratique régresse en Europe. Aussi, il serait malvenu d’indisposer Pékin avec une condamnation trop ferme des violences.

 

Un manifestant de Reporters sans frontières pendant l’allocution du responsable olympique chinois, le 24 mars 2008 à Olympie.

- le rôle des organisations non gouvernementales.

En Grèce à Olympie, des militants de l’association Reporters sans Frontières (RSF) ont réussi à perturber la cérémonie d’allumage de la flamme des jeux Olympiques de Pékin, malgré un important dispositif policier. Trois hommes, dont le secrétaire général de RSF, Robert Ménard, ont tenté de s’approcher de la tribune pendant le discours du responsable chinois du Comité d’organisation des jeux (Bocog), Qi Liu.

Ces organisations n’ont de cesse de dénoncer les atteintes aux droits de l’homme en Chine. Les journalistes et opposants politiques emprisonnés peuplent les geôles chinoises. Aussi RSF appelle à « Boycotter le pays qui piétine les droits de l’Homme »

http://www.dailymotion.com/videox4pz9v

Un bel exemple de manipulation médiatique. La vision des violences par les media chinois. Ici, les violences ne sont que le fait des Tibétains. La présence militaire et les violences perpétrées par les autorités sont niées.

* Boycott ou pas boycott?

Un boycott pur et simple des jeux ne semble plus à l’ordre du jour (dommage?). En revanche, des manifestations de protestation lors de la cérémonie d’ouverture semblent envisageables. Les Français souhaitent de leurs voeux, si l’on en croit les sondages un boycott politique, mais pas sportif. Certes, les athlètes jouent souvent leur carrière lors de ces événements; il n’empêche que le sport n’est pas une bulle en dehors de la société. Les sportifs sont aussi des citoyens…

Les tueries actuelles sur le toit du monde ne sont pas sans rappeler d’autres pages sinistres de l’histoire, au cours desquelles la situation politique vient endeuiller des manifestations sportives: le massacre de la place des Trois Cultures le 2 octobre 1968, quatre jours seulement avant l’ouverture des Jeux de Mexico ou encore la réception de la coupe du monde de football par l’Argentine en pleine dictature militaire (1978). Les délégations et les journalistes s’étaient rendus dans le pays en promettant d’évoquer les disparitions et les atteintes aux droits de l’homme. Sur place, ils ne brillèrent que par leur silence assourdissant. L’histoire ne se répète pas… espérons le.

Sources:

- Libération.

- Le Monde

- Les dépêches AFP.

Liens:

- Retour rapide sur l’histoire du Tibet sur le blog.

- Quand la politique s’invite aux JO. L’article du blog consacré aux rapports entre JO et politique.

- Ces stars qui soutiennent le Tibet – Diaporama photo L’Express

- Des nouvelles d’Asie. Une mise au point d’une grande clarté sur la situation géopolitique de l’Asie orientale sur le blog d’E. Augris.

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Jeux Olympiques et politique.

Posté par bricabraque le 16 novembre 2007

Jeux Olympiques et politique. dans 1968 20070518-JesseOwens%5B1%5D

Jesse Owen triomphe lors des JO de Berlin et ridiculise les théories hitlériennes.

L’exceptionnelle couverture médiatique des JO, leur universalité, font de ces derniers une cible parfaite afin d’assurer un écho maximal à toute action, notamment politique :

- Hitler entend se servir des JO, organisés à Berlin en 1936, comme outils de propagande. La prétendue supériorité de la « race aryenne » devrait donc être confirmée par les performances des athlètes allemands. Les 4 médailles d’or remportées par Jesse Owen, athlète noir américain, ridiculisent au contraire les théories racistes du führer qui quitte la tribune d’honneur dépité et refuse de serrer la main du vainqueur.

- En 1968, à Mexico, les deux sprinters américains Tommie Smith et John Carlos protestent contre la ségrégation raciale qui continue de sévir aux EU. Lors de la remise des médailles, ils brandissent le poing ganté de noir, tête baissée, à la manière du Black Power. L’image fait le tour du monde et souligne le rôle primordial que joue désormais la télévision.

 dans approfondir Tommie Smith et John Carlos protestent contre la situation raciale dans leur pays.

- Lors des Jeux de Munich, le 5 septembre 1972, en pleine nuit, un commando de terroristes palestiniens, le groupe Septembre noir, pénètrent dans le village olympique et prend en otage les membres de l’équipe israélienne. Ils réclament la libération de 200 Palestiniens, emprisonnés en Israël. Cette prise d’otages se solde par un massacre (11 morts Israéliens, 5 terroristes et un policier allemand) et souligne l’incompétence du service de sécurité et de la police allemande, complètement dépassés par les événements.

* Autre moyen de protester ou de dénoncer une situation politique contestée, le boycott :

- L’Union soviétique ne participe que très tardivement aux JO (première participation à Helsinki en 1952), préférant organiser ses propres épreuves sportives dans le cadre des Spartakiades.

- dans le contexte de la guerre froide, les deux Grands n’hésitent pas à boycotter les JO, si ils se tiennent dans le camp adverse. Ainsi en 1980, afin de protester contre l’invasion soviétique en Afghanistan, le président Carter refuse la participation des EU aux Jeux organisés à Moscou. Une soixante d’autre pays du bloc de l’ouest refusent aussi de se rendre en URSS, ce qui décrédibilise en grande partie la compétition.

Quatre ans plus tard, c’est au tour des Soviétiques et d’une quinzaine de pays socialistes de boycotter les Jeux de Los Angeles (la Chine envoie en revanche des athlètes).

jeuxmunich dans guerre froide / relations internationales

Commando palestinien « Septembre noir », en 1972, à Munich.

* Le boycott constitue une autre forme de protestation :

- après un événement marquant: l’Egypte, le Liban et l’Irak boudent les JO de Melbourne,en 1956, afin de dénoncer l’occupation franco-britannique du canal de Suez. L’Espagne franquiste, la Suisse renoncent aux jeux pour protester contre la répression soviétique en Hongrie.

* L’organisation des JO offre une visibilité internationale exceptionnelle et permet au pays d’accueil de se mettre en valeur : l’Allemagne nazie entend utiliser les Jeux comme une vitrine du régime ; l’URSS espérait beaucoup de la réception des Jeux en 1980 sur son territoire, le boycott occidental l’affecte ainsi particulièrement.

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Affiche anarchiste hostile aux JO de Moscou.

* Dans un contexte de rivalités exacerbées, la compétition sportive devient parfois très rude. Ainsi, au cours de la guerre froide, la suprématie sportive devient un enjeu très important, car elle est susceptible d’illustrer la supériorité d’un modèle.

Le décompte des médailles dépasse donc la simple compétition sportive (les Soviétiques triomphent en 1956, 1960, 1972, 1976, 1988 ; les Américains occupent la première place en 1964 et 1968).

Les épreuves sportives opposant directement les deux Grands constituent ainsi des moments forts. En 1972, à Munich, l’équipe de basket soviétique met un terme à l’invincibilité américaine dans la discipline qui durait depuis 1936. Dépité et en colère contre l’arbitrage, les Américains refusent la médaille d’argent.

miracle_on_ice3 Victoire américaine sur les Soviétiques lors des JO d’hiver de Lake Placid en 1980

 

Les résultats des deux Allemagne sont également observés avec une attention particulière (en 1972, à Munich,
la RDA devance le frère ennemi sur son propre territoire ; RDA=20, RFA=13). Pour le régime castriste, les succès des sportifs cubains prouvent l’efficacité de sa politique éducative et sanitaire.

En 1952, la Yougoslavie de Tito l’emporte 3 à 1 face à l’ombrageux « grand frère » soviétique lors d’un match de football, preuve de la supériorité du titisme sur le stalinisme pour les Yougoslaves.

Afin de distancer l’adversaire, le recours au dopage n’est pas exclu (de lourds soupçons pèsent sur les nageuses est-allemandes par exemple dont la carrure laisse perplexe ; les athlètes chinois).

A Helsinki, en 1952, la construction de deux villages olympiques distincts pour les membres des deux blocs est l’illustration de la bipolarisation du monde.

Trois ans après la chute du mur de Berlin, les Jeux de Barcelone, en 1992, apparaissent comme ceux de la réconciliation internationale: une seule équipe allemande, la réintégration de l’Afrique du sud.

* La participation d’une nation revêt parfois une grande importance symbolique. Israël participe pour la première fois aux épreuves en 1952. Le CIO, avant l’ONU, reconnaît la Chine populaire qui envoie une délégation d’athlètes à Helsinki (1952), ce qui provoque aussitôt le retrait de Taiwan (la Chine de Mao ne participe pas aux Jeux suivants par choix idéologique).

Avec la décolonisation, les pays africains font leur entrée dans le mouvement olympique lors des JO de Rome en 1960.

Les athlètes palestiniens défilent derrière leur drapeau à Athènes en 2004.

* L’exclusion des Jeux, au contraire, stigmatise un Etat jugé indigne de participer à ce moment théoriquement fédérateur. L’Allemagne et le Japon sont absents des Jeux de Londres en 1948 après le conflit mondial. A Tokyo, en 1964, le CIO exclut l’Afrique du sud à cause de l’apartheid (lors des jeux de 1968, 1972 et 1976 de nombreux pays africains boycottent les JO pour protester contre l’apartheid).

image1

 

* Si le sport peut être en avance sur la géopolitique, il ne faut pas exagérer ce phénomène. Contrairement aux espoirs de beaucoup, les JO organisés en Corée du sud en 1988 ne permettent pas la présentation d’une seule équipe coréenne, réunissant Coréens du nord et du sud. Le Nicaragua, Cuba, l’Ethiopie et la Corée du nord boudent ainsi ces jeux.

De la même manière, les protestations de reporters sans frontières, qui dénoncent les atteintes aux droits de l’Homme, n’empêchent pas le choix de la Chine comme pays d’accueil des Jeux en 2008.

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Affiche de reporters sans frontières dénonçant les violations des droits de l’homme en Chine.

Reste que, comme le disaient les sociologues, Norbert Elias et Eric Dunning, « les Jeux olympiques permettent aux représentants des différentes nations de s’affronter sans s’entre-tuer. »

Liens:

- Tibet et JO sur le blog.

- Un article de la revue regards sur l’est: « les guerres olympiques de l’URSS« .

- Un TPE original sur « l’olympisme« .

- La principale source de ce post: un article de Pascal Boniface, paru dans le Monde diplomatique.

- Les riches archives de Radio Canada avec de courts extraits videos ou audios: « Regards sur les JO« .

- Le site officiel du Comité International Olympique.

- Un point sur le film de Spielberg (Munich) consacré à la traque du groupe septembre noir après la tuerie de Munich, en 1972.

- Un bel article d’élèves de Terminale sur le blog de M. Tribouilloy.

- Jeux olympiques et guerre froide sur le blog de Louis Brun.

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